POUR QUELS DEBOUCHES ?
Sont essentiellement envisagés dans cette section les débouchés pour animateurs. Les débouchés pour enseignants et instituteurs sont en effet plus "évidents", puisque leur pratique de l'éducation à l'environnement se fait essentiellement sur le temps scolaire.
Les secteurs d'activités :
L'animateur à l'environnement peut se retrouver aujourd'hui dans un grand nombre de structures très diversifiées. Le champ des emplois s'est étendu en une large palette que l'on peut décrire schématiquement de la manière suivante.
Secteur des associations spécialisées dans l'éducation à l'environnement :
Ce sont les structures dont la vocation première est spécifiquement l'éducation à l'environnement. On peut en particulier citer les Centres Permanents d'Initiation à l'Environnement (liste disponible à l'UNCPIE) mais il en existe beaucoup d'excellente qualité qui ne font pas partie de ce réseau.
Ces structures développent des actions auprès de très larges publics. Elles s'engagent dans les voies de la recherche pédagogique et de la conception de nouvelles formes de communication (documents, équipes d'interprétation). Elles se sont beaucoup développées en 20 ans et il semble que cela doive continuer.
Le personnel qu'elles emploient (plus de 3000 personnes ?) est réparti en plusieurs catégories selon les responsabilités assumées : de l'animateur au porteur de projets régionaux. Chaque niveau de cette hiérarchisation est sous-alimenté en personnel potentiel, et le développement de ces structures se heurte à la difficulté de recruter du personnel correspondant à ses besoins réels, et bien sûr à des manques de crédits chroniques qui entraînent presque tout le temps des fonctionnements en sous-effectifs.
Secteur du patrimoine naturel et humain :
- Associations de protection de la nature : Elles sont de plus en plus amenées à développer des actions de sensibilisation.
Les animateurs potentiels sont parfois présents mais non formés à assurer des prestations d'animation.
- Associations naturalistes : Assimilées aux sociétés savantes, elles proposent des activités à des amateurs éclairés sur leurs thèmes propres. Elles recherchent du personnel ayant une formation scientifique initiale de haut niveau, mais pas forcément des compétences d'animation.
- Sites d'accueil du public : sur un thème fort du patrimoine (Parcs Naturels Régionaux, Parcs Nationaux, écomusées, musées, réserves naturelles, maisons thématiques...). Le recrutement de l'animateur y est souvent local avec une formation liée à la thématique du site, nécessitant une alternance emploi-formation. Le niveau de base est soit très élevé, soit très faible (personnels d'accueil sans qualifications particulières).
Secteur de l'animation socioculturelle :
- Mouvements d'éducation populaire : Ils décident d'une politique forte de sensibilisation à l'environnement ou participent au développement général des activités liées à la découverte et à la pleine nature : développement d'une thématique s'accompagnant d'animateurs spécialistes
- Centres de classes de découverte : de vacances ou de loisirs, centres sociaux, foyers ruraux, MJC... Le niveau "classique" de formation des animateurs de ces structures est le BAFA, avec le plus souvent aucune spécialisation particulière sur le thème environnement. Autre aspect de ces emplois : leur caractère éphémère.
- Communes : Des communes (trop peu, mais elles existent) sont équipées de structures d'animation spécifiques (centres de vacances...) et approfondissent à présent les thèmes environnement.
- Autres collectivités territoriales : Il existe des actions d'éducation à l'environnement spécifiques des collectivités territoriales. environnement. Exemple : animations dans les écoles sur la forêt méditerranéenne et les risques d'incendies, menées par les Conseils Généraux du Var, du Vaucluse, des Alpes Maritimes. Ne pas hésiter à contacter aussi les Conseils Régionaux, les syndicats intercommunaux...
Secteur du tourisme :
- Structures touristiques : Du fait du développement du tourisme vert ou du tourisme culturel, les structures relevant de ce secteur recherchent aujourd'hui des personnes compétentes dans la découverte de l'environnement, capables de monter des produits et de les animer. On peut citer par exemple Village Vacance Familles, Renouveau, VAL, syndicats d'initiatives, tour-opérators, pays d'accueil...
- Structures de pleine nature : Elles sont en plein développement : de type Association, SARL, voire commune. Elles élargissent de plus en plus leur spécialité "pleine nature" (randonnée, kayak, cheval, VTT...) en direction de l'animation nature, et sont en recherche de personnels pluricompétents.
Secteur du développement local :
- Collectivités locales : Elles constituent aujourd'hui un fort secteur de développement. Dans une conception très proche de l'agent de développement, l'animateur a en charge la sensibilisation des élus ou de la population, en parallèle avec la recherche de solutions à des problèmes locaux d'environnement : pollution des eaux, gestion des déchets, aménagement de l'espace...
Il peut être employé au sein d'un SIVOM, d'une charte intercommunale, d'une municipalité.
Il faut noter que le milieu urbain est demandeur de personnels capables de réfléchir aux problèmes de cadre de vie
(exemple : DSQ, Développement Social des Quartiers).
Des études récentes ont montré que les communes de moyenne importance recherchaient, dans les problématiques de l'environnement, outre des techniciens, des agents plus spécialement chargés d'une vision globale et de la communication.
- Les CAUE ont également un rôle à jouer dans ce domaine et peuvent être en recherche de personnels compétents en éducation à l'environnement.

Le profil des postes :
Malgré la diversité des structures précédemment citées on peut cependant voir se dessiner un profil type, évoluant en parallèle avec les niveaux de responsabilité (ou de fonction). Cette évolution est possible depuis le niveau de base jusqu'au niveau le plus élevé. On peut la schématiser en proposant trois profils type :
- Profil de base :
L'animateur est chargé d'accompagner, d'encadrer ou d'animer un groupe. C'est le niveau et le public qui vont être déterminants dans la recherche des compétences.
