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« Etre antinucléaire çà n'a plus de sens »
Mme Lauvergeon "Journal du Dimanche" 4 Mai 2003

 




Pub d'Areva dans le Journal du Dimanche, Mme Lauvergeon dans un sublime patchwork de poncifs et d'imprécisions vend son pois(s)on au bon peuple comme à Marseille sur le Vieux Port ... mais en moins drôle !

Le problème c'est que çà passe et que mon beauf se contente de ces conneries comme il s'est contenté des soupçons concernant d'éventuelles armes de destruction massive pour aller foutre une pâtée à Saddam ..

Bravo pour la comm .. . Bravo pour la prime à l'efficacité Mme Lauvergeon ..

Par contre question honnêteté intellectuelle , visiblement vous n'êtes pas payée pour çà !

Si la comm et la civilisation du packaging se contentent de ces belles phrases,  sachez que de notre côté nous continuerons à tenter de démonter toutes ces tentatives de magouille-agreement pour lequelles on ne vous en veut même pas tellement ces méthodes visant à maquiller la vérité sont devenues monnaie courante[ ce qui , vous en conviendrez en très privé , entre vous et l'Eternel , quand vous le rencontrerez ..ne les excusent pas et n'est pas rassurant quant au niveau moral de l'humanité !]. Rassurez vous. Vous n'êtes pas la seule si l'on en croit les scandales récemment déballés autour de Total Fina Elf , du Chef de l'Etat .;etc..

D'où ces quelques lignes en hommage à ceux de mes contemporains qui osent encore douter ...



 
 
"Dans les cinquante prochaines années la consommation d'énergie va doubler dans le monde..Si on ne fait rien aujourd'hui , on va au devant d'une catastrophe climatique"

Anne Lauvergeon 
"Etre antinucléaire, çà n'a plus de sens"
Journal du Dimanche - 4 Mai 2003



"On présente généralement le nucléaire comme la solution permettant de réduire les émissions de CO2, donc l’effet de serre ; le faire de manière aussi réductrice revient à oublier de prendre en compte les problèmes liés au stockage des déchets. Pour sortir de ce schéma implicite, les auteurs du rapport ont proposé une méthode que la CFDD juge intéressante : valoriser la tonne de déchets nucléaires hautement radioactifs évitée durant la période 2000-2050, comme on valorise la tonne de gaz carbonique évitée, dans le cadre des accords de Kyoto à travers la mise en place d’un mécanisme d’échange, " les permis négociables ". Cette approche permet une comparaison plus juste des filières fossile et fissile. Sans ce parallèle, l'option nucléaire bénéficie d'un avantage comparatif que les nuisances liées au cycle du combustible nucléaire ne justifient pas" 
Commission Française du Développement Durable
Dans le genre affirmation gratuite et ridicule on ne fait pas mieux ..Qui ose encore sérieusement aujourd'hui prévoir à plus de 10 ans ? Ce n'est pas parceque votre logique [du fait du démantellement des centrales , de leur renouvellement , du traitement des déchets ..etc..] vous oblige effectivement à raisonner surde telles échelles de temps ..que celà justifie votre politique ..
Le problème que nous dénonçions il y a trente ans ( quasiment en même temps - 1979 - que ce problème de l'effet de serre que vous ne découvrez que maintenant qu'il peut être utile à votre argumentation pipeau ) c'est que c'est votre [ou du moins celle de ce groupe dont vous avez épousé les intérêts ] logique du tout nucléaire qui a violé pour la première fois ce vieux principe de l'Humainté qui consistait à ne pas laisser à la génération suivante plus de problèmes que nous n'en avions trouvé en venant sur cette planète ! 
 

