Energies Renouvelables





Force est de constater que, s’agissant du développement des énergies renouvelables, la France peut faire l’objet par rapport à ses voisins de comparaisons qui ne sont pas nécessairement flatteuses.

Si la diversification dans la production d’énergie est la seule politique raisonnable pour un grand pays, tant du point de vue de la sécurité de ses approvisionnements que de l’admissibilité par la société, il faut rendre cette diversification viable et s’en donner les moyens.

C’est la raison fondamentale qui explique, notamment dans le domaine de l’éolien, les grands succès rencontrés par nos voisins allemands, espagnols ou portugais, et qui tiennent au fait que les pouvoirs publics ont donné et donnent aux opérateurs une lisibilité qui leur a permis d’investir massivement, donc de réduire les coûts et de créer les conditions d’un développement représentant des dizaines de milliers d’emplois.

La seule industrie éolienne en Allemagne, pour ne citer qu’un exemple, a créé plus de 20 000 emplois, installé plus de 4 500 MW en face des quelques dizaines que nous pouvons inscrire à notre bilan . Une compagnie électrique espagnole a, à elle seule, passé commande cette année de 1 800 machines représentant 1 200 MW.

Quelle que soit la dialectique développée, la brutalité de ces chiffres est indiscutable. En dehors de la grande hydraulique historique et de la biomasse, dans la quasi totalité des filières renouvelables, l’échelle de comparaison avec les pays voisins admet un facteur 10 ou le plus souvent un facteur 100.

S’agissant du solaire thermique, nous préconisons que soit amplifié le programme de relance intitulé Plan Soleil conduit par l’Adème sous des formes auxquelles il conviendra sans doute de réfléchir. Ce plan qui vient de démarrer vise à porter à 60 000 m2 le rythme d’installation annuelle des capteurs en 2006. Il pourrait être infiniment plus ambitieux et avoir pour objectif au même horizon de passer à 500 000 m2 par an. A titre de comparaison, un petit pays comme l’Autriche moins bien doté sur le plan climatique réalise depuis 5 ans régulièrement 200 000 m2 par an.

S’agissant de l’énergie éolienne, la mesure principale qui nous permettrait de figurer honorablement à terme en face de nos voisins européens consiste à établir d’une manière ou d’une autre un tarif d’achat de l’électricité d’origine éolienne qui permette de rentabiliser les investissements à long terme coûteux que nécessite cette énergie. Nous devons nous rendre à l’évidence que les pays qui ont décidé de promouvoir l’énergie éolienne au travers de tarifs d’achat fixes obtiennent de bien meilleurs résultats que ceux qui ont choisi des systèmes d’appel d’offre à la recherche du moins disant tarifaire.

En 1999, les premiers ont installé 2 500 MW (l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne) les seconds (le RU, la France et l’Irlande) 20 seulement. C’est donc bien d’un rapport de 1 à 100 que nous parlons.

Afin de respecter ses engagements internationaux, la France a décidé d’un soutien accru à la production d’électricité éolienne. Ainsi à l’horizon 2010, nous nous sommes fixé un objectif de 3000 mégawatts, soit plus du double du chiffre initialement prévu.