Communication Environnementale
dans les Communes


Communication et démocratie
Commission nationale de débat public,
Référendum d'initiative populaire, Conférence des citoyen

Concertation
Enquête publique
Etude d'impact
Informations diverses communiquées obligatoirement au public par les communes
Outils d'information réglementés
Objectifs des actions de communication publique à l'initiative des communes
Supports des actions de communication







Communication et démocratie :
Il est indispensable que les citoyens puissent participer à la protection et à la gestion de l'environnement, et puissent en assurer la défense y compris quand c'est l'Etat ou les collectivités locales qui manquent à leur tâche par inaction ( face à une pollution prévisible,...) ou en tant que fauteur de troubles (routes, exploitations minières,...)
Plusieurs conditions sont nécessaires à cette participation des citoyens : leur information, la possibilité d'actions en justice, des moyens financiers.
De ce fait, ce sont souvent les associations qui savent où aller chercher l'information et comment la traiter. Ce sont encore les associations qui peuvent se porter "partie civile" pour enclencher des actions en justice, et qui peuvent recueillir des fonds susceptibles de servir à des contre-expertises.


Outils d'information réglementés :

La concertation :
La loi du 18 juillet 1985 relative à la définition et à la mise en oeuvre des principes d'aménagement, a posé le principe d'une concertation préalable à toute opération d'aménagement.
La loi d'Orientation pour la ville du 13 juillet 1991 a élargi le champ de la concertation. 

Conditions justifiant d'une concertation :

Organisation de la concertation :
Elle relève de la responsabilité de la commune ou de la personne publique qui a pris l'initiative de l'opération d'aménagement : par quels moyens communiquer (affichage, exposition, journal,...), où communiquer (salle des fêtes, mairie, chapiteau,...).
Il revient au conseil municipal ou au maître d'ouvrage de l'opération, tout d'abord de délibérer sur les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation, puis de dresser le bilan de la concertation à l'issue de cette dernière.
La concertation s'impose au moment des réflexions préalables pour apporter au public une information sur les études préliminaires des projets envisagés, et donc le plus en amont possible de la mise en oeuvre des procédures administratives (POS, ZAC,...) : facteur de démocratisation  des processus décisionnels.
Sont concernés par la concertation , selon le contexte local et les projets envisagés : les habitants de la commune , ceux des communes limitrophes, les associations, les commerçants,...
Cette information a pour objet de permettre à ces personnes de réagir en amont des projets. Mais ça n'est pas un référendum puisque la commune ou le maitre d'ouvrage  du projet ne sont pas liés aux résultats de cette concertation.
Ainsi, la tenue d'une concertation est-elle obligatoire (sous peine d'entraîner l'annulation ou l'illégalité des projets),mais les observations qui en découlent sont prises ou non en compte par son organisateur.





L'enquête publique :
Instituée par la loi du 7 juillet 1933, dans le cadre de la procédure d'expropriation, ses objectifs ont été élargis dans la loi 83-630 du 12 juillet 1983 relative à la démocratisation  des enquêtes publiques et à la protection de l'environnement. C'est aujourd'hui un procédé essentiel de participation du public aux décisions d'urbanisme, une garantie à l'égard de l'environnement . Les circulaires du 23 avril 1985, 27 septembre 1985, et 14 octobre 1987, en précisent les modalités d'application. La loi 93-24 du 8 janvier 1993 sur la protection des paysages apporte des modifications. Fin 1997, projet de réforme (sans bouleversement). 

Conditions justifiant d'une enquête publique : 

Organisation de l'enquête publique :Un commisaire-enquêteur est désigné par le président du Tribunal administratif du ressort dans lequel doit être réalisée l'opération. Il est rémunéré par l'Etat. 

La composition-type d'un dossier d'enquête publique comprend : 
C'est au préfet qu'il appartient d'ouvrir l'enquête publique par arrêté. L'ouverture de l'enquête et les modalités de celle-ci doivent faire l'objet d'une publicité (presse, affichage,...).
Le rôle du commisaire-enquêteur est de conduire l'enquête pour permettre au public de prendre connaissance du projet, et de recevoir verbalement ou sur les registres de l'enquête, les remarques du public.
Le commisaire-enquêteur peut demander au maître d'ouvrage des documents supplémentaires et une visite des lieux. Il organise une permanence en Mairie pour recevoir le public, il peut organiser des réunions publiques (après accord du Président du Tribunal administratif). 

La durée de l'enquête publique est de un mois minimum à deux mois maximum (prolongation éventuelle de quinze jours).
Le lieu de l'enquête est généralement la mairie de la commune concernée. 

Le rapport du Commisaire-enquêteur qui suit l'enquête, doit conclure notamment sur sa compatibilité ou non avec la protection de l'environnement , et émettre des réserves éventuelles. Le préfet adresse copie de ce rapport au président du Tribunal administratif, au maître d'ouvrage, et à l'autorité compétente pour prendre la décision. Des conclusions négatives du Commisaire-enquêteur n'interdisent pas à cette autorité compétente de maintenir le projet sauf dans le cas des Déclarations d'Utilité Publique (expropriations...), où l'intervention d'un Décret en Conseil d'Etat est alors imposé. En dehors de ce cas, des conclusions défavorables ont des effets sur le terrain contentieux, facilitant les arguments des requérants estimant le projet porteur de préjudices (recours en annulation).