Planétécologie - l'Encyclopédie du Développement Durable en ligne
http://www.planetecologie.org
 
 
 
 
 
 
 

 

"Le nucléaire est l'une des énergies les moins chères avec l'hydraulique ..Elle ne dégage pas de CO2 et elle n'est pas soumise aux aléas géopolotiques..On peut dès aujiourd'hui en prévoir le coût dans trente ans"


"De nombreux organismes de recherche et de conseils en énergie ont conclu qu'en tenant compte des frais réels le nucléaire est beaucoup plus coûteux (et hasardeux) que tous les autres modes de production d'électricité . Les estimations réalistes du coût du kilowattheure (intégrant les frais de démantèlement des réacteurs et de la gestion des déchets) découragent les compagnies privées. De surcroît, les compagnies d'assurances refusent d'assurer les réacteurs. D'où un fait hautement significatif : partout où existe un marché compétitif de l'énergie, aucun pays n'investit dans le nucléaire. Seuls les pays à monopole (la France, le Japon et quelques autres) continuent dans cette voie. Résultat : l'énergie totale émise par les réacteurs n'a pas augmenté de plus de 6 % pendant les dix dernières années (moins de 1 % par année)."
Hubert Reeves : le nucléaire n'a pas d'avenir 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Anne Lauvergeon 
"Etre antinucléaire, çà n'a plus de sens"
Journal du Dimanche - 4 Mai 2003

Petit air de pipeau en musique de fond ..Le prix de l'électricité nucléaire est un mythe soigneusement repeint chaque année ..
S'il est relativement bas c'est probablement parceque par des montages comptables savants et avec des calculs d'amortissement basés sur des périodes de l'ordre de celle que vous mentionniez ci dessus ..vous ne prenez quasiment pas en compte réel [ en argent que celà côute maintenant au contribuable ] le coût des déchets , du démantellement , etc..

Une fois de plus et même dans vos méthodes comptables , vous refilez le bébé et l'eau contaminée aux générations futures ! Et vous voudriez nous faire croire que des "aléas historiques" tels que la chute du mur de Berlin ou le 11 Septembre 2001 ..ne peuvent pas remettre en cause violemment cette machine économique sur laquelle repose une partie de votre raisonnement ..Avec toutes les conséquences sur l'entretien des sites décharges 

Peut être que l'une des raisons de ce miracle du nucléaire bon marché ..viendrait en partie du rachat des déchets de la filière ..par la filière militaire officielle et non officielle ?

Vous avez remarqué, je pense, qu'une fois que le pli de l'opacité est pris ..on arrive vite dans la monde militaire !

Vous n'intégrez pas non plus , je pense , les gâchis tels que Superphénix [50 Mds de Francs à la poubelle ]..Bref , comme nous ne sommes pas comptables et que nous n'avons pas accès aux secrets de vos comptes ..et vu la transparence de votre passé ..nous nous autorisons à douter et laissons la parole au rapport cité ci dessous et produit par la Commission Française du Développement Durable qui dit en substance "...La CFDD regrette que d'autres éléments soient passés sous silence, particulièrement de nombreuses externalités, négatives ou positives : risque d'accident majeur, risque de dissémination, coûts de surveillance des déchets, évaluation des éventuelles subventions qui ont été fournies à la filière nucléaire, signification pour la société, modes de vie, emploi, etc." ...
 

Vous nous décevez Madame Lauvergeon : Aux échecs il ne faut jamais prendre son adversaire pour un imbécile !
 

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"Les gens qui ont décidé [dans des pays tels que la Belgique et la Suède] de sortir du nucléaire l'ont fait sans réelle discussion ..Il y a là beaucoup de dogmatisme ..La sensibilité écologique est nées dans les années 70 sur l'opposition au nucléaire ..qui , il est vrai , avait été imposé alors sans beaucoup de discussion "
 

Anne Lauvergeon 
"Etre antinucléaire, çà n'a plus de sens"
Journal du Dimanche - 4 Mai 2003


 
 
 
 
 
 
 
 
 

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"La nouvelle génération , l'EPR , sera 10% moins chère, produira 15% de déchets en moins..er sera encore plus sûre"

Anne Lauvergeon 
"Etre antinucléaire, çà n'a plus de sens"
Journal du Dimanche - 4 Mai 2003

Non Si nous réussiissons à en amortir le coût en disséminant notre technologie dans le monde ..D'où le nouvel argument "nucléaire..pas d'effet de serre" ?

