En quelques dizaines d'années le cadre de vie des
européens s'est profondément transformé. Durant cette période, la moitié de la
population est passée d'un mode de vie rural à un mode de vie urbain. Ce
processus a commencé plus tôt dans les régions septentrionales. Il est encore en
cours dans les régions méditerranéennes où la croissance des grandes
agglomérations est extrêmement rapide
Aujourd'hui un citoyen de la
Communauté sur six vit dans une agglomération de plus d'un million d'habitants,
tandis qu'un sur trois réside dans une ville de moins de 20. 000 habitants. En
fait une proportion très importante de la population réside en milieu rural ou
périurbain mais se déplace quotidiennement pour aller travailler dans une grande
agglomération.
Ces mouvements de navetteurs sont une des sources importante
de pollution de l'air, de congestion des transports et de nuisances sonores. La
situation est particulièrement aiguë dans la plupart des grandes métropoles
méridionales, pour lesquelles la croissance a été si rapide qu'elle a été
accompagné d'une dégradation importante du cadre de vie urbaine (accroissement
du bruit, appauvrissement du patrimoine bâti, création de paysages de banlieue
et zones industrielles de médiocre qualité.
La nuisance sonore notamment touche une proportion importante des habitants.
Par exemple en Allemagne on estime que la moitié de la population est affectée
par le bruit dû au trafic, et 20 % très sérieusement.
Même lorsque la croissance de la population se stabilise, le développement de
l'urbanisation se poursuit, chaque individu tendant à occuper plus d'espace
Cette extension urbaine s'est souvent faite au détriment des bons sols
agricoles. Ceci ne représente qu'une partie de la réalité car généralement
l'urbanisation se fait par "tâches" et affecte une superficie de paysages plus
vaste que celle fournie par la statistique. De plus en plus des initiatives sont
menées pour limiter cette consommation d'espace, notamment en "recyclant" des
friches industrielles, même si au plan national les superficies en jeu sont
faibles. En effet, à l'échelle locale, dans les régions de vieille industrie par
exemple, les FRICHES occupent une place considérable.
C'est le cas du
Royaume Uni où en 1974, on estimait cette surface à 43. 000 hectares. Depuis
2000 ha ont été assainis chaque année, mais 2. 500 ha de nouvelles friches
étaient créés
Centre de documentation de l'urbanisme : cdu.dguhc@equipement.gouv.fr
Le cas du littoral :
Milieu écologiquement riche et fragile, le littoral
est soumis à de fortes pressions d'urbanisation et touristique. l'analyse de
l'occupation du sol au Portugal par exemple montre que la part de milieu urbain
qui est de 15 % en moyenne nationale dans une bande côtière de 3 km d'épaisseur
le long du littoral, n'est plus que de 1% à 20 km à l'intérieur.
Les études
prospectives indiquent une poursuite de la tendance à l'urbanisation le long du
littoral. Il importe de remarquer que la situation est très variable dans la
Communauté, soit en raison des différences de pressions démographiques (la côte
nord de l'Ecosse ne subit aucune pression), soit en raison de différences de
politiques d'aménagement du Territoire. Ainsi, si l'on considère une bande de
largeur de 500 m parallèle à la ligne de marées haute, on constate que le
littoral belge est urbanisé à plus de 50% tandis que le littoral néerlandais
l'est à moins de 5%.