|
Concentration
des gaz à effet de serre |
Changement Climatique
|
|
|
La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a augmenté significativement depuis le début de la révolution industrielle (1750).
Le gaz carbonique La quantité de gaz carbonique (dioxyde de carbone) a progressé de 30%, l'origine étant pour les trois quarts la combustion de charbon et de pétrole dans les pays développés et pour le quart restant les feux de forêts des zones tropicales. La moitié du gaz carbonique fabriqué est absorbé par les océans. Pour le gaz carbonique, l'utilisation des combustibles fossiles et la déforestation libèrent respectivement 5 et 2 milliards de tonnes de carbone par an. Plus de la moitié de cette