Déchets
Textes Législatifs





 

CODE DE L'ENVIRONNEMENT (Partie Législative)

Chapitre Ier  - Elimination des déchets et récupération des matériaux

Section 1 
Dispositions générales (Articles L541-1 à L541-8 )
Section 2 
Production et distribution de produits générateurs de déchets (Articles L541-9 à L541-10 )
Section 3 
Elimination des déchets
Sous-section 1 
Plans d'élimination des déchets (Articles L541-11 à L541-15 )
Sous-section 2 
Stockages souterrains des déchets (Articles L541-16 à L541-20 )
Sous-section 3 
Collecte des déchets ménagers et assimilés (Article L541-21 )
Sous-section 4 
Installations ayant pour objet l'élimination des déchets (Articles L541-22 à L541-30 )
Sous-section 5 
Récupération des déchets (Articles L541-31 à L541-39 )
Section 4 
Dispositions particulières aux mouvements transfrontaliers de déchets (Articles L541-40 à L541-42 )
Section 5 
Dispositions financières (Article L541-43 )
Section 6 
Dispositions pénales
Sous-section 1 
Constatation des infractions (Articles L541-44 à L541-45 )
Sous-section 2 
Sanctions (Articles L541-46 à L541-48 )
Section 7 
Dispositions diverses (Articles L541-49 à L541-50 )
Chapitre II  - Dispositions particulières aux déchets radioactifs (Articles L542-1 à L542-14 )


Cadre règlementaire

 

 


Déchets - Sites et sols pollués

 Emballages



La Loi n° 75-633 du 15 juillet 1975 (J.O du 16 juillet 1975) relative à l'élimination des déchets et à la récupération des matériaux, modifiée par la loi n° 92-646 du 13 juillet 1992





Arrête du 18 décembre 1992 (J.O du 30 mars 1993) relatif au stockage de certains déchets industriels spéciaux ultimes et stabilisés pour les installations existantes, modifié par l'arrêté du 18 février 1994

De leur côté, les industriels producteurs de déchets sont en train de procéder à des réorientations de filières pour essayer de s'affranchir le mieux possible de ces traditionnelles et maintenant dépassées, mises en décharge.


Décret n° 93-1410 du 29 décembre 1993 (J.O du 31 décembre 1993) fixant les modalités d'exercice du droit à l'information en matière de déchets prévues à l'article 3-1 de la loi du 15 juillet 1975

Rappelons quelles étaient les grandes étapes prévues par la loi de 1992, devant nous mener jusqu'en 2002 et dont certaines étaient déjà franchies dès mars 1995, Il était prévu la solidification des déchets de catégorie A (résidus d'épuration des fumées d'OM ou de déchets industriels de la métallurgie, déchets minéraux etc.). Fin 1997 est attendu un document technique demandé par le Ministère à l'Ademe sur les conditions de stabilisation. En 1998, ce sera au tour des déchets de catégorie B (boues industrielles mâchefers, peintures etc. ) d'être stabilisés avant d'être enfouis. 
Circulaire du 16 mars 1993 (J.O du 30 mars 193) relative aux conditions d'application des arrêtés ministériels relatifs aus stockages de certains déchets industriels stabilisés
Chaque producteur de déchets, collectivité locale ou industriel, est responsable devant la loi de ses déchets et des conditions dans lesquelles ils sont collectés, transportés, éliminés ou recyclés.

 

ELIMINATION DES DECHETS (Loi 75-633 du 15/07/75)
 
INSTALLATIONS CLASSEES (Loi 76-663 du 19/07/76)

L'EAU (Loi 92-3 du 03/01/92)

PRODUITS CHIMIQUES (Loi 77-771 du 12/07/77)

DIRECTIVES EUROPEENNES (Loi 75-442 du 15/07/75)



Chaque producteur de déchets, collectivité locale ou industriel, est responsable devant la loi de ses déchets et des conditions dans lesquelles ils sont collectés, transportés, éliminés ou recyclés.
La législation est fondée sur quatre textes principaux, ainsi que sur plusieurs décrets et directives européennes, Par ailleurs, le Règlement Sanitaire Départemental (RSD), arrêté par les préfets sur les modalités du règlement type et instauré par la circulaire du ministère de la santé du 9 août 1978 modifiée, définissent les règles générales d'hygiène et ont force contraignante.

Outre ces textes principaux, une partie réglementaire propre à chaque type de déchet est précisé dans les chapitres spécifiques. Un index réglementaire permet également d'accéder directement par mots-clés aux textes concernés.

