Les Pollutions
La mer du Nord est particulièrement affectée par le
phénomène d'eutrophisation. On estime, en effet, que les apports de
nitrates et de phosphore d'origine anthropique (eaux usées, surfertilisation)
sont respectivement quatre fois et sept fois plus importants que les flux
naturels. l'eutrophisation semble être la plus forte le long des côtes danoises
et néerlandaises. En mer Méditerranée, les problèmes, sont particulièrement
aigus dans les estuaires ainsi que dans le nord de l'Adriatique.
La pollution par les hydrocarbures a plusieurs origines: les pollutions accidentelles (marées noires), le nettoyage sauvage des soutes des pétroliers, l'exploitation offshore, les origines terrestres (cours d'eau) ou atmosphériques. Elle affecte l'eau, mais aussi les sédiments. Les niveaux de concentration les plus élevés en hydrocarbures dans l'eau comme dans les sédiments sont enregistrés à proximité des plates-formes pétrolières et des installations pétrochimiques. Les conséquences de cette pollution (sauf dans le cas d'accidents) sont, pour le moment, surtout dommageables pour la faune et la flore marine, celle ci ayant pu conduire à la disparition d'espèces invertébrées. En Méditerranée, malgré des apports trois fois plus élevés qu'en mer du Nord, l'amélioration de la situation est sensible en pleine mer, les problèmes se localisant maintenant le long du littoral.
La contamination de l'environnement marin par les métaux lourds
continue de poser un problème difficile de pollution diffuse. Il faut remarquer
que seules quelques zones enregistrent des concentrations élevées.
Les
régions sensibles se situent en bordure des sites industriels ou fortement
peuplés comme par exemple les estuaires de la Loire et de la Garonne, la région
de Santander et de La Coruna sur la côte Atlantique, les côtes belge et
néerlandaise, la baie de Liverpool la côte nord de l'Angleterre ou encore la
région du German Bight.
La pollution des eaux par les composés organiques est un problème qui
inquiète les responsables politiques depuis de nombreuses années déjà. Deux
catégories de substances sont plus particulièrement visées ici: les composés
organohalogénés (tels que le DDT, le lindane, la dieldrine, les PCB, etc.) et
les organométaux (mercure). Les principales sources de contamination sont les
estuaires, les déversements en mer, les accidents (naufrages) et les retombées
atmosphériques.
Il semble cependant que les concentrations restent en
général bien en deçà des valeurs considérées comme dangereuses, si bien que les
risques pour la santé humaine sont minimes. En revanche, les conséquences sur
les écosystèmes sont plus importantes. Ainsi, la baisse de natalité des phoques
dans la mer de Wadden est elle partiellement attribuée à la pollution par les
PCB.
La présence de déchets sur les plages et en mer, en particulier les plastiques outre qu'elle dénature les paysages est à l'origine de pollutions locales. En cas d'ingestion, ils peuvent également causer la mort d'animaux.
Enfin, la pollution par les radio-nucléides est étroitement liée aux activités de la filière nucléaire (centrales, retraitement et élimination des déchets). Celle ci semble en tout état de cause limitée. En mer du Nord les principales sources d'émission proviennent de l'usine de Sellafield mais elles ont été sensiblement réduites ces dernières années.