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1986 - 1992
Sommaire de l'Agenda 21
La déclaration de Rio
La catastrophe de Tchernobyl en avril 1986 marque de manière explosive et évidente la mondialisation des problèmes écologiques et de la conscience écologique."Comme le disent la Stratégie Mondiale de la Conservation (1980) et le rapport Notre Avenir à Tous (1987) nous devons assurer la préservation, conserver la précieuse beauté de la nature et la diversité biologique en les intégrant dans le processus de développement durable, qui garantit l'équilibre à long terme entre l'homme et la nature" (Martin Holdgate, Bulletin UICN avril juin 1988).Selon Maurice Strong, secrétaire général du Sommet de la Terre à RIO : en juin 1992, les spécialistes de la conservation doivent guider le monde vers des stratégies de conservation fondées sur une croissance réfléchie et un développement durable car "le développement durable est le seul qui ait un sens".
La parution du rapport Brundtland en avril 1987, la signature du Protocole de Montréal en septembre 1987 et la parution de la 2ème stratégie mondiale de la conservation en octobre 1991 sont trois grands jalons de l'émergence de l'écologisme planétaire, alimenté en permanence désormais par le débat sur l'effet de serre, les changements climatiques et l'interrelation entre l'environnement et le développement.
La communauté de la conservation a su porter ses intérêts dans l'arène politique et juridique. Elle est de plus en plus influente et les politiciens font de moins en moins la sourde oreille aux préoccupations écologiques légitimes de leurs électeurs. II reste encore beaucoup à faire mais on peut constater une nette généralisation de l'information sur le développement durable - à défaut de sa mise en pratique...Dès 1987 dans toute l'Europe, les universités organisent des séminaires sur ce thème. Pourtant n'est-il pas permis d'être sceptique devant le désamorçage complet de " l'écologie science subversive"(Paul Shepard, 1969) ?
Alors que le développement était jusque là condamné comme la source de tous les malheurs, c'est maintenant le développement durable qui s'instaure comme la solution à la crise écologique. Une autre manière de voir les choses serait de dire que nous vivons maintenant la grande réconciliation entre l'écologie et le développement. L'avenir nous dira si les effets en seront positifs...
Le thème de l'environnement commence à prendre
une importance sans précédent aussi bien dans la stratégie des entreprises que
dans le débat politique et dans les négociations
internationales.
Le périple désespéré en 1988 du navire allemand Karim B pour ramener sur sol européen les déchets toxiques refoulés par le Nigeria témoigne de la volonté de l'Afrique de ne pas devenir la poubelle de l'Europe. 1989 est la première année de la prise de conscience planétaire de l'écologie. Mais il y a encore loin de la prise de conscience à l'action de toutes les couches sociales et professionnelles. Pourtant on constate un décalage dans la préparation des conférences environnementales et les observations scientifiques entre la rive Nord et la rive Sud de la Méditerranée et notamment un faible niveau de participation de la part des ONG des pays arabes. La faible représentativité de celle-ci ne reflète pas les évolutions récentes de ces régions dans la démocratisation de la vie politique et sociale.
En Europe de l'Est, en deux ans, le militantisme écologique apparaît en pleine lumière dès 1990 et devient partie intégrante du nouveau paysage politique. Bien qu'il y ait peu de temps que les écologistes soviétiques jouent officiellement un rôle politique actif, les racines de leur mouvement sont profondes. Dans les années 1930, ils étaient attaqués par les Staliniens qui prônaient l'exploitation de la nature. Dans les années 1960, un mouvement estudiantin de protection de la nature se développait à l'université d'Etat de Moscou. Dans les années 1960 également, un mouvement composé d'écrivains, de scientifiques et d'intellectuels lançait une croisade pour le lac Balkal. En 1980 un autre mouvement similaire s'opposait à un plan grandiose visant à renverser le cours des fleuves de Sibérie (pour l'irrigation).
