Je Réutilise Mes Papiers
Pourquoi récupérer le papier ?
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Histoire du papier fait main Museums et moulins à papier Mode de fabrication |
En 1983, les pouvoirs publics et les professionnels du papier signent un accord pour dynamiser la récupération et le recyclage des vieux papiers. L'industrie papetière a déjà investi près de trois millions de francs pour produire du papier recyclé. Le système fonctionne, la France exporte ses vieux papiers.
A partir de 1986, les tendances s'inversent. Les capacités de recyclage du papier augmentent plus vite que les quantités de vieux papiers récupérés. Les cours ont chuté. Même les associations comme les Scouts de France ou Emmaus s'arrêtent progressivement.
Résultat: en 1988, les pouvoirs publics, les collectivités locales, les récupérateurs et les recycleurs signent un protocole pour planifier la collecte du papier chez les particuliers.
Voeu pieux? Le solde des vieux papiers, négatif en tonnage depuis 1987, se creuse d'année en année pour atteindre 355 000 tonnes en 1991. Curieuse façon d'équilibrer notre balance commerciale.
Cette situation s'explique, par les différences européennes dans les habitudes de récupération. Par exemple, en Allemagne, de nombreuses communes payent en partie aux récupérateurs le coût de la collecte, autour de 30 francs la tonne. Personne n'est choqué du procédé. N'en coûterait-il pas davantage aux communes si elles devaient les éliminer dans des incinérateurs ?
En France, l'état d'esprit est tout différent. Souvent les communes estiment que les papiers collectés doivent être rachetés par les récupérateurs. Résultat: les fabricants de papiers recyclés achètent les gisements d'outre Rhin, moins chers et plus réguliers.
Pour relancer la collecte en France, il faudra que les collectivités participent au financement. A terme, ce sera de toute façon, une économie comparée au coût d'élimination croissant dans les incinérateurs.
La mutation des récupérateurs en prestataires de service est une tendance forte. Dans l'avenir, ils viendront récupérer utilement les différentes familles de matériaux (verre, papier, plastique, métaux), affineront le triage en sous-famille. Puis remettront cette matière première dans le circuit de la production.
Mieux le papier est trié, plus les usages seront variés lors du recyclage. L'effort à faire pour la gestion des déchets payera économiquement et préservera notre environnement.
4.5 millions de tonnes de papiers finissent, chaque année, dans les incinérateurs et dans les décharges.
La fabrication du papier recyclé consomme 6 fois moins d'eau, 2 fois moins d'énergie. Elle génère 25 fois moins de pollution chimique et 6 fois moins de pollution biologique (source WWF-Suisse, "A l'école des déchets").
Avec du papier blanc d'impression, on peut faire du papier recyclé d'impression. Avec des vieux journaux, on peut en faire des neufs...
Avec 100 tonnes de vieux papiers, on fait 90 tonnes de papier recyclé. Même les boues de désencrage se recyclent. En France, on les transforme en panneaux d'isolation phonique ou en litière pour chat.
Le prix du vieux papier, c'est comme les actions çà monte et ça baisse en fonction de l'offre et de la demande. Il n'est pas facile dans ce contexte de motiver la récupération et de faire tourner une industrie.