Loi 75-633 du 15 juillet 1975 :

Elle est relative à l'élimination des déchets et la récupération des matériaux, modifiée notamment par la loi 92646 du 13 juillet 1992 relative à l'élimination des déchets et par la loi 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement.
Elle fixe le cadre réglementaire de l'élimination et de la récupération et concerne l'ensemble des activités qui s'y rapportent.





Définitions :

Elle définit un déchet et précise la notion de déchet ultime en indiquant "est ultime au sens de la présente loi un déchet, résultant ou non du traitement d'un déchet, qui n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux" (article 1)


Principe de responsabilité du producteur de déchets :

Il est fait obligation au producteur ou détenteur de déchets d'en assurer ou d'en faire assurer l'élimination dans des conditions satisfaisantes pour l'environnement.
Cette obligation est à l'origine du principe de la responsabilité du producteur ou du détenteur de déchets qui doit pouvoir en justifier la destination finale (article 2 et 5) et reste responsable conjointement avec les intervenants de la valorisation, du traitement ou du stockage, Pour les déchets ménagers, cette responsabilité est assumée par les communes ou leurs groupements (article 12)
Dans certains cas, ''il peut être fait obligation aux producteurs, importateurs et distributeurs de produits générateurs de déchets de pourvoir ou de contribuer à l'élimination des déchets qui en proviennent'' (article 6).

Cet article a donné lieu à plusieurs décrets :
 





Limitation progressive du stockage :
A compter du 1er juillet 2002, ''les installations d'élimination des déchets par stockage ne seront autorisées à accueillir que des déchets ultimes" (article 2.1 ). De plus les déchets ultimes provenant de déchets industriels spéciaux doivent être stabilisés avant stockage, c'est à dire que leur perméabilité à l'eau et leur fraction lixiviable doivent avoir été réduites et leur tenue mécanique améliorée (arrêtés du 18 décembre 1992, relatifs au stockage des déchets industriels spéciaux ultimes et stabilisés, modifiés par ceux du 29 juin 1993 et du 18 février 1994).





ADEME :
L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) est un établissement public à caractère industriel et commercial créé par la loi 90-1 130 du 19 décembre 1990, modifiée par la loi 92-646 du 13 juillet 1992.
Elle exerce des actions d'orientation et d'animation de la recherche, de prestation de services, d'information et d'incitation dans chacun des domaines suivants





Fonds de modernisation de la gestion des déchets :
"Jusqu'au 30 juin 2002 tout exploitant d'une installation de stockage de déchets ménagers et assimilés et tout exploitant d'une installation d'élimination de déchets industriels spéciaux, non exclusivement utilisées pour les déchets que l'entreprise produit, versent à l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) une taxe de 40 francs par tonne de déchets réceptionnés" (article 22. 1).
Le taux de la taxe est doublé lorsque les déchets sont destinés à une installation de stockage, cette majoration ne s'appliquant pas aux résidus de traitement des installations d'élimination de déchets assujetties à la taxe. Le taux est majoré de 50 % lorsque les déchets réceptionnés sont extérieurs au périmètre du plan d'élimination des déchets.
La taxe ne s'applique pas aux installations "spécifiquement dédiées" à la valorisation matière de ces déchets.
Les produits de cette taxe alimentent le Fonds de Modernisation de la Gestion des Déchets (FMGD) géré par l'ADEME (article 22.3, décret 93-745 du 29 mars 1993, modifié par le décret 96-39 1 du 10 mai 1996). Les modalités de perception sont livrées par le décret 95-1027 du 18 septembre 1995.

Le produit de la taxe sur le stockage des déchets ménagers et assimilés est utilisé pour :

Le produit de la taxe sur l'élimination des déchets industriels spéciaux est exclusivement utilisé pour le traitement et la réhabilitation des sites pollués, lorsqu'un financement public est devenu nécessaire du fait de la défaillance de l'exploitant ou du détenteur.





Droit d'information du public :

La loi définit le droit à l'information du public sur les effets préjudiciables pour la santé de l'homme et l'environnement, du ramassage, du transport, du traitement, du stockage et du dépôt des déchets ainsi que des mesures prises pour pallier ces effets.
Elle fixe les modalités de création et de fonctionnement des Commissions Locales d'Information et de Surveillance (CLIS) pouvant être mises en place à l'initiative de l'Etat ou de la commune d'accueil lors de la création de tout site d'élimination ou de stockage de déchets (article 3. 1).
Ces CLIS sont composées, à part égale, de représentants des Administrations publiques concernées, de l'exploitant, des collectivités territoriales et des associations de protection de l'environnement.
Le droit à l'information est complété par le décret 93-14 10 du 29 décembre 1993 qui fixe les consignes de rédaction de documents d'information et les modalités de fonctionnement des CLIS.