La catastrophe de Tchernobyl : En Ukraine, 2,4 millions de personnes dont 540 000 enfants vivent dans des régions touchées par les retombées radioactives. Plus de 12 % des terres arables du pays sont contaminées. Dans la zone d'exclusion entourant Tchernobyl, huit cents sites de stockage de déchets radioactifs contiennent en tout quarante millions de mètres cubes de substances dangereuses. Des spécialistes disent qu'il faudra des siècles pour que l'endroit redevienne sain. Une équipe de scientifiques américains a effectué l'an dernier une étude de la faune locale. Ils n'ont trouvé aucune trace d'animaux " mutants " ou déformés, contrairement à ce qu'annonçaient, au lendemain de la catastrophe de 1986 certains journaux à sensation. En revanche, des souris étudiées sur place portent dans leur ADN la trace d'une " évolution phénoménalement accélérée ", autrement dit, " une évolution comparable à ce qu'elle serait normalement au bout de 10 millions d'années ". Selon les chercheurs de Harvard, ces changements génétiques expliquent en partie l'abondance d'animaux dans la zone d'exclusion. L'un d'eux confiait son impression : " La campagne aux alentours de Tchernobyl sera repeuplée dans les années à venir, mais plus par des plantes, des insectes et des souris génétiquement adaptés que par des humains. " Et , dans notre série "Dormez braves gens ..pendant ce temps , on repeint tout en rose " : L'histoire d'un nuage radioactif en ballade Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, l'un des 4 réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Des débrits hautement radioactifs sont propulsés à plus de 2 000 mètres d'altitude. Les rejets se poursuivent pendant 10 jours, formant d'immenses nuages radioactifs sur des millions de kilomètres carrés. La contamination sera maximale en Ukraine, Biélorussie, et Russie avec des secteurs chauds à plusieurs centaines de kilomètres de Tchernobyl, bien au delà des 30 km de la zone interdite. Emportés par les vents, les panaches radioactifs vont se répandre sur tout l'hémisphère nord. Ils atteignent les Etats-Unis le 5 Mai, simultanément par l'Atlantique et le Pacifique. Mis à part les trois
La France en 4 jours Tchernobyl se trouve en Ukraine à 130 km au nord de Kiev, à plus de 2 000 km de la France. Dès le 26 Avril, la contamination s'étend rapidement : si au sol les vents sont faibles, en altitude ils soufflent du sud/sud-est à environ 30 km/h. Le nuage gagne rapidement la Biélorussie et la Pologne , progresse le 27 vers la Finlande et la Suède où des balises de surveillance vont permettre, le 28 Avril, de donner l'alerte. A cette date, les vents soufflent de l'est et porte la contamination vers l'Europe centrale. Le territoire Français est atteint le 29 Avril et presqu'entièrement recouvert le 1er Mai. Le 29 Avril, alors que le nuage radioactif aborde les frontières Françaises, Le Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants ( SCPRI* ) publie un premier bilan. [ A Tchernobyl ], en ce qui concerne les populations, il y a certes un problème d'hygiène publique, mais Pas de réel danger et certainement pas plus loin que 10 à 20 km au nord de la centrale. (...)En France en tout cas, compte tenu de la distance et de la décroissance dans le temps, si l'on détecte quelque chose il ne s'agit que d'un problème purement scientifique.. Avant meme que la contamination ne commence, il est établi qu'en France , la contamination sera nécessairement infime. Trois jours plus tard, c'est bien ce message que les populations découvrent dans leurs journeaux. Libération indique que La légère hausse de radioactivité décelée dans le sud-est n'est pas significative selon le SCPRI*Le figaro affirme que " des particules radioactives ont été détectées dans le sud-est de l'hexagone Mais en quantité trop faible pour présenter le moindre danger." ![]() Alors qu'on annonce ainsi l'arrivée de traces de particules sur le sud-est, le nuage radioactif a franchi les frontières de l'exgone depuis 3 jours, recouvert la veille la quasi-totalité du territoire et en occupe encore un large tiers !. Durant toute la période critique du début Mai, les responsables répètent aux populations que la situation est normale. Un document de référence , rédigé par le SCPRI, est diffusé début mai à tous ceux qui doivent prendre des décisions et renseigner le public : préfets, agences de presse , centre anti-poison, répression des fraudes, pharmaciens, chambres de commerce, INC, etc le message est clair Il faudrait imaginer des élévations dix mille à cent mille fois plus importantes pour que commencent à se poser des probllèmes significatifs d'hygiène publique.Fort de cette assurance, les relais locaux vont convaincre ceux qui s'interrogent de ne rien modifier à leur habitudes . On montre du doigt les mesures conservatoires prises par l'Italie, l'Allemagne, ou la Grèce : Bétail enlevé des paturages, controle des végétaux, et du lait, nettoyage des bacs à sable, etc. Le communiqué publié le 6 mai 1986 par le ministère de l'agriculture donne de l'accident le bilan officiel et définitif : Le territoire Français en raison de son éloignement , a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l'accident de TchernobylDans le même temps, un groupe de Drômois qui créera quelques jours plus tard la CRII-RAD a réalisé des prélèvements d'eau, de sol et des végétaux et les a confiés au Pr Béraud (INP de Lyon ) pour analyse. Les résultats révèlent l'ampleur de la contamination et sont aussitôt rendus publics. " Le mensonge radioactif " s'étale ainsi, le 12 mai, en première page de libération D'aucuns s'efforcent depuis lors de réécrire l'histoire : de squelettiques revues de presse, avec des effets de zoom sur " les traces de particules ", sont censées prouver que les populations ont bien été informées. Ces tentatives révisionnistes n'ont pas réussi à effacer de la mémoire collectie le souvenir de ce nuage radioactif miraculeusement bloqué aux frontières. La contamination des sols , tableaux des relevés de césium 137 dans quelques villes de France Introduction : Les faits marquants de l'année écoulée Sûreté de la centrale Chapitre I : Tchernobyl en quelques chiffres Chapitre II : Le « sarcophage » et les réacteurs de la centrale de Tchernobyl 1. Amélioration de la sécurité du « sarcophage » du réacteur accidenté Chapitre III : Les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl 1. Conséquences sur les populations des territoires les plus contaminés Chapitre IV : L'environnement à Tchernobyl et la gestion des territoires contaminés 1. Etat de la contamination des sols Chapitre V : L'impact en France des retombées de l'accident de Tchernobyl 1. Les principaux résultats concernant les conséquences radiologiques et dosimétriques de l'accident de Tchernobyl en France Chapitre VI : Coopération internationale pour Tchernobyl L'Initiative Franco-Allemande 1. Le contexte |