L'étude d'impact : La loi 76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature a institué le principe d'étude d'impact. Son champ d'application et son régime ont été précisés par décret du 12 octobre 1977.

Il y a étude d'impact parallèlement à tout engagement d'aménagement ou de travaux susceptibles de porter préjudice à l'environnement, ainsi : 

En sont dispensés : 
L'étude d'impact doit comporter quatre parties : 
Un résumé non technique et l'identité des rédacteurs doivent figurer pour faciliter la compréhension du public et sa transparence. 

La publicité de l'étude d'impact varie selon que le projet est soumis ou non à l'enquête publique : 

Le suivi administratif de l'étude d'impact est réalisé par les services départementaux de l'Etat, sous le contrôle du préfet. 

Après les définitions de la concertation et de l'enquête publique, on voit que ces deux processus d'information du public sont régis par un cadre juridique dont la contrainte pour le maître d'ouvrage est relative : particulièrement dans les modalités et dans la prise en considération des propositions publiques pour ce qui concerne la concertation, mais aussi en partie dans la prise en considération des conclusions du commisaire-enquêteur (quand il n'y a pas de DUP). 

Ajoutons aussi que l'étude d'impact permet de comparer des variantes mais pas des choix de fond (variantes d'un tracé autoroutier plutôt que comparaison avec le parti du ferroviaire). Cette question fait partie de la réforme envisagée. 

Cela est d'autant plus regrettable, que des propositions effectuées en amont d'un projet d'aménagement peuvent amener des modifications bénéfiques pour l'environnement et intégrables sans trop de difficultés par le maître d'ouvrage à ce qui n'est encore qu'un projet, alors qu'une non-prise en compte de ces propositions dans la réalisation même de l'opération, ou un recours en contentieux en fin de projet, peuvent entraîner soit des préjudices irréparables dans le premier cas,  et / ou un allongement de procédure qui insatisfait  tout le monde dans le second cas.

La concertation permet de repérer et réduire les foyers de contestations, et bien qu'il soit illusoire de penser satisfaire les intérêts (divergents de surcroît) de chacun, l'expression de ces revendications permet de jouer la carte de la transparence et de l'écoute, pour tenir compte des plus importantes au moins. Ce n'est pas du temps et de l'argent perdus en discussion et études, mais un discernement des enjeux et influences qui permet de ressortir un bilan Avantages - Coûts, et en final de recueillir une acceptation du projet. Enfin, la concertation doit se poursuivre sous forme d'information au cours de la réalisation pour favoriser l'appropriation de celle-ci par les acteurs concernés.





Commission nationale de débat public, Référendum d'initiative populaire, Conférence des citoyens :
La loi 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement comporte des dispositions relatives à la participation du public et des associations en matière d'environnement. Ainsi l'article 2 stipule :
 "Sans préjudice de la loi 83-630 du 12 juillet 1983 relative à la démocratie des enquêtes publiques et à la protection de l'environnement, et de l'article L 300-2 du Code de l'Urbanisme, pour les grandes opérations publiques d'aménagement d'intérêt national de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics et des sociétés d'économie mixte, présentant un fort enjeu socio-économique ou ayant un impact significatif sur l'environnement, un débat public peut être organisé sur les objectifs et les caractéristiques principales des projets, pendant la phase de leur élaboration. Il est créé une Commission dite Commission nationale du débat public... La Commission peut être saisie par les ministres dont dépendent les projets...par au moins vingt députés ou vingt sénateurs...par les Conseils régionaux territorialement concernés...Les associations agréées de protection de l'environnement mentionnées à l'article L 252-1 du Code Rural, exerçant leur activité sur l'ensemble du territoire national, peuvent demander à la Commission de se saisir d'un projet... A l'issue du débat public, le président de la Commission nationale dresse un bilan de ce débat et en publie le compte-rendu qui est soumis à la disposition du commissaire-enquêteur". 

La loi 95-115 du 4 février 1995, relative à l'aménagement du territoire, a instauré le Référendum d'initiative populaire par son article 85. Ainsi, le Conseil municipal peut être saisi par la majorité de ses membres, ou par le maire, ou encore par un cinquième des électeurs inscrits sur les listes électorales en vue de l'organisation d'une consultation sur une opération d'aménagement ou autre, relevant de la décision des autorités municipales ou des Etablissements Publics de Coopération Intercommunale. Un dossier d'information sur l'objet de la consultation est mis à la disposition du public sur place dans la mairie ou au siège de l'EPCI, quinze jours avant le scrutin. Le Conseil municipal ou l'Assemblée délibérante de l'EPCI délibère après avoir pris connaissance du résultat de la consultation (qui n'est qu'une demande d'avis). 

