Beaujeu Pour les Scientifiques de l'Agriculture Biologique




Dans un article récapitulatif récent consacré à l'agriculture biologique (Quel avenir pour l'agriculture biologique - par Pierre Ott, Denis Lairon, Hardy Vogtmann - N227 - Décembre 1990), la revue La Recherche parie-t-elle sur son avenir ? Oui, si l'agriculture biologique peut s'insérer dans la nouvelle Politique Agricole Commune et servir d'alternative au gel des terres. Mais tandis que les pays d'Europe du Nord favorisent l'agriculture biologique, la France et les pays du Sud de l'Europe ont pris un retard inquiétant. Même si la situation de la production est réglable (avec des aides substantielles de la CEE et du Ministère de l'Agriculture, compétitivité économique de l'agriculture biologique face à l'intensive, etc.), les signataires de l'article ne cachent pas le rôle stratégique de l'aide à la recherche.

Mais tandis que la plupart des pays d'Europe du Nord (Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, Danemark) disposent d'institutions spécialisées où sont développées et améliorées les techniques propres à l'agriculture biologique, ce genre d'institutions fait défaut dans les pays de l'Europe du Sud (Portugal, Espagne, Italie, France)

Face aux trois chaires allemandes en agriculture biologique (Kassel, Bonn, Giessen, totalisant ensemble un budget de 3, 1 millions de DM), la France se caractérise par un vide tant en matière de recherche spécialisée qu'en matière de programmes de développement. Pour l'instant, il n'existe aucune institution de recherche ou d'enseignement supérieur ayant des budgets permettant d'assurer un fonctionnement stable à moyen terme.

L'Institut Technique de l'Agriculture Biologique (ITAB), organisme fédérant des associations d'agriculteurs biologiques et des groupes régionaux faisant de l'expérimentation, n'existe que sur le papier par manque de financement

Alors, s'il vous prend l'envie de rencontrer malgré ce "vide" une authentique structure de recherche scientifique, indépendante de tous pouvoirs économiques, en agriculture biologique, vous songez à BEAUJEU (un nom pareil ne s'invente pas !) et au Beaujolais. C'est fatal. Les coteaux vallonnés de vignes, agités parfois de vents d'anges, ne sont pas obstacles insurmontables. L'air y est doux. Il y en a partout... A Beaujeu, on connaît Suzanne Michon. Elle gère la vie quotidienne des sessions de stages et d'enseignement, où le miel coule à flot. Elle se dérobera à nos insistances pour lui photographier les mains qui racontent mieux que tous les mots son engagement concret dans le travail de la terre des biodynamiciens.

Pudeur d'une lutte de trente ans contre les blocages de mentalités institutionnelles, qu'elle et son mari connaissent bien...

Michon, Victor... Issu d'une famille d'industriels du Nord... Diplômé de IIIème cycle en Droit et en Lettres... Administrateur d'éditions de 35 à 37 à Paris, libraire et directeur de galerie d'art à Lille de 37 à 39, éditeur et libraire à Lille et Paris de 46 à 48, fondateur et directeur du Bureau parisien des promotions commerciales et relations publiques pour l'édition et l'industrie de 49 à 54 ; fondateur et directeur de la maison d'éditions, la Bibliothèque Mondiale de 52 à 56, qui devint ensuite le Club des Amis du Livre, administrateur à la Galerie de l'Université de Paris (54 à 1980). Ouf !... Et fondateur avec Louis Pauwels et Jacques Bergier de "Planète", média qui n'était pas en odeur de sainteté auprès des esprits rationalistes obtus des années 60. Quel chemin parcouru depuis cette épopée surréaliste... Il n'est que de découvrir les noms de ceux qui enseignent à Beaujeu :