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L'ingéniérie du climat
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Changement Climatique
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L'ingéniérie du climat (climate engineering) consiste en mesures techniques visant à modifier, non pas le climat lui-même directement malgré l'intitulé, mais le bilan énergétique reçu du soleil ou le taux de CO2 présent dans l'atmosphère. L'intérêt de ces mesures radicales est de pouvoir continuer à utiliser par ailleurs les combustibles fossiles. On peut classer les actions proposées en trois catégories : renvoyer plus de lumière solaire vers l'espace, absorber plus de CO2 en augmentant le potentiel des puits naturels, enfin stocker directement le CO2 produit par l'homme. Ces recherches prolifèrent dans les revues scientifiques depuis une dizaine d'années. Certaines sont de manière évidente saugrenues, d'autres en revanche méritent d'être considérées. La plupart de ces recherches sont potentiellement dangereuses si l'homme s'amuse à l'apprenti-sorcier en les testant à grande échelle. Enfin, elles fournissent des arguments à ceux qui souhaitent que l'homme continue à consommer les énergies fossiles comme si de rien n'était, sous prétexte que la science et la technologie sauront toujours trouver une solution appropriée. Ce sont des solutions qui accentuent les incertitudes et accélèrent la course technologique effrénée de l'humanité.
Les sponsors de ces recherches sont nombreux et à chercher parmi les géants industriels de l'énergie : Statoil, Exxon, British Coal, Mitsubishi, Hitachi, Japan Gaz Association, American Gaz Association, Norsk Hydro, US Electric Power Research Institute... Renvoi de la lumière solaire : En dehors des propositions coûteuses ou farfelues comme étendre de gigantesques toiles métalliques réfléchissantes dans l'espace ou peindre les déserts en blanc afin d'augmenter leur albédo, la proposition la plus sérieuse faite dans cette direction de recherche est d'envoyer de la poussière ou des aérosols sulfatés dans la stratosphère. Cette méthode a déjà fait ses preuves involontairement dans les décennies suivant la deuxième guerre mondiale où la pollution atmosphérique visible a permis à l'hémisphère Nord de connaître un léger refroidissement. Cette poussière pourrait être rejetée à un moindre coût par les avions en la mélangeant à leur combustible. Elle a l'avantage et le désavantage d'avoir un effet de courte durée (quelques années) ce qui permet de l'interrompre à tout instant si cela s'avère nécessaire. Par contre, cette solution oblige de posséder sur le long terme les moyens techniques et financiers nécessaires pour attendre que le CO2 soit absorbé ou que les biotopes et les sociétés se soient adaptés, c'est-à-dire quelques siècles. On craint aussi que la présence supplémentaire d'aérosols dans la haute atmosphère associée à la présence de CFC accélère la destruction de la couche d'ozone. Le remède serait alors pire que le mal. Absorption du CO2 par les puits naturels : Une autre série de propositions visent à augmenter le pouvoir d'absorption des puits de CO2 naturels. Les plus classiques sont les forêts à replanter et à entretenir et les déserts à rendre à nouveau verdoyants. Même si ces actions présentent d'autres intérêts que la lutte contre l'effet de serre, l'efficacité de ces mesures qu'il faut pouvoir mener à grande échelle n'est pas probant. En revanche, les études qui proposent d'augmenter par diverses méthodes le potentiel d'absorption des algues présentes dans l'océan sont considérées comme les actions les moins coûteuses à mettre en oeuvre et parmi les plus prometteuses en volume. Ainsi à la fois la Communauté Européenne et les Japonais ont récemment subventionné des recherches consacrées à l'opportunité d'ajouter des engrais dans les océans, en bordure des côtes, afin d'augmenter l'absorption de gaz carbonique et d'accroître la production de poissons. Malgré les mises en garde des biologistes marins qui craignent une recrudescence des méduses, des algues toxiques et une perturbation non contrôlée des écosystèmes marins, l'idée n'est pas abandonnée et la compagnie norvégienne Norsk Hydro (un des plus gros fabricants au monde d'engrais) fait des expériences d'ajout de nitrates et de phosphates dans les fjords norvégiens. Stockage du gaz carbonique anthropogène : Enfin des études techniques sont entreprises afin de liquéfier le gaz carbonique directement à la sortie des usines puis de l'envoyer par tuyaux afin de le stocker soit sous terre (par exemple dans des anciennes mines de charbon ou dans des cavités souterraines ayant contenues du pétrole) soit au fond des océans à plus de 1500m de profondeur. Des projets de ce type sont expérimentés en vrai grandeur au Texas et en Norvège. Outre le coût prohibitif de certains de ces traitements, le danger potentiel est énorme si des poches de CO2 se libèrent accidentellement. L'extrême toxicité du gaz carbonique peut détruire localement toute forme de vie non végétale. On se souvient de la catastrophe naturelle du lac Nyos au Cameroun en 1986 où une poche de gaz était remontée brutalement du fond du lac, tuant instantanément tous les humains (1700 morts) et tous les animaux aux alentours. © 2001 François Ploye |
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