A noter, la première Conférence des citoyens qui a eu lieu en France en 1998, à propos des organismes génétiquement modifiés, et à l'initiative des ministères concernés, réunissant citoyens et experts. Concept danois de méthode participative (Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques).





Informations diverses communiquées obligatoirement au public par les communes :





Objectifs des actions de communication publique à l'initiative des communes :
Les objectifs de communication concernent à différents degrés, et selon les situations:

Ce que les objectifs de communication visent de façon globale : Les objectifs de communication visent aussi les élus et les responsables communaux concernés :
A
fin qu'ils aient une information exhaustive, objective, des projets et des réalisations, et pour qu'ils soient les relais de la volonté municipale, en y adhérant, en étant capable de répondre aux questions du public.

Enfin, les objectifs de communication visent les élus départementaux ou régionaux :

quand le département ou la région doivent participer au financement d'opérations.





Supports des actions de communication :
Affichage :
En mairie ( c'est principalement le cas des informations réglementaires : services de l'eau, opérations d'urbanisme,...) et sur les panneaux extérieurs.

Salons, expositions, journées événementielles ,forums, journées Portes-ouvertes dans des équipements de la commune (station d'épuration...), ou une permanence-information:

ex : POLLUTEC : Salon international des équipements, des technologies et des services de l'environnement pour l'industrie et les collectivités locales 

Pour sensibiliser et informer les habitants et les entreprises présentes sur la commune, sur les aspects environnementaux. A cette occasion des professionnels peuvent être présents pour répondre aux questions techniques, écologiques, juridiques.

Documents distribués:
Sur des lieux publics ou en boîtes aux lettres ( questionnaires, résultats d'enquête,...).

Médias : Presse écrite, Radio, Télévision (au niveau local, régional, voire national).

Journal municipal et/ou service Minitel, voire Site Web

Ils peuvent donner des informations pratiques sur : 

Guide-annuaire :
Par rapport au journal municipal, ce guide annuaire de la commune a un temps de vie plus long ( généralement annuel ), ses informations doivent donc rester pérennes durant cette durée de vie et ne peuvent coller aux informations d'actualité récentes et mouvantes.
Il comporte néanmoins un certain nombre de rubriques identiques au journal ( services publics et sociaux, services de transport, service de collecte des déchets, espaces verts et espaces de loisirs, ...)
Il est plus complet que le journal en fournissant par rubriques spécialisées, les coordonnées des commerçants, artisans, industries, présents sur le territoire communal.
Un chapitre peut y être consacré à l'environnement en indiquant les normes nationales de la qualité de l'air, de la qualité de l'eau ( de consommation et de baignade), les échelles du bruit. Ce chapitre est destiné tant aux particuliers qu'aux professionnels. Les droits et devoirs, les mesures à prendre, les gestes à adopter, tant pour limiter les pollutions que pour maîtriser les dépenses d'énergie peuvent y être précisés avec les particularités propres aux différents types de lecteurs ( aspects administratifs, réglementaires, données techniques, gestes au quotidien).

Un numéro "2 fois vert" :
Numéro d'appel gratuit qui peut proposer une messagerie sur laquelle les personnes laissent leur questions à propos de problèmes d'environnement afin que les services municipaux  ou des spécialistes mandatés par la commune, y répondent avec toutes les précisions nécessaires.

Les bibliothèques, médiathèques, vidéothèques :
Sont des lieux de ressources documentaires par excellence. Leur adjoindre "un rayonnage environnement" ne peut que les compléter utilement.

Une maison de la nature ou de l'environnement :
Ce lieu d'accueil privilégié s'inscrit dans la volonté d'offrir à chaque personne ayant son domicile, son école, son travail, ou encore son lieu de vacances sur le territoire communal, un espace où la nature tient une place privilégiée. Ainsi, habitants, écoliers, professionnels, touristes, doivent pouvoir y trouver des informations éveillant leur curiosité et répondant à leurs centres d'intérêt.
Les animaux, les végétaux, les minéraux, les grands éléments ( eau, air, terre ), les activités industrielles et agricoles vis à vis de l'environnement, peuvent ainsi être déclinés au travers d'expositions, de conférences-débats, d'outils documentaires ( livres, revues, photos, films ), de cours ( jardinage, ornithologie...).
Outre les informations disponibles sur place, la Maison de la Nature peut proposer des sorties à visée écologique ( découverte de sites d'intérêt floristique ou faunistique), sorties qui durent une journée.
La Maison de la Nature peut également proposer des voyages  dont la destination est plus lointaine mais dont l'objectif reste la découverte floristique ou faunistique. Dans ce cas, des relations avec des organismes spécialisés sont à établir ( associations de protection de la nature, agences de voyage spécialisées, Fédération nationale des parcs naturels français ...).

Ces supports ne doivent pas apparaître comme des "gadgets", des alibis de dialogue ou du gaspillage de l'argent public mais potentialiser l'information.