Elément essentiel de la biosphère, l'eau suit un cycle gouverné par le soleil et la gravité dont les influences se manifestent par les précipitations, le ruissellement, l'évaporation, ainsi que par l'activité des êtres vivants dans la photosynthèse.
La belle image de notre planète bleue, montre la prééminence de l'eau qui recouvre à 72% sa surface (97% d'eau salée, 2,5% d'eau douce gelée aux poles, et moins de 0,5% d'eaux souterraines et cours d'eau).
Pourtant, une grave crise de l'eau se profile d'ici 2050, c'est ce qui ressort du 1er Forum mondial de l'eau (Marrakech - mars 1997). Les Hauts responsables présents ont attiré l'attention sur l'amenuisement de cette ressource vitale du fait de l'explosion démographique, de l'industrialisation, des cultures intensives, d'une mauvaise gestion (gaspillage et pollution). Les 20% les plus riches de la population mondiale consomment 80% des ressources, et plus d'un milliard d'êtres humains n'ont pas accès à une eau saine. Actuellement 7 300 m3 d'eau sont disponibles annuellement par habitant, cette moyenne théorique devrait baisser à 4 800m3 en 2025.
Des conflits mondiaux pour l'eau sont sous-jacents en Afrique , au Proche et au Moyen-Orient. Citons heureusement la création d'institutions qui travaillent à résoudre des litiges sur l'eau: la Commission sur le Delta du Mékong, la Commission du Rhin, la Coopération des Républiques riveraines de la mer d'Aral. Mais les institutions de l'O.N.U. sont encore mal équipées pour faire face aux questions de sécurité écologique. Il est urgent d'apprendre à gérer ce bien précieux qu'est l'eau. Le P.N.U.D. et la Banque mondiale en sont conscients, dont les investissements ont été multipliés par deux ces vingt dernières années.
En France, l'eau synonyme de pureté et de ressource inépuisable n'est pas épargnée.
Les eaux côtières subissent les rejets d'eaux usées. Les plans d'eau et rivières souffrent d'eutrophisation (phosphates dissous) ou d'anoxie (déficit en oxygène), d'où la prolifération de matières nauséabondes à la surface de l'eau, voire de poissons morts, que déplorent riverains, promeneurs, pêcheurs. Les eaux pluviales en ruisselant recueillent la pollution déposée sur les toits, les caniveaux, les routes, et entraînent cette pollution urbaine dans les cours d'eau et nappes phréatiques. Les eaux potables elles-mêmes deviennent non conformes au plan bactériologique notamment du fait des nitrates provenant de l'agriculture.
La sécheresse pose quant à elle des problèmes tant de débit que de qualité des milieux aquatiques, et même de salinisation des sols. Ce problème se fait ressentir depuis quelques années dans nos régions (pourtant réputées pour leur pluviométrie) avec des conséquences écologiques pour le milieu et économiques pour le secteur agricole.
Cet état de fait va en se dégradant sur certains aspects ou dans certains endroits. A contrario, du fait de la prise de conscience de l'importance de l'eau et de la réglementation accrue pour protéger cette ressource vitale, des améliorations commencent sont constatées du point de vue de la propreté de l'eau et commencent à être pensées des mesures pour éviter son gaspillage. Pour ce qui est de la sécheresse, c'est sans doute l'effet combiné de variations climatiques et de pompage excessif des nappes phréatiques qui est à prendre en compte!
Pour ce qui est des inondations, l'imperméabilisation excessive des sols, la construction dans des zones inondables, la mauvaise gestion des cours d'eau, la disparition des haies, sont les principales raisons de ces catastrophes en France, catastrophes finalement plus anthropiques que naturelles !
La gestion de l'eau en France (distribution - assainissement), l'eau potable, les polluants de l'eau, les analyses, les traitements de l'eau selon son usage, les cours d'eau, sont les points abordés dans ce chapitre.