La problématique environnementale
État de la situation et contraintes
Marchés et technologies
Production :
Les déchets dangereux qui proviennent de petits générateurs des secteurs IC&I sont considérés comme des DDD, dans la mesure où leur production est inférieure à 5 kilogrammes par mois. En outre, ils ne doivent pas contenir de résidus toxiques ou radioactifs. Autrement, il s'agit de résidus soumis au règlement sur les déchets dangereux.
Caractéristiques :
Les caractéristiques des DDD sont essentiellement les mêmes que celles des déchets dangereux. Ces produits sont regroupés en différentes catégories:
| toxique ou poison | qui peut empoisonner l'être humain (exemples: insecticides, nettoyant pour le four, antigel) |
| inflammable | qui brûle facilement (exemples: huile usée, térébenthine) |
| explosif ou réactif | qui peut exploser ou produire des vapeurs toxiques (exemples: mélange d'eau de javel et d'ammoniaque, aérosols) |
| corrosif | qui corrode, brûle ou détruit les matériaux (exemples: sel pour la chaussée, acide de batterie d'automobile) |
Plusieurs de ces caractéristiques peuvent être réunies dans un seul et même produit. Par exemple, les détergents pour tapis et capitonnage (naphtalène, tétrachloroéthylène, acide oxalique et diéthylène glycol) sont à la fois corrosifs, irritants et toxiques.
Dans le cadre de campagnes de sensibilisation auprès de la population, on utilise volontiers les différentes pièces de la maison pour définir, donc classifier, les DDD. La liste proposée aux citoyens comprend ainsi les DDD qui se retrouvent généralement dans la cuisine, la salle de bain, la salle de lavage, le sous-sol et/ou les placards, le garage et/ou la remise.
Une classification utilisée :
L'élimination traditionnelle des DDD, c'est-à-dire avec les ordures ménagères, a sans conteste un impact sur l'environnement. En revanche, l'ampleur des impacts est à la fois mal connue et variable, en fonction des conditions locales et des méthodes de traitement des ordures en usage (exemple: incinération versus enfouissement ou même compostage).
Malgré tout, les DDD sont identifiés comme des produits nuisibles dans le traitement des rejets par les usines d'élimination des déchets solides et par les usines de traitement des eaux usées, certains étant carrément rejetés à l'égout (la CUM a émis l'hypothèse que le tiers des déchets domestiques dangereux seraient rejetés à l'égout), et d'autres, comme ceux qui sont composés d'hydrocarbures (huiles, solvants, peintures, etc.), constituant une source de pollution de la nappe phréatique et des sols. Les produits halogénés (pesticides, solvants chlorés, etc.) et les métaux lourds (piles, thermomètres au mercure, etc.)pollueraient, peu importe le mode d'élimination employé.
État de la situation et contraintes :
Le citoyen a du mal à établir clairement quels sont les produits d'usage courant (éliminés avec les ordures ménagères) qui sont des DDD et lesquels ont le plus d'impacts négatifs sur l'environnement parce qu'il n'existe à cet effet aucun système d'identification. Déjà sollicité pour trier à la source les matières recyclables (le papier, le verre, le métal et le plastique), le citoyens doit faire un effort additionnel pour des résidus dont la diversité est encore plus grande. De plus, il doit entreposer ses DDD en prévision des collectes puis, en général, les apporter en un lieu désigné.
La récupération et le tri des DDD représentent donc des opérations <<compliquées>> pour l'ensemble de la population
L'absence d'incitatifs véritables donne aux collectes de DDD des résultats mitigés (en fait de participation populaire et de catégories de résidus récoltés), malgré les technologies et les infrastructures de traitement existantes.
La problématique environnementale occasionnée par les DDD qui se retrouvent mêlés aux ordures ménagères demeure ainsi entière. Toute réflexion plus approfondie sur le sujet devra tenir compte de l'importance de la participation populaire et, par conséquent, s'orienter vers le développement de stratégies et de moyens stimulant cette participation. L'éducation, la sensibilisation et la définition de moyens pour rejoindre le plus efficacement possible la population et de s'assurer de sa participation constituent les aspects névralgiques du développement de tout système visant à récupérer et à traiter les DDD.
La collecte des DDD constitue un défi en soi puisqu'il s'agit de recueillir un large éventail de produits spécifiques (huiles, solvants, piles, etc.) mais en petites quantités. Ces produits exigent un tri complexe sans compter que leur nature rend impérative l'adoption de méthodes de contrle et de traitement conséquente. La collecte des DDD auprès des citoyens peut s'effectuer selon différents modes: la journée de collecte; la collecte au point de vente; le dépôt permanent; la consigne; la collecte itinérante (collecte par unité mobile) et la collecte à domicile (sur appel ou de porte en porte).
Marchés et technologies :
Les DDD qui sont recueillis auprès des citoyens peuvent être traités de diverses façons selon leur nature. Les traitements les plus connus sont définis ci-après.
Traitement biologique :
Ce type de traitement, surtout utilisé pour décontaminer les eaux usées, s'applique aux composés organiques sans métaux lourds. La bioabsorption y joue un rle important. Les principaux procédés qui y sont reliés sont: la biofiltration, les boues activées (digestion aérobie), la digestion anaérobie, l'étang de stabilisation et la lagune aérée (étangs aérés).
Traitement chimique :
Il existe plusieurs procédés pour traiter chimiquement les déchets dangereux dont: l'adsorption sur résine, la fixation chimique, la neutralisation, l'oxydoréduction, la précipitation et la stabilisation-solidification.
Traitement physique :
Les procédés de traitement physique sont nombreux. Quelques-uns servent à décontaminer les huiles usées. La centrifugation, l'encapsulation, la filtration, la régénération, le retraitement et la sédimentation en font partie.
Traitement thermique :
Les méthodes thermiques utilisent des températures élevées comme mécanisme principal de destruction des déchets. Elles offrent des possibilités de récupération des composés inorganiques, des métaux et de l'énergie. L'arc ou la torche au plasma, l'incinération au sel fondu et la pyrolyse sont les procédés les plus exploités.