Robert Hainard
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Biographie -Bibliographie - Article de presse
Biographie :
- 1906 Naissance de Robert Hainard à Genève le 11 septembre. Ses parents, tous deux peintres gagnaient leur vie grâce au dessin industriel et à l'illustration. Plus tard, ils firent de l'enseignement privé, puis le père de Robert Hainard devint professeur aux Arts industriels et aux Beaux-Arts, et sa mère enseigna le dessin aux apprenties des cours professionnels
- 1916 Le jeune Robert fait sa première gravure dans un morceau de bois, à l'aide d'un canif, il se met aussi à tailler des animaux de bois et à les enluminer
- 1918 Il quitte l'école primaire, et, pendant les deux années suivantes, son père, tout en veillant à son instruction générale, commence à lui enseigner le dessin et la géométrie descriptive
- 1921 Robert Hainard entre à L'Ecole des Arts industriels dans la classe de son père, où il fait un apprentissage de sculpteur sur bois durant quatre ans. Dès la première année, il rencontre Germaine de Roten, sa future femme, ils se passionnent tous deux pour les gravures japonaises. Elles donnent à Hainard l'envie d'allier son goût de la nature, de la couleur, du travail manuel et du bois.
- 1925 Première exposition : des petits animaux sont présentés à l'Exposition internationale des arts décoratifs de Monza
- 1926 Certificat de capacité de sculpteur sur bois, Robert fait alors une année de sculpture sur pierre aux Arts industriels
- 1927 C'est par un coup de main heureux, un papier et un encrage favorables qu'il trouve son procédé de gravure.
- 1928 Obtention durant trois ans de la bourse fédérale des Arts décoratifs
- 1929 Au Salon genevois de l'oeuvre, Robert Hainard expose ses premières estampes qui intriguent les spécialistes. Pour trois ans, il obtient la bourse Lisignol. Il épouse Germaine de Roten.
- 1930 Le jeune couple s'établit à Confignon (Genève). Robert se consacre à l'observation de la nature, de près ou de loin, ce qui donne naissance à des milliers de croquis, de gravures et d'impressions de ses estampes, de sculptures sur bois, sur pierre ou sur céramique. Il participe à de nombreuses expositions genevoises et suisses, à d'innombrables illustrations d'articles ou de livres ayant plus ou moins trait à la nature.
- 1932 Observation d'animaux dans les Cévennes et dans les Causses avec l'ornithologue Olivier Meylan
- 1934 Victoire du concours de paysage Calame, ex-aequo avec Paul Mathey et Rodolphe Dunki
- 1936 Naissance de son fils Pierre. Robert Hainard gagne un premier tableau scolaire (série animaux) en concours restreint organisé par la Confédération. Il en fera beaucoup d'autres par la suite.
- 1938 Il gagne à nouveau, ex æquo avec Rodolphe Dunki, le concours Calame. En Bulgarie, il observe son premier ours, y séjourne deux mois, invité par le roi Boris, qui connaissait ses travaux de naturaliste par son ancien précepteur. Les Hainard s'installent à Bernex, dans la campagne genevoise.
- 1939 Exécution d'un Groupe de Chamois, pour l'Exposition nationale de Zürich
- 1942 Naissance de sa fille Marie
- 1943 Robert Hainard écrit son premier livre Et la Nature ?, qui se compose de réflexions sur la disparition de la nature devant la civilisation.
- 1946 Il illustre le Roman de Renart de douze bois en couleurs.
- 1947 A l'occasion de la 127ème assemblée de la Société helvétique des sciences naturelles, le Museum de Genève expose l'ensemble des gravures de Robert Hainard acquises par le Musée des beaux-arts.
- 1948 Dès cette époque, de nombreux voyages se succèdent. Ici sont retenus les premiers voyages effectués dans chaque pays. En février, Robert Hainard fait des observations en Tchécoslovaquie, il y voit son premier loup. En juin-juillet, il est en Laponie. Il revient par la Norvège et Stockolm, où il observe des castors et des élans.
- 1951 Il fait aussi de nombreuses études sur les castors en Suède centrale.
- 1952 Il expose au Cabinet des estampes du Musée de Genève une suite de quarante gravures sur bois, Nuits d'Hiver au Bord du Rhône, suite à laquelle il travaille depuis quinze ans.
- 1953 Voyage à Majorque, puis en Slovénie, où il fait des études d'ours
- 1955 Il recherche des loups en Croatie durant six semaines en janvier et février, en août et septembre, il fait de bonnes études de loups et d'ours en Slovénie.
- 1956 En février-mars, Robert Hainard inaugure les échanges artistiques polono-suisses par une exposition de gravures et de sculptures à Varsovie. Il y fait un séjour de trois semaines à la recherche de lynx et fait des études de bisons à Bialowieza.
- 1957 Voyage en famille au Kosmet, en Serbie du Sud, puis retour par le Monténégro et la côte dalmate. Robert Hainard taille une ours de grandeur naturelle en pierre de Bex, d'après une étude taillée au couteau en forêt.
- 1958 En mai et en juin, voyage en Yougoslavie à la recherche de chats sauvages. En septembre, première exposition complète de son oeuvre gravé au Comptoir suisse de Lausanne
- 1959 Voyages au Banat, dans les Pyrénées françaises, en Macédoine, au Pays de Galle
- 1960 Mariage de sa fille avec Leopold Pflug
- 1961 Il passe l'été à Derborence, et l'automne en Bosnie, en famille, pour observer les ours.
