Rencontrons Victor Michon
Comment avez-vous découvert l'agriculture écologique ?
VICTOR MICHON : En 1940. J'étais prisonnier en Allemagne, dans une ferme bavaroise. L'homme qui la tenait était vomi par tout le village parce qu'il était l'ancien maire social-démocrate. Je ne connaissais rien à la terre, et j'étais vraiment un parasite pour cet authentique paysan qui gardait une claudication de la jambe gauche de la guerre de 14. Traditionaliste mais déjà européen, cultivé, grand amateur d'histoire et de sciences, laborieux, calme et réfléchi, il vivait en totale autarcie.
Un jour, discrètement, il me prêta les oeuvres interdites de Rudolf Steiner. Et quelques mois plus tard, d'un seul coup, je ressentis le monde végétal qui m'entourait comme mon propre monde, mon propre corps, peuplé de forces visibles et invisibles. Ce furent alors vingt ans de construction rationnelle qui s'écroulaient comme le mur d'une prison, m'ouvrant des lendemains qui ne pouvaient que chanter ! Après quatre ans de péripéties banales pour certains...(évasion, résistance, maquis, démobilisation), je participais après-guerre aux travaux du Club de Rome. La montée des interdits économiques, et la guerre froide, poussèrent un certain nombre d'individus dont je suis, à organiser des "points de survie", des îlots exemplaires de réflexion et d'action organisés en autarcie stable et naturelle, garantissant à chacun nourriture et santé, et par là même, disponibilité au monde et liberté d'esprit. Là pourrait s'élaborer une nouvelle discipline, scientifique et spirituelle, une Biodynamique humaine capable de mobiliser les énergies de conscience latentes dans tous les règnes terrestres, pour leur rendre leur rythme ascensionnel.
En 1959, nous avons pu acheté cette ferme de BEAUJEU. Le marché des terres commençait à s'effondrer suite aux effets pratiques du rapport Armand et Rueff. Ce rapport recommandait des prix agricoles au-dessous des prix industriels pour diriger la main-d'oeuvre rurale vers l'industrie, la cantonnant ainsi à un niveau de vie sensiblement inférieur à celui des autres catégories de travailleurs...Ils y ont réussi, avec la perversion d'intelligence non prospective, bien qu'Armand et Rueff furent aussi des hommes remarquables à bien des égards. C'était l'époque !.(voir note en fin d'entretien)
Le vivant nous faisait démarrer humblement notre expérience alors. Pour essayer de contrebalancer les déséquilibres, ou tout au moins de préserver les connaissances pour les générations suivantes, pour des temps plus propices... Cela dit, acheter de la terre à cette époque était plus facile car le déficit agricole était encore déductible des revenus personnels. Il l'a été jusqu'en 1965. Là Giscard d'Estaing a supprimé cette loi...!! Empêchant ainsi des tas de gens de se mettre à la terre, ou d'avoir, du moins, leurs points de survie.
Aujourd'hui cela coûte beaucoup plus cher... Nous avons rencontré alors les professeurs les plus réputés en matière d'agriculture biologique, tel en 1970, Claude Simonnot. Il savait où en était la situation sur le plan européen pour avoir été le délégué SNCF à l'unification des réseaux européens. La biodynamie, il la connaissait en Hollande, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne, Suisse... Dans toutes ses dimensions, théoriques et pratiques, juridiques et historiques...
En 1983, nous fondons l'Ecole avec une équipe compétente de scientifiques. Il ne s'agissait pas de faire de l'éthno-agriculture, mais de marier la tradition à la science la plus moderne. Nous proposons le BEP agricole officiel ce qui, le "hasard" de la vie aidant, nous a fait venir des jeunes qui se sont tous révélés exemplaires et non hasardeux.En 1986, nous sommes officiellement reconnus par l'Education Nationale et le Ministère de l'Agriculture, à la fois pour le BEP et pour un Certificat de Spécialisation en Agriculture Biologique (IIIème cycle). Pour ce dernier, l'impératif catégorique d'admission est soit le diplôme d'ingénieur agronome, soit un Troisième Cycle scientifique, soit le BTS. C'est un cycle de 5 mois, qui coûte actuellement 15 000 francs aux stagiaires, frais d'hébergement compris. Nous n'avons jamais reçu de subventions, et si ce système fonctionne, c'est grâce à l'ensemble des professeurs qui ont décidé d'enseigner au départ pour leurs seuls frais de déplacements, respectant un célèbre adage biodynamisant.
