La ville est parfois comparée à un être vivant qui a besoin d'eau et d'air pour vivre, qui à la fois utilise et produit de l'énergie, qui génère des déchets. A chacun de ces stades correspond un aménagement qui a besoin d'être pensé pour être viable et durable.
On assiste aujourd'hui à une double concentration : concentration des populations en milieu urbain avec une urbanisation accrûe de l'espace, et concentration des activités, avec toutes les conséquences sociales, économiques, écologiques, que cela entraîne.
«L'éco-aménagement se définit comme la prise en compte de l'environnement dans une perspective de développement durable, et se conçoit sur le plan pratique, comme un contrôle continu de la qualité environnementale des opérations d'aménagement ». Telle est la définition donnée dans le guide pratique de l'éco-management du groupe de travail BETURE/SCET, précisant qu'il s'agit de réconcilier le développement avec le maintien de la qualité et de la pérennité des ressources, c'est à dire améliorer la qualité de la vie en tenant compte de la capacité des écosystèmes qui lui servent de support.
Les exigences de l'éco-management, selon ce même groupe de travail, s'articulent sur les principes suivants :
- Réflexion préalable sur l'opportunité de l'opération d'aménagement vis à vis de l'environnement
- Prise en compte globale des effets d'un projet sur l'environnement (interaction des impacts)
- Compréhension du site et respect de l'existant (relief, hydrographie, végétation, ...)
- Vérification de la compatibilité des usages (protection de la nappe phréatique / agriculture intensive, habitat / activités générant nuisances, ...)
- Exigences de qualité dans les phases d'analyse, de conception, de réalisation et de gestion
- Economie de l'espace par la promotion d'un urbanisme moins extensif
- Concertation dans le cadre réglementaire et au-delà, avec les riverains et associations, pour expliquer et convaincre de la pertinence du choix et pour prendre en compte les propositions du public concerné.
Les communes ont un rôle de « gestion rapprochée » de l'environnement au niveau du citoyen dans des domaines touchant à l'aménagement (eau, déchets, espaces verts, bâti, ...). Elles sont des interlocuteurs privilégiés pour les aménageurs même s'il n'existe pas au niveau communal ou intercommunal, d'administration de l'environnement dépendant de l'Etat.
L'amélioration du cadre de vie est une demande en constante augmentation de la part des Français qui, pour huit sur dix, habitent maintenant dans des villes. Cette amélioration portent sur la traduction au quotidien du cadre de vie : le domicile, le travail, les loisirs, les transports.
La prise en compte de l'environnement dans le cadre de vie, c'est :
- Protéger un patrimoine naturel ou historique
- Contrôler, réduire, supprimer les sources et effets de pollution.
- Organiser les aspects fonctionnels des activités humaines (déplacements, cycles de matière et d'énergie...) dans le respect des milieux et de la qualité de vie des personnes.
- Mettre en valeur des éléments attractifs (l'habitat, les paysages, les loisirs en relation avec la nature...)
Cette prise en compte de l'environnement ne doit plus être perçue comme une contrainte mais comme un enjeu.
La Charte d'Aalborg, charte européenne des Villes durables, stipule que «
les autorités locales doivent mettre en oeuvre toutes les initiatives sur l'environnement ». Ainsi les stratégies d'aménagement des territoires doivent-elles prendre en compte les principes de cohésion, d'économie, et de durabilité.
Depuis 1992, les Ministères de l'Environnement et de l'Equipement se sont engagés dans un programme de recherche pour clarifier l'interpellation du phénomène urbain par la sensibilité écologique. Dans un état des lieux de 1997, le projet scientifique d'une écologie urbaine montre sa complexité et son interdisciplinarité, avec les apports de:
- l'écologue, spécialiste des populations végétales et animales en milieu urbain
- l'ingénieur, spécialiste des milieux physiques, sensibilisé au fonctionnement écosystémique de la ville ou de la région urbaine
- le sociologue, spécialiste des implications sociales dûes aux phénomènes physiques et biochimiques, avec leurs représentations individuelles et collectives.
En juin 1997, la nomination d'un seul Ministre à la tête du Ministère de l'Environnement et du Ministère de l'Aménagement du territoire, est significatif de l'interactivité de ces deux domaines.
Dans ce chapitre vont être examinées la gestion du territoire communal, celle des espaces naturels protégés selon différents statuts (espaces naturels sensibles, réserves, parcs régionaux, parcs nationaux...), les régions du littoral et celles de montagne. Enfin, la protection des espèces animales et celle des espèces végétales seront évoquées, abordant ici la biodiversité.