A noter que du fait de la progression de son expérience professionnelle, l'animateur passera de l'animation d'un public d'enfants en centre de vacances ou en classe de découverte à l'accueil d'adultes puis plus tard à la formation d'adultes (animateurs, enseignants...).
L'animateur travaille au sein d'une équipe. Il s'insère dans le projet pédagogique de cette équipe tout en participant à son élaboration.. Il est capable d'évaluer les moyens nécessaires à la réalisation de ses activités et d'en analyser les résultats.
Ce profil correspond globalement au niveau 5 dans la convention collective relative à l'animation socioculturelle (jointe en annexe).
- Profil intermédiaire :
L'animateur devient capable de travailler plus en amont de l'animation directe. Son idée s'étend à la prospection des publics, des partenaires, au montage des produits ou des projets pédagogiques, a leur promotion, requérant plus d'autonomie et de responsabilité. Au plan pédagogique, il prend de plus en plus un profil de formateur.
Ce profil correspond au niveau 6 de la convention collective.
- Profil final :
La personne devient capable de gérer un projet d'ensemble et une équipe (niveau 7 de la convention collective). A ce niveau sont fortement mises en avant les volets "porteur de projet", "connaissance des partenaires", ainsi que l'autonomie et l'initiative. Ce profil va évidemment de pair avec une structure importante et un budget conséquent.
Grille d'évaluation :
Pour permettre une meilleure compréhension du type de personnes pouvant être recherchées par un employeur en éducation à l'environnement, voici un exemple de grille-type d'évaluation pouvant être utilisée lors de l'entretien d'embauche d'un responsable d'activité. Au préalable, la structure aura réalisé l'inventaire de ses besoins en envisageant l'évolution possible de la personne dans son poste.
Chacun des points de cette grille doit être pondéré par la structure d'embauche, en fonction du niveau de compétences recherché.
Exemple de grille-type d'évaluation d'entretien :
- La communication interpersonnelle s'est bien établie entre le directeur (éventuellement les autres membres de l'équipe) et le postulant. Les critères seront par exemple la capacité de ce dernier à synchroniser son discours, à reformuler celui de son interlocuteur...
- Les connaissances techniques et pédagogiques du postulant sont suffisantes. L'évaluation se fera en terme de savoirs et savoir-faire, et sera axée sur un plan pédagogique : le postulant doit savoir faire preuve de charisme, de passion
- Le postulant a une capacité d'autonomie. Il doit être capable d'inventer, de gérer les ressources humaines, naturelles, institutionnelles. Il doit être capable d'intégrer les objectifs des autres membres de l'équipe, éventuellement de gérer une équipe ou des intervenants extérieurs.
- Quelles peuvent être sa trajectoire et son devenir ? A partir du commentaire de son CV, l'employeur cherchera à savoir quelles ont été sa démarche de formation, son expérience professionnelle ainsi que son investissement dans le champ de l'éducation à l'environnement (appartenance à des réseaux ?).
Le postulant souhaite-t-il s'investir à moyen terme dans son poste?
Cet aspect est fondamental pour lui permettre d'aboutir à la concrétisation de ses projets, de manière à ce qu'ils soient poursuivis éventuellement après son départ.
Le tableau
suivant n'a donc aucune valeur de référence. Il situe d'ailleurs certaines
formations qui ne se sont pas positionnées par rapport à la convention
collective de l'animation socioculturelle.
- Le métier d'animateur Nature et
Environnement. Etat des lieux de la profession et des formations
qualifiantes.- Réseau National Ecole & Nature,
1992.
- L'animateur - environnement, émergence d'un métier. Réseau National Ecole & Nature, 1992. (6 p). Le texte ci-dessus en est directement extrait.
- Les métiers de l'éducation à l'environnement.- Dossier de la revue "L'Encre Verte" de juin 1995. Ecole & Nature, 1995. Une Encre Verte spéciale sera consacrée chaque année aux métiers de l'éducation à l'environnement
A notre connaissance, aucun autre travail de
synthèse que les trois documents cités ci-dessus n'a été fait sur les
débouchés strictement liés à l'éducation à l'environnement. Il existe par
contre plusieurs ouvrages sur les métiers de l'environnement en général,
qui sont malheureusement très pauvres en ce qui concerne les aspects de
l'éducation. On pourra consulter par exemple :
- Les métiers de l'environnement.- BOISDON Véronique.- Editions le Monde. Guide Marabout, 1994
- L'environnement.- RAFFOUL Michel.- Collection "Le guide des métiers". Editions Bayard, Paris 1990.
- L'environnement : emploi et formations.- AVENIRS.- ONISEP, Paris 1990. (revue)
- Biologie et sciences de la nature.- AVENIRS.- ONISEP, Paris 1992 (revue)
- Les métiers en plein air : agriculture, environnement, nature, sport.- ONISEP, Paris 1992 (revue)
- Inventaire national des métiers de l'environnement 1992 : dossier de présentation.- DIREN Languedoc-Roussillon, Montpellier 1993
- L'environnement mode d'emploi : les métiers et les formations de l'environnement.- DIREN Languedoc-Roussillon, Montpellier 1993.
- Les métiers de l'environnement.- MABIT M.- Editions Opéra, Nantes 1994
- Guide des métiers verts - avec ou sans diplôme.- CHIROT François, GALEY Anne.- Sang de la Terre, 1994. 256p. 125F
- Référentiel métiers.- DGER - BTS GPN - CNPR.- Disponible au CEP de Florac.
- Convention collective de l'animation socioculturelle.- Journal officiel, 28 juin 1988.