Est-ce le seul Troisième Cycle d'agriculture biologique en France ?
Victor Michon : En fonction actuellement, oui. Mais il y a également l'IRAAB de Dominique FLORIAN qui a été reconnu officiellement en 1986 mais qui n'a pu enseigner que durant 15 mois. Par manque de subventions de fonctionnement malgré la qualité de leur travail et de leur équipe scientifique. Il y a également des modules d'enseignement d'Agrobiologie qui se sont mis en place dans de nombreux établissements d'enseignements agricoles ; mais cet enseignement se limite à apprendre le remplacement des engrais chimiques par les engrais organiques. On est loin du compte !! Ils ignorent la culture Microbiologique du sol et la pédologie. C'est à peine s'ils connaissent l'existence du compost...Cela dit, à terme, cela se modifie. Plusieurs lycées agricoles nous ont demandé de leur donner une formation. Ce qui fait que nous avons des sessions avec des élèves qui sont des enseignants de lycées agricoles. Avec l'Inra, c'est d'ailleurs la même situation. Après qu'ils aient mis à la porte le plus grand spécialiste français de cette question, Claude Bourguignon, pour ses engagements agrobiologiques, ils se sont préoccupés de monter une chaire de microbiologie des sols. Heureusement, il y a une justice dans le vivant ! Nous avons été reconnus, au même moment, comme la chaire de microbiologie des sols, et de pédologie. Ce qui fait que par notre intermédiaire, Claude Bourguignon enseigne les futurs membres de l'Inra sur ce sujet !!
Qu'elles ont été les difficultés majeures de ces dix dernières années ?
Victor Michon : Le poids économique, juridique et institutionnel subi par cette autre agriculture. Qui trop souvent a frisé la démence... Le poids des faits et des mentalités qui empêchent la constitution d'une production agrobiologique sur le segment du marché qui est le sien. Soit, en France, selon l'étude du Conseil Economique et Social : au moins 10 % dès 1987 et estimées par les analyses marketing françaises de 1993 à 30% !!!. Alors qu'il n'existe que 0, 4% d'agriculteurs biologiques, qui se sont tous, rappelons-le, installés sans aucune subvention (cela change de l'assistanat dans lequel sont tombés les agriculteurs conventionnels du fait de l'emprise du système sur l'agriculture...). Se posent une foule d'autres questions rattachées à la gestion des données, tel le blocage systématique des recherches et vérifications expérimentales en agriculture biologique par l'Inra..
Concrètement, cela touche d'abord l'installation de nos jeunes. Il va y avoir une grande masse de terres à reprendre. Il va falloir les reconvertir, ces terres. Les soigner. Il faut environ dix ans pour reconstituer une couche microbienne totale. Quand un jeune veut s'installer maintenant, on lui propose au mieux de l'argent à 6 ou 7 %. Avec cette charge, il est matériellement impossible de faire une bonne culture, avec de bons produits.
Surtout lorsqu'on sait que, depuis la Renaissance, l'agriculture n'a jamais rapporté plus de 2, 5 % du capital investi. En Allemagne, ils font des prêts sur 30 ans à 2 % !... Cela explique qu'il y ait plus de bios, de vrais bios, car ils n'ont pas besoin de tricher. De plus, ils reçoivent les subventions de la CEE pour l'agriculture biologique, celles là mêmes que l'état des choses nous empêche de toucher en France...
Il y a de faux agriculteurs biologiques en France ?
Victor Michon : Il y en a eu. C'est un secret de polichinelle, mais ils sont très minoritaires, et sur des opérations ponctuelles, de l'ordre de 7 à 8%... Nous avons fait le ménage avec la Coordination de l'Agriculture Biologique de France (CABF) et la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique (FNAB), sur ce sujet. Et mieux encore maintenant avec la nouvelle Coordination. Oui, il y en a, ou mieux, bientôt on pourra dire qu'il y en avait, que c'est une espèce en voie de disparition. A condition que le public soit informé.