Suivi des déchets générateurs de nuisances :
La loi (article 8 et 8.1) soumet à autorisation les activités de transport, de courtage et de négoce des déchets "dès qu'ils présentent de graves dangers ou inconvénients" et leur impose de tenir l'Administration informée.
Les modalités d'application du régime d'autorisation sont prévues par le décret 98-679 du 30 juillet 1998 relatif au transport par route, au négoce et au courtage de déchets et entreront en vigueur au 1er janvier 1999..
Les mesures d'information de l'Administration sont précisées par le décret 77-974 du 19 août 1977 relatif aux informations à fournir au sujet des déchets générateurs de nuisances, complété par l'arrêté du 4 janvier 1985 concernant le contrôle des circuits d'élimination de ces mêmes déchets.
Ces textes permettent d'assujettir un certain nombre d'entreprises au suivi des déchets "générateurs de nuisances" par la mise en place de trois types d'obligations :





Agrément :

l'article 9 prévoit que seules les installations agréées par l'Administration ont l'autorisation de traiter les déchets générateurs de nuisances dont les catégories sont précisées par décret. Les catégories de déchets actuellement concernées par ces dispositions sont :





Plans territoriaux d'élimination des déchets :

Les articles 10. 1 et 10.2 prévoient l'élaboration de plans territoriaux, comportant des inventaires prospectifs des quantités de déchets à éliminer selon leur nature et leur origine. Ces plans recensent également les installations de traitement en service ou en cours de montage, et énoncent, compte tenu des priorités retenues, les installations qu'il sera nécessaire de créer
pour atteindre les objectifs qu'ils définissent, ainsi que les localisations prefèrentielles de ces installations.
Leurs conditions d'élaboration, leurs suivis et les éléments qui les constituent ont fait l'objet des décrets 93-139 et 93-140 du 3 février 1993, aujourd'hui abrogés. En effet suite à la mise en place des premiers plans, une réorientation des plans est en cours. Elle est présentée par la circulaire du 28 mars 1998 et mise en oeuvre sur la base des décrets 96-1008 et 96-1009 du 18 novembre 1996.





Intervention de l'Etat :

Les pouvoirs publics peuvent intervenir pour inciter les industriels à participer à l'élimination des déchets issus de leurs produits. Dans ce cadre, des accords contractuels peuvent être conclu entre l'Administration et des industriels ou regroupements professionnels pour réglementer, interdire ou recommander l'utilisation de certains matériaux ou procédés, fixer des objectifs de taux de récupération minimum (article 6).





Importations et exportations de déchets :

Les règles de base sont énoncées à l'article 23-1 mais le texte de référence dans ce domaine est le règlement européen 259-93 du 1er février 1993, modifié par les décisions 94-721 du 21 octobre 1994 et 96-660 du 14 novembre 1996, relatif à la surveillance et au contrôle des transferts de déchets à l'entrée et à la sortie de l'Union Européenne. Il établit un système de surveillance et de contrôle de tout mouvement de déchets.
Tous les transferts de déchets sont soumis à un système d'autorisation préalable. Les demandés d'autorisation doivent être envoyées à l'État de destination et une copie de cette demande doit être transmise aux Etats d'expédition, de transit et au destinataire. Le transfert ne peut être effectué que lorsque l'autorisation de l'Etat de destination a été accordée.
En outre, plusieurs paramètres déterminent le régime qui est applicable aux transfert de déchets:





Sanctions :

En cas d'infractions, la loi offre la possibilité d'élimination aux frais des contrevenants. Des sanctions sont prévues : amendes de 200 à 500 000 F, peines de prison de deux mois à deux ans, indemnisation des tiers pour les dommages commis par les déchets (article 24).





Loi 76-663 du 19 juillet 1976 :

Elle s'applique aux installations classées pour la protection de l'environnement, modifiée notamment par la loi 92-646 du 13 juillet 1992 relative à l'élimination des déchets.
Elle réglemente les conditions d'ouverture, d'exploitation et de fermeture des entreprises industrielles et agricoles qui peuvent provoquer des nuisances du fait de leur présence ou de leur fonctionnement.
Les installations soumises à cette réglementation figurent dans la nomenclature des installations classées. Elles sont alors soumises :

Les pièces à annexer à tout dossier de demande d'autorisation sont définies par ces décrets. Sont notamment exigées une étude d'impact et une étude de dangers :
L'étude d'impact comprend : L'étude déchets, instaurée par la circulaire du 28 décembre 1990, a été intégrée à l'étude d'impact par le décret 96-18 du 5 janvier 1996. Elle comporte trois volets : L'étude doit être menée dans ces trois parties en considérant quatre niveaux dans leur contribution au flux de déchets ultimes : Dans la démarche de l'étude, tous les moyens tendant à faire passer une part de déchets d'un niveau n à un niveau n - 1 devront être recherchés.