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Non la France n'est pas la poubelle nucléaire de l'Europe ..Nous avons développé des techniques permettant de recycler 96 % des matières contenues dans les combustibles

Anne Lauvergeon 
"Etre antinucléaire, çà n'a plus de sens"
Journal du Dimanche - 4 Mai 2003


Recylées dans les applications militaires .?

L'étude économique prospective de la filière électrique nucléaire prouve que le discours du Ministère de l'industrie et de la compagnie générale des matières nucléaires (Cogema), qui prétend que le retraitement divise par six la quantité de déchets générée, n'est pas exact.

Commission Française du Développement Durable


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Mme Lauvergeon ..peut être qu'à vos yeux , être antinucléaire çà n'a pas plus de sens ..Est que l'honnêteté intellectuelle en ont encore ? Dire que le roi est nu n'est pas boursicotement correct ..mais, nous , celà nous fait du bien


Une étude économique prospective de la filière électrique nucléaire a été réalisée à la demande du Premier ministre et rendue publique le 28 juillet 2000 (rapport Charpin - Dessus - Pellat). Partant du parc nucléaire existant en France et de la nécessité d’envisager l’évolution du système de production électrique, elle révèle que le retraitement du combustible nucléaire irradié en vue de le recycler n'est pas efficace au regard du traitement des déchets, ni justifié sur le plan économique.

Le gouvernement doit réagir aux rapports qu’il commande

Le gouvernement n'a donné actuellement aucune suite à ce rapport. La CFDD [Commission Française du Développement Durable ] se réjouit certes que gouvernement et Parlement soient à l’origine de multiples rapports, mais elle déplore que les commanditaires n’aient pas l’obligation d’organiser des débats autour de ces rapports ou d’indiquer quelles conséquences ils en tirent en termes de politiques publiques. La CFDD estime en effet crucial de permettre à une opinion publique dûment informée en matière de politique énergétique, de faire valoir ses attentes à l’égard du monde qu’elle souhaite léguer à sa descendance.

Une bonne méthode d’élaboration pour un rapport sur une question conflictuelle

La CFDD a été vivement intéressée par la méthode de travail suivie par les auteurs du rapport qui n’avaient jamais caché leurs divergences sur une question évidemment conflictuelle.

Cette méthode pourrait être suivie pour d’autres questions controversées.

Les auteurs ont dans un premier temps rassemblé des données qu’ils ont soumises à la critique de chacun. Une fois l’accord obtenu sur des données physiques ou économiques non contestées, ils se sont entendus sur les règles de confection de scénarios, acceptant d’avance les résultats inattendus auxquels ils pourraient aboutir, et n’ont pas préconisé de solutions, sachant qu’ils n’auraient pu se mettre d’accord, in fine, sur des conclusions. Il en est résulté la production d’une base factuelle large, qui regroupe éléments techniques et économiques sur lesquels un accord a pu être trouvé. Cette méthode a l’avantage de donner au pouvoir politique des éléments non contestés sur lesquels il est libre de prendre des décisions informées par les experts sans que le contenu ne lui en soit dicté. En revanche, la CFDD regrette que d’autres éléments soient passés sous silence, particulièrement de nombreuses externalités, négatives ou positives : risque d’accident majeur, risque de dissémination, coûts de surveillance des déchets, évaluation des éventuelles subventions qui ont été fournies à la filière nucléaire, signification pour la société, modes de vie, emploi, etc.

Les coûts liés au parc existant n’appartiennent pas qu’au passé

Le rapport évalue les coûts liés au parc existant (58 centrales) en tenant compte de la durée de vie des centrales, de leur qualité d’usage (coefficients d’utilisation, de disponibilité, etc.) et de la poursuite, du renforcement ou de l’arrêt des procédures de retraitement et recyclage du combustible irradié. Il apparaît, contrairement à ce qui était généralement avancé, que les coûts d’exploitation des centrales nucléaires représentent une part élevée des coûts cumulés (43%) alors que le coût du démantèlement est relativement faible (de l’ordre de 5 à 6%).

