La Stratégie Mondiale de la Conservation, publiée en 1980 conjointement par l'UICN, le WWF et le PNUE, a lancé le concept de développement durable et contribue de manière remarquable à la réconciliation des intérêts des communautés du développement et de la conservation.
C'est aussi vers 1980 que le thème des forêts tropicales commence à apparaître en force. 1985 est déclarée Année Mondiale de la Forêt par la F.A.O. qui lance une campagne internationale pour la protection des forêts, convaincue que l'humanité ne peut se permettre davantage de dommages, ni plus de diminution en ressources forestières mondiales. (Chaque année, 11 millions d'hectares de forêts tropicales disparaissent).
Dix ans après la Conférence de Stockholm, on constate un retournement de tendance en faveur d'un nationalisme plus étroit et une réaction contre la notion d'interdépendance mondiale, au Nord comme au Sud. Dans les décennies précédentes, les seuls motifs esthétiques et moraux inspiraient le message de la conservation des espèces. Or, malgré de nombreuses réussites, la situation mondiale ne cessait de s'aggraver.
De plus en plus, les groupes de conservation ont élaboré un nouveau motif de sauvegarde des espèces, dans l'espoir que l'accent mis sur les valeurs marchandes réelles et potentielles puisse renverser la tendance destructrice.
Ce motif, la conservation des ressources génétiques, apparaît vers les années 1984-1985.
Nous voyons aussi naître un nouveau domaine d'inquiétude: le développement fulgurant de la technoscience, comme les biotechnologies et les manipulations génétiques qui ne connaît aucun rempart éthique. Sa poussée est irréversible à moins d'une révision fondamentale de notre économie et de nos croyances. Le monde des écologistes militants est fortement secoué par le naufrage du Rainbow Warior en 1985, une affaire de piraterie d'Etat de la part du gouvernement français à l'encontre de Greenpeace.
La constitution progressive, dans de nombreux pays européens, de partis politiques "verts" correspond à un besoin que ressentent les militants écologistes qui n'ont plus confiance dans les autres partis politiques.