Et comment voulez-vous qu'il en soit autrement ? Les contacts entre les vrais agriculteurs Bio français et les institutions européennes et nationales sont officiellement établis, mais financièrement et concrètement c'est inexistant ! Des organismes peu scrupuleux peuvent venir là pour faire leurs affaires commerciales. Dix millions de nos francs par ci, vingt millions par là... La Commission de Répression des Fraudes vient de sanctionner des organismes, repérés d'ailleurs par une journaliste allemande, qui a obtenu le témoignage direct des agriculteurs incriminés, qu'elle a tournés en vidéo.
Les faux bios ? Ce sont des agriculteurs qui reçoivent la visite d'offices ayant déposé des cahiers des charges biologiques, mais liés à des marques commerciales. Ces marques leur proposent de faire de la culture sans engrais chimique avec un prix de vente supérieur à la normale. Les terres n'ont pas connu la reconversion. Et l'année d'après, ils peuvent bien refaire de l'intensif, avec fongicides, etc. C'est de la Bio tournante. Les faux bios responsables, ce ne sont pas des agriculteurs, ce sont des commanditaires.
Car il faut se mettre à la place des agriculteurs : ils sont obligés de produire pour payer, comme tous les autres !! Songez que depuis la régionalisation, les taxes foncières locales ont décuplées en 10 ans. Songez qu'ici, le droit de fermage usuel auquel un propriétaire peut louer ses terres à un autre exploitant est INFERIEUR aux taxes et impôts divers !!
A ce tarif là, il est plus rentable de ne rien produire du tout ! Et laisser mourir les terres en friches... Total, les faux font comme les autres agriculteurs : ils font suer la terre. Ils y sont obligés ! Mais la terre, on ne peut pas la faire suer toujours. Trente ans, c'est vraiment le maximum.
Trente ans, c'est vite passé ! Regardez ici, en Bourgogne, l'agriculture chimique n'a commencé qu'en 1970, et aujourd'hui, c'est quasiment foutu. Les agriculteurs même farouchement anti-bio, s'en aperçoivent eux-mêmes : ils ont une baisse du rendement. Dans la Causse et la Brie aussi. Un type qui y faisait 100 quintaux en a fait 35 l'année dernière... Alors, au prix du remboursement foncier, des emprunts, des engrais, etc., cela n'est ni rentable ni tenable. Comment, en plus, demander à l'agriculteur de remplir son authentique fonction qui est de faire corps avec la terre ?!!
Quelles sont les solutions fondamentales que vous voyez à cette situation ?
Victor Michon : D'abord, pour l'installation. Il faudrait procéder à l'abolition de la loi mise en place en 65 par Valéry Giscard d'Estaing et rétablir le droit de déduire les déficits agricoles des revenus personnels. Les capitalistes pourraient alors placer dans la terre, et des agriculteurs s'installer dessus. A condition que cela soit exonéré d'impôts. Où est le type qui serait prêt, comme cela, à perdre de l'argent pendant 10 ans ? C'est impensable.
Aujourd'hui, il n'existe plus qu'un cahier des charges en Europe. C'est le travail qu'a fait Solange Fernex à la CEE. Les agrobiologistes sont peu ou prou tous regroupés dans une Interprofession : la Coordination de l'Agriculture Biologique et Biodynamique (CIAB). Tant mieux. Travaillons tous ensemble. La majorité sérieuse de la profession soutient le contrôle de la société ECOCERT, qui est la plus compétente et la plus fiable. Mais dans l'absolu, le contrôle devrait tout simplement être fait gratuitement par le Service de Répression des Fraudes. On n'a qu'à les initier. Il suffit de disposer de laboratoires. Au besoin, nous pouvons leur fournir l'analyse de la terre, des produits utilisés, et des produits finis. Normalement, pour la Bio, le contrôle devrait se faire en aval et en amont, laissant à l'agriculteur la liberté de choisir la méthode qui lui convient. Enfin, il faudrait procéder à l'analyse systématique des sols. Savoir si la terre est encore vivante. S'il existe encore une activité microbiologique du sol. Si le produit fini est apte à recevoir une côte supérieure aux autres, nous avons le laboratoire pour effectuer ces analyses. Et ce n'est pas l'Inra.