L’intérêt du retraitement est discutable

Depuis l'arrêt en 1997 de Superphénix (qui brûlait du plutonium), le plutonium issu du retraitement des combustibles usés sert à fabriquer du MOX (mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium) utilisé comme combustible dans certains réacteurs, aux côtés de l’uranium enrichi. Le rapport démontre la faible efficacité de cette option retraitement - recyclage, le MOX n'étant économiquement recyclable qu'une fois. La seconde fois, le coût du retraitement devient trop élevé. Ensuite, la quantité de poisons dans le combustible irradié rend techniquement inenvisageable tout nouveau recyclage. Or, un seul cycle de retraitement du MOX ne réduit la consommation d'uranium naturel que de l'ordre de 5% et la production de transuraniens (plutonium et actinides mineurs) de 12 à 15%. La quantité de déchets dangereux n’est donc que faiblement diminuée par l’opération.
Par ailleurs, l’avantage financier de l'économie d'uranium ne compense pas le coût du recyclage. Chaque tonne de transuraniens évitée en poursuivant le retraitement au-delà de 2010 coûte 0,4 milliard de francs. Au total, le retraitement coûtera environ 40 milliards à la France pour éviter de produire de l'ordre de 100 tonnes de transuraniens sur un total d’environ 500 tonnes prévues pour 2050 (à la fin de vie du parc).
Enfin, le rapport révèle une différence majeure entre la gestion de l'uranium (UOX) irradié et celle du MOX irradié. Avant de stocker ces déchets de façon définitive, il faut les entreposer - et les surveiller - dans des piscines. Or, l'UOX doit être entreposé 50 ans avant de pouvoir être stocké alors que le MOX doit être entreposé 150 ans. De ce fait, si l'on entrepose à partir de 2020, il faut s'organiser jusqu'en 2070 pour l'UOX et jusqu'en 2170 pour le MOX, ce qui représente un changement d'échelle de difficultés au plan de l'organisation.

Sur la base de ces résultats, la CFDD relève trois éléments

1) L'étude économique prospective de la filière électrique nucléaire prouve que le discours du Ministère de l'industrie et de la compagnie générale des matières nucléaires (Cogema), qui prétend que le retraitement divise par six la quantité de déchets générée, n'est pas exact. Le gouvernement dispose ainsi, depuis huit mois, d'un rapport qui contredit sa justification officielle de poursuivre le retraitement.

2) La CFDD juge que l'option MOX n’est pas équitable pour les générations futures car elle leur impose une gestion technique délicate de déchets sur une période de temps trois fois plus longue que pour l'option UOX (sans recyclage).

3) Cette option UOX, plus facile à gérer, économise environ 40 milliards de francs d’ici 2050 avec comme seul inconvénient une production légèrement plus forte de transuraniens. La CFDD estime que cette donnée très intéressante devrait être portée à la connaissance du public pour qu'il puisse, sur cette base, faire valoir son opinion sur le bien fondé de poursuivre le retraitement.

Sept scénarios, une conclusion : favoriser les économies d’énergie

La seconde partie du rapport compare sept avenirs énergétiques fixés à l'horizon 2050 pour tenir compte de l'inertie du parc. Sur la base d'une hypothèse commune de croissance économique (2,3% du PIB de 1998 à 2020 et 1,6% de 2020 à 2050), sept scénarios (trois pour une demande énergétique haute, quatre pour une demande basse) se distinguent sur le choix des filières (nucléaire, gaz, énergies renouvelables). Dans les scénarios nucléaires, différents types de réacteurs et de combustibles sont envisagés. Le rapport décrit les flux de combustibles et de déchets que chaque scénario engendrerait et les gestes techniques qu'il impliquerait, et présente un calcul des coûts cumulés à divers taux d'actualisation.
Une seule donnée économique significative émerge de cette évaluation : en permettant une basse consommation d'électricité, une forte maîtrise de la demande entraînerait une économie de l'ordre de 15 à 20% de la consommation, soit 15 milliards de francs par an, quel que soit le prix du gaz naturel. En outre, le coût de l’électricité au kWh des scénarios " basse demande d’électricité " est plus faible que celui des scénarios " haute demande d’électricité ". Autrement dit, la maîtrise de l'énergie apporte un gain considérable qu'aucune filière - nucléaire, gaz, énergies renouvelables - ne peut remplacer.