- 1962 Déplacements en Bourgogne pour observer des sangliers et des chats
- 1963 Voyages en Angleterre et Ecosse. Naissance du petit-fils de Robert Hainard : Olivier
- 1964 Voyages en Belgique et Hollande, et dans le Delta du Guadalquivir
- 1968 Voyage en Afrique orientale, naissance de son petit-fils Denis
- 1969 Robert Hainard devient Dr ès science honoris causa de l'Université de Genève (1969)
- 1971 Voyages en Ouganda, au Kenya, en Tanzanie
- 1975 Mariage de son fils avec Sylvie Curchod
- 1976 Voyage en Islande, avec sa femme et son fils
- 1977 Voyage en Inde
- 1978 naissance de la fille de son fils, Sophie
- 1983 naissance de la deuxième fille de son fils, Elodie
Biographie basée sur BLANCHARD Maurice, Robert Hainard, Neuchâtel, La Baconnière, 1985, pp. 23-28
et élaborée par Caroline Rieder
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Bibliographie :
Et la nature ? Réflexions d'un peintre, Saint-Claude-de-Diray, Hesse, (1943) 1994
Nature et mécanisme, Neuchâtel, Coll. « Problèmes de la philosophie des sciences », Le Griffon, 1946
Mammifères sauvages d'Europe, 2 vol., Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, (1948-1949) 1997
Jagd mit dem Skizzenblock, Zürich und Stuttgart, Rotapfel Verlag, 1966
Défense de l'image, Boudry, La Baconnière, 1967
Chasse au crayon, Boudry, La Baconnière, 1969
Expansion et nature, Paris, Le Courrier du livre, 1972
Les réserves naturelles, Prilly-Lausanne, Ed. Avanti, André Eiselé, 1973
Croquis de terrain, Lausanne, Payot, 1975
Quand le Rhône coulait libre, Genève, Tribune Editions, (1979) 1989
Images du Jura sauvage, Genève, Tribune Editions, (1983) 1987
Le guetteur de lune, Paris, Hermé, Genève, Tribune Editions, 1986
Le miracle d'être. Science et nature, Paris, Ed. Le Sang de la terre, 1986 et 1997,
nouvelle édition augmentée de Nature et mécanisme paru en 1946
Défense de l'image,Neuchâtel, La Baconnière, 1987
Le monde sauvage de Robert Hainard, Paris-Gembloux, Duculot, Genève, Tribune Editions, 1988
Nuits d'hiver au bord du Rhône, Genève, Tribune Editions, 1988
Croquis d'Afrique, Genève, Tribune Editions, Blois, Editions Hesse, 1989
Germaine Hainard-Roten, Genève, Tribune Editions, 1990
Le monde plein, Veyrier, Ed. Melchior, 1991
(bibliographie élaborée par Caroline Rieder)
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Relire les pensées de Robert Hainard
Bien avant que l'écologie soit à la mode, le sculpteur, graveur, dessinateur genevois
prenait position en faveur de la nature
Philippe Dubath
Ecologie: voilà un tout petit mot qui est devenu bien grand, à force d'être utilisé, récupéré, tordu, mais aussi chanté (heureusement) au cours des dernières décennies. Avant qu'elle soit à la mode, et donc qu'elle possède ses partisans et ses adversaires, l'écologie eut ses précurseurs. Ces gens qui avant les autres surent regarder, observer, constater, puis tirer à leur manière la sonnette d'alarme, histoire d'avertir le grand public, lequel marchait dans le sens qu'on lui indiquait sans trop se poser de questions.
Parmi ces êtres perspicaces, liés de près à cette nature qui les faisait palpiter: Robert Hainard. On connaît le talent de cet homme -aujourd'hui âgé de 92 ans- dont les sculptures et surtout les gravures et peintures animalières ont fait pour le moins le tour del'Europe, sinon circulé sur la planète tout entière. Mais sait-on assez que ce Genevois a manié la plume avec sûreté et virulence, et écrit plusieurs livres dans lesquels, précisément, il s'interrogeait sur l'horizon promis à ce monde pris dans la tourmente technologique et industrielle. Les Editions Sang de la terre ont ainsi réédité récemment "Nature et mécanisme" publié en 1946 (Griffon, Neuchâtel), cette fois-ci sous le titre "Le miracle d'être", dans lequel Hainard dévoile sa philosophie, et dans lequel il cerne l'opposition de la nature et de la civilisation.
Extraits:
"Je n'ai personne à rendre responsable de ma passion de la nature. Elle est le fruit inévitable de mon goût d'être pleinement"
"Lorsqu'il m'est donné de voir la bête dans sa libre allure(...), c'est toujours une révélation toute neuve. L'idée même qu'elle pourrait être anéantie me donne des transes."
"La Société. de plus en plus, s'intéresse au développementde l'individu? Mais c'est encore une ruse(...) Elle l'enrichit, mais de plus en plus elle dirige ces enrichissements. Elle lui prépare les cadres, les casiers où toute cette matière viendra s'emballer sans trouble et sans à-coup. La réalité concrète, la nature est toujours nouvelle, étonnante, bouleversante."
"Le plus tragique, ce n'est pas le manque de nature, c'est qu'elle diminue. Je veux le renversement de la tendance. Et je veux non seulement le plus de nature possible, mais avec le plus possible de civilisation."
"Si le savant n'est que scientifique, s'il n'est pas du tout intuitif, artiste, poète, mystique (...), il n'est qu'une brute scientifique...S'il ne s'accroche pas durement à l'analyse, à l'expérience, à l'action, le poète est une brute poétique."
Ecrit en 1946!
"Le miracle d'être", Robert Hainard, Edtions Sang de la terre"
Cet article de Philippe Dubath
a été repris du journal Le Matin
Site de ce journal: Edicom.ch/matin -