Ce laboratoire a été fondé par des particuliers, à leurs frais.
Suzanne Michon passe et commente en saisissant le fil de l'entretien à l'instant : Pour que les produits soient vraiment naturels, il faut en passer par une analyse du sol. C'est-à-dire la mesure de la fécondité de la terre. Ensuite seulement vient l'analyse des produits finis. Ce sont ces analyses que notre laboratoire maîtrise parfaitement aujourd'hui. On l'ignore complètement.
Puis elle repart... On se retourne de nouveau vers Victor Michon...
Que réclamez-vous pour l'Ecole de BEAUJEU ?
Victor Michon : Ce que nous réclamons en France, c'est qu'on nous donne une partie, ne serait-ce qu'une toute petite partie des fonds de recherche correspondant à cette direction. Nous sommes totalement exclus des mannes providentielles, et l'Inra ne peut et ne veut faire des recherches en agriculture biologique ! Ce n'est pas possible puisque les spécialistes travaillent, soit avec nous, soit avec l'IRAAB, après que l'Inra les ait limogés !! Qu'on nous donne ne serait-ce que 1 % de ce qu'on donne à l'Inra. Et nous ferons des recherches fructueuses nous permettant d'en donner les résultats, gratuitement, à tous les agriculteurs. C'est cela l'éthique. Et c'est ce que nous faisons déjà à nos propres frais. J'estime que la recherche en agriculture biologique doit être faite par des personnes qui possèdent au minimum les mêmes capacités scientifiques que les autres et non pas, comme c'est le cas, par des personnes qui n'ont aucune formation scientifique sur la question.
Comment voulez-vous que nous soyons contre la probité scientifique sachant que le fondateur de l'agriculture écologique, Rudolf Steiner, était docteur en sciences...Un exemple concret ? Nous avons obtenu de la CEE un fonds assez important pour créer un compagnonnage rural européen pour nos élèves diplômés, afin qu'ils puissent s'abreuver à des structures d'enseignement supérieur comparables à la nôtre. Pour apprendre un minimum de vocabulaire européen, se familiariser avec les régions et nous permettre d'élaborer une synthèse des pratiques des différents pays (altitudes, terrains, environnement, etc.). La pratique agricole, la recherche et l'enseignement en profiteraient. Cette somme a déjà été votée et budgétée par la CEE mais elle n'est délivrable que si le pays d'origine de la demande donne sa part. La France ne la donne pas.
Quel est le montant de la somme ?
Victor Michon : Quelques misérables millions d'anciens francs... Le deuxième exemple, ce sont les USA. Ils ont compris la situation en prenant, en 1986, la décision fédérale de ne plus soutenir que les Organic Farmers, ce qui correspond à l'agriculture biologique. Ils ont fondé l'enseignement de la biodynamie dans six universités, entre autres.
Nous connaissons plus particulièrement celui du Minnesota où a été fondée une chaire de biodynamie. Ils l'ont mise au point et ils continuent la recherche. Nous échangeons nos informations et en profitons d'autant plus qu'eux ont les fonds nécessaires pour faire de la recherche...
La biodynamie n'est-elle pas dépassée ?
