LA CONVENTION DE RAMSAR





La convention relative aux zones humides d'importance internationale particulièrement comme habitat des oiseaux d'eau, appelée Convention de Ramsar, est un traité intergouvernemental ayant pour objectif général la conservation des zones humides. Signée à Ramsar (Iran) le 2 février 1971, elle est entrée en vigueur le 21 décembre 1975. Bien qu'occupant une faible superficie par rapport à la superficie totale terrestre, les zones humides abritent une faune et une flore d'une diversité inégalée comparée aux autres types d'habitats. Elles jouent un rôle essentiel pour l 'écosystème compte tenu des processus hydrologiques et écologiques qui s'y déroulent, et ont une irnportance économique considérable notamment à travers la production halieutique et agricole. Afin d'enrayer la disparition de ces milieux fragiles, la Convention de Ramsar demande aux parties contractantes de conserver les zones humides se trouvant sur leur territoire, et plus spécialement, celles figurant sur la "Liste des Zones humides d'Importance internationale".

Elles doivent en outre établir des plans d'aménagement de façon à promouvoir, dans la mesure du possible, l'utilisation rationnelle des zones humides se trouvant sur leur territoire, ainsi que la création de réserves naturelles pour lesquelles elles s'engagent à former le personnel compétent en matière de gestion et de surveillance. Chaque pays doit, au moment de la ratification, inscrire au moins un site sur la "Liste des Zones humides d'importance internationale". Les limites de ces sites doivent être cartographiées et remises lors de l'adhésion. L'identification des sites d'importance internationale se fait à partir de critères biologiques établis par la Conférence des parties.

Les critères se subdivisent en :  

a) critères relatifs aux zones humides représentatives ou uniques dans la zone biogéographique considérée,
b) critères généraux tenant compte de la flore et de la faune;
c) critères spécifiques tenant compte des oiseaux d'eau.
Les parties contractantes ont par ailleurs l'obligation d'informer le Bureau de la convention de toute modification effective ou probable des caractéristiques écologiques d'un site de la liste.

En 1992, la convention comprend 65 pays membres ayant déclaré 546 zones humides d'importance internationale totalisant près de 33 millions d'hectares. La France est devenue partie contractante de la convention le ler octobre 1986, où elle inscrivit la Camargue sur la Liste des Sites d'importance Internationale. Depuis, un groupe de travail national regroupant les principaux organismes intéressés a été mis en place à l'initiative du Ministère de l'Environnement et, à la suite de diverses concertations locales, la France a pu inscrire en 1990 les sept nouveaux sites suivants:

Sous la responsabilité des préfets, des comités de pilotage sont en cours de création pour définir un plan de conservation et oeuvrer dans le sens d'une gestion globale et harmonieuse des sites. La poursuite des consultations locales devrait permettre la désignation de nouvelles zones en France.

La convention laisse cependant à chaque partie contractante l'entière liberté de décider des mesures de protection qu'il convient d'établir sur les sites déclarés. A défaut d 'être une garantie absolue en matière de protection de zones humides (comme en témoignent plusieurs sites Ramsar gravement menacés dans le monde), la Convention de Ramsar représente un outil majeur qui a permis de développer une forte prise de conscience internationale sur la nécessité de sauvegarder les zones humides.

La Conférence des parties se réunit tous les trois ans, afin d'examiner le statut de sites inscrits sur la Liste et de promouvoir une coopération entre les différents Etats.
Un comité permanent existe également ainsi qu'un Bureau de Ramsar, géré par l'UICN en collaboration avec le BIROE. Le dépositaire de la convention est l'UNESCO.

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