Nucléaire et effet de serre

On présente généralement le nucléaire comme la solution permettant de réduire les émissions de CO2, donc l’effet de serre ; le faire de manière aussi réductrice revient à oublier de prendre en compte les problèmes liés au stockage des déchets. Pour sortir de ce schéma implicite, les auteurs du rapport ont proposé une méthode que la CFDD juge intéressante : valoriser la tonne de déchets nucléaires hautement radioactifs évitée durant la période 2000-2050, comme on valorise la tonne de gaz carbonique évitée, dans le cadre des accords de Kyoto à travers la mise en place d’un mécanisme d’échange, " les permis négociables ". Cette approche permet une comparaison plus juste des filières fossile et fissile. Sans ce parallèle, l'option nucléaire bénéficie d'un avantage comparatif que les nuisances liées au cycle du combustible nucléaire ne justifient pas

Nucléaire [Avis de la CFDD]
Nucléaire [Filière électrique..]
Nucléaire (Sortie du) : quelles conséquences pour l'emploi ? : Malgré la rareté des études traitant de l'impact sur l'emploi d'une sortie du nucléaire, il semble possible de conclure qu'un simple remplacement du nucléaire par les combustibles fossiles n'aurait guère d'effet net sur l'emploi dans un sens ou dans l'autre. En revanche, il existe de bonnes raisons de penser qu'une sortie progressive basée largement sur les renouvelables et les économies d'énergie, surtout accompagnée d'un développement des transports en commun, créerait davantage d'emplois qu'elle n'en détruirait.
Nucléaire civil


L'énergie nucléaire a-t-elle un avenir ?, par Hubert Reeves

Dans son discours du Mont-Saint-Michel, Jacques Chirac s'est prononcé en faveur de l'énergie nucléaire. Elle comporte, a-t-il dit, des avantages indéniables pour notre indépendance et pour la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Voyons-y de près. Je vais donner les raisons pour lesquelles je pense que l'énergie nucléaire n'a probablement pas d'avenir.
Il y a près de trente ans, face à la crise du pétrole et au souci de maintenir une indépendance énergétique nationale, l'Etat a choisi la filière nucléaire. Dans les années 1980, la prise de conscience du réchauffement planétaire dû à l'accroissement du CO2 dégagé par la combustion du pétrole, du gaz et du charbon, ainsi que l'épuisement progressif de ces combustibles ont apporté un appui supplémentaire à la pertinence de ce choix.
Mais un rapport établi conjointement par l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) et par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), publié en 1999, affirme que les ressources d'uranium récupérables s'élèvent à 4 millions de tonnes (www.nea.fr , www.francenuc.org ). En 1998, les besoins annuels mondiaux des centrales nucléaires étaient estimés à environ 60 000 tonnes d'équivalent d'uranium naturel. A ce rythme, l'uranium sera épuisé bien avant la fin de ce siècle.
Aujourd'hui, la puissance nucléaire installée est de 350 gigawatts, soit environ 3 % de l'énergie dégagée dans le monde. Pour réduire de 50 % l'émission de gaz carbonique, il faudrait construire plusieurs milliers de nouveaux réacteurs.( ! ! ! )
Ceux-ci épuiseraient les réserves mondiales en moins de cinq ans et produiraient annuellement 150 000 tonnes de déchets radioactifs dont 1 500 tonnes de plutonium. Or les Etats-Unis ont déjà d'énormes difficultés à caser leurs quelques milliers de tonnes de déchets.
De plus, ce surcroît de la puissance nucléaire serait largement inutile dans la mesure où environ le quart de la dépense énergétique concerne le transport routier (voitures, camions, autobus), pour lequel la combustion du pétrole est indispensable.