Sanctions :

L'exploitation sans autorisation est punie d'une amende de 2 000 à 500 000 F et/ou d'un emprisonnement de 2 mois à -1 an.
En cas d'inobservation des mesures définies dans l'arrêté préfectoral, outre des sanctions administratives (exécution aux frais de l'exploitant, consignation pour frais de remise en état, suspension d'activité) des poursuites pénales peuvent être engagées donnant lieu à une amende de 200 à 100 000 F ou à un emprisonnement de 10 jours à 1 an.





Loi 92-3 du 3 janvier 1992 sur l'eau :
 
(modifiée par la loi 95-101 du 2 février 1995)
Elle instaure un régime de déclaration et d'autorisation, semblable à celui de la loi du 19 juillet 1976,, pour toutes les opérations susceptibles de porter atteinte au milieu aquatique : prélèvements, modifications d'écoulement des eaux, déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects (notamment de déchets), chroniques ou épisodiques, même non polluants (article 10). Pour chacune des opérations concernées, des seuils sont définis selon lesquels une déclaration ou
une demande d'autorisation doit être effectuée auprès de la Préfecture. Les modalités d'application de ces régimes sont régies par les décrets 93-742 et 93-743 du 29 mars 1993 modifiés.
Cette démarche n'est pas imposée aux installations classées visées par la loi du 19 juillet 1976, afin d'éviter une double procédure : elles devront cependant respecter les règles de fond de la loi sur l'eau.





Sanctions :

Les dépôts de déchets dans les domaines de protection des eaux sont interdits. Le non respect de cette disposition peut entraîner des amendes de 2 000 à 500 000 F et des emprisonnements de 2 mois à 2 ans. Le Code du Domaine Public Fluvial, le Code Rural, pénalisent également les rejets sans autorisation.





Agences de l'eau :

Leur champ d'application correspond au découpage du territoire national en six bassins hydrographiques.
Par exemple la région Rhône-Alpes appartient en majorité au bassin Rhône-Méditerranée-Corse mais une partie du département de la Loire relève du bassin Loire-Bretagne.
Ces agences ont principalement une mission d'incitation et d'aide à la réalisation de travaux antipollution (station d'épuration , assainissement) et d'aménagement hydraulique. Elles interviennent aussi dans le domaine de l'élimination des déchets industriels susceptibles de polluer les eaux, en accordant des subventions pour leur collecte et leur élimination.





Loi 77-771 du 12 juillet 1977

Elle s'applique au contrôle des produits chimiques, modifiée par la loi 82-905 du 21 octobre 1982.
Cette loi prévoit, dans le dossier concernant la mise sur le marché d'une nouvelle substance, de préciser les particularités éventuelles d'élimination ou de récupération.

Transport de déchets :

Dans la mesure où leurs caractéristiques l'imposent, les déchets sont concernés par la réglementation sur le transport des marchandises dangereuses soit de façon explicite (déchets listés), soit par assimilation à une substance dangereuse elle-même répertoriée.

Le transport des marchandises dangereuses est régi par plusieurs arrêtés et un décret :

De plus, le transport de certains déchets est réglementé par des textes spécifiques. C'est le cas des déchets générateurs de nuisances avec le décret 77-974 du 19 août 1977 et l'arrêté du 4 janvier 1985, Le producteur de tels déchets est tenu d'émettre un bordereau de suivi qui précise la provenance, les caractéristiques, la destination et les modalités de stockage des déchets. Les producteurs, collecteurs, transporteurs et exploitants d'installations de traitement doivent eux, tenir un registre sur les mouvements des déchets qui transitent par leurs établissements.
Il en va de même pour les huiles usagées avec le décret 79--981 du 21 novembre 1979 et les arrêtés du 21 novembre 1979 et 1989.





Directives européennes :
 

Plusieurs directives fixent des orientations ou des contraintes spécifiques pour certains types de déchets : D'autres directives concernent les installations de traitement des déchets Enfin, certains textes concernent les mouvements transfrontaliers de déchets : Deux propositions de directive sont actuellement à l'étude :