VM : Les principes biodynamiques sont toujours valables, même si les principes actifs ont modifié leurs effets depuis les années 1920.. Mais évidemment à l'orée de la génétique et de l'ADN, des enzymes, les applications vont beaucoup plus loin. Les manipulations biodynamiques se sont également affinées. On utilise également l'homéopathie ce qui coûte moins cher et donne pour certains cas des résultats équivalents. Les dilutions homéopathiques favorisent un épandage sur les grandes exploitations. Ces grandes exploitations sont d'ailleurs la porte idéale pour un rayonnement important de l'agriculture biologique et biodynamique dans une région. Elles peuvent se payer un laboratoire de fabrication et de contrôle des préparations biodynamiques. En ce moment, ce sont de nombreux terroirs de vignobles esquintés par la chimie, les sols érodés, qui passent à la reconversion biologique, tandis que d'autres passent à l'amélioration (surtout des grands crûs) par les méthodes biodynamiques. Ce qui est étonnant en biodynamie c'est qu'elle nous rappelle l'importance de la présence humaine dans la réalisation du produit final. Si on fait une analyse par effet Kirlian avant, pendant et après une préparation biodynamique, avec ou sans la présence de l'homme, la différence est tout à fait nette. C'est incroyable ce que la simple présence des mains humaines peuvent modifier dans le vivant. Nul doute que l'état psychique de l'être qui travaille la terre influe beaucoup sur l'ensemble de son environnement...
Quelle est la situation de la viticulture, entre agriculture conventionnelle et agriculture écologique ?
Victor Michon : Le grand problème de l'agriculture chimique, c'est qu'elle met les mêmes produits sur toutes les terres. Or, ce sont précisément les goûts du terroir des produits français qui en ont fait sa réputation. Et ce sont ces goûts que font disparaître, d'année en année, ces produits chimiques. On nous répond : J'ai ainsi dégusté à Paris des beaujolais américains, de Californie. Même vin, même récolte, pratiquée sur 300 hectares. Celui-ci est pour les Allemands : arrière-goût de cerise. Pour les Anglais : arrière-goût de framboise. Celui-là? C'est pour les Belges.
Davantage de tanin... Un peu plus acide ? C'est pour les Français...Ici, en France, le directeur de la station oenologique de Beaune a été remplacé par un spécialiste ... des parfums ! L'ancien directeur a vu son laboratoire fermer. Il faut dire qu'entre L'Aile ou la Cuisse, il avait depuis longtemps choisi. Il enseigne chez nous. Cela dit, je suis serein. Les relations avec les agriculteurs conventionnels en difficulté se multiplient et s'approfondissent. Nos relations avec les institutions également. Loin des polémiques de l'esprit divisé, l'avenir appartient à l'agriculture écologique. Quelle que soit la lourdeur des obstacles, l'humanité s'en empare. Car elle est l'attitude consciente d'accompagnement des énergies terrestres et cosmiques qui réalisent la vie sur cette planète bleue et orangée, comme disait Eluard. L'homme réalisé a reçu la terre en héritage. Il doit assumer sa responsabilité vis-à-vis de tous les règnes de la Nature. Par l'Amour, la Sagesse et la Justice.
Que pensez-vous de la relation commerciale avec le consommateur de produits biologiques ?
VM : Si vous faites un produit de qualité, vous n'avez pas besoin d'une mention pour le vendre. J'ai ma propre mention pour le vin, mais je ne m'en sers même pas pour la petite production de l'Ecole. Je veux montrer qu'un produit de qualité, biologique, se vend au même prix que les autres. Pas plus cher. Le seul bémol serait une prime à la qualité, de 10%, pour ceux qui s'installent. L'erreur c'est de vouloir vendre plus cher. Si vous êtes réellement en Bio, il n'est pas possible d'être inférieur aux autres sur le plan gustatif et gastronomique. Si mon vin plaît, je signale alors qu'il est Bio.
Mais lorsque je vais boulevard Raspail, à Paris, au marché Bio, et que je constate que l'on a doublé les prix, je trouve cela scandaleux. Pourquoi faire payer les parisiens au-delà de ce qu'ils devraient payer ? Tout cela n'est que pure spéculation et ne rapporte finalement rien, ni à l'agriculteur, ni au consommateur. Mais cela crée des intermédiaires. La qualité à bon prix doit restreindre les intermédiaires et les spéculateurs. Qu'on enseigne la déontologie. dans les écoles, aux enfants. Que l'on n'apprenne pas aux gens seulement à gagner de l'argent. Mais à servir les intérêts de la terre, donc les nôtres, ceux de nos enfants.
La déontologie c'est aussi une science totalement oubliée, celle des devoirs réciproques. Elle fonctionne cette science.
L'Amour est Incorruptible.
La Qualité n'a pas de Prix.