Un autre quart sert au chauffage. Ici l'énergie nucléaire est utilisable ("chauffage tout électrique"), mais au prix d'un énorme gaspillage, inacceptable à une époque où les économies d'énergie sont un objectif de haute priorité. En fait, selon les évaluations les plus optimistes, l'énergie nucléaire ne devrait pas fournir plus de 10 % de l'énergie consommée en 2025. Sa contribution à réduire l'effet de serre restera négligeable. De plus, selon un rapport de la Commission européenne, les pays de cette Communauté ne possèdent que 2 % des réserves mondiales. Qui peut parler d'indépendance énergétique?
L'accumulation des déchets est un problème majeur du nucléaire. Ils s'élèvent à des centaines de milliers de tonnes déposées dans des lieux où on ne sait pas encore comment les traiter. Une solution possible se profile aujourd'hui : l'irradiation par des flux de protons, à un coût inconnu, mais certainement très élevé. Ce projet ne se réalisera vraisemblablement pas avant plusieurs décennies. Le démantèlement des réacteurs après leur arrêt définitif est à la fois long et coûteux. Il s'étalera sur plusieurs décennies. Le coût total de la mise à l'arrêt définitif de Superphénix est estimé à 2,4 milliards d'euros.
L'Argentine est passée d'un état de prospérité enviable au début du XXe siècle à une catastrophe financière aujourd'hui. Imaginons que, comme la France, ce pays ait la gestion de plusieurs dizaines de réacteurs nucléaires… Où trouverait-il l'argent pour les démanteler ? Aucun pays ne peut être assuré d'une stabilité financière de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles. Investir à cette échelle, c'est hypothéquer l'avenir d'une façon égoïste et irresponsable.
De nombreux organismes de recherche et de conseils en énergie ont conclu qu'en tenant compte des frais réels le nucléaire est beaucoup plus coûteux (et hasardeux) que tous les autres modes de production d'électricité . Les estimations réalistes du coût du kilowattheure (intégrant les frais de démantèlement des réacteurs et de la gestion des déchets) découragent les compagnies privées. De surcroît, les compagnies d'assurances refusent d'assurer les réacteurs. D'où un fait hautement significatif : partout où existe un marché compétitif de l'énergie, aucun pays n'investit dans le nucléaire. Seuls les pays à monopole (la France, le Japon et quelques autres) continuent dans cette voie. Résultat : l'énergie totale émise par les réacteurs n'a pas augmenté de plus de 6 % pendant les dix dernières années (moins de 1 % par année).
Tchernobyl et aussi les mensonges des agences officielles ont joué un rôle considérable dans la levée de boucliers et la résistance psychologique du public face à un retour du nucléaire. En 1999, une enquête d'opinion Ipsos pour l'hebdomadaire L'Express dans les quatre grands Etats membres de l'Union européenne dotés de centrales nucléaires montre que près de la moitié des citoyens s'opposent à tout développement tandis qu'un tiers prônent l'abandon total de cette filière. L'Espagne décrète un moratoire sur le nucléaire en 1984, renouvelé en 1992. L'Autriche abandonne le nucléaire en 1987 et l'Allemagne en 1989. Les Etats-Unis n'ont pas construit de réacteur depuis 1979, même si Bush et Cheney en reparlent du bout des lèvres.
En conclusion, l'énergie nucléaire n'a vraisemblablement pas d'avenir (sauf peut-être du côté de la fusion contrôlée, dont la réalisation semble encore bien hypothétique…). L'internationalisation des groupes énergétiques, l'ouverture à la concurrence et à l'environnement donnent maintenant toutes leurs chances aux énergies renouvelables qui, selon un rapport de l'ONU, pourraient fournir en 2055 plus de 50 % des besoins énergétiques de la planète, sans polluer l'atmosphère de gaz et le sol de déchets nucléaires. Et surtout sans hypothéquer l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.

Hubert Reeves est astrophysicien. Auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, ancien directeur de recherche au CNRS, il est président de la Ligue pour la préservation de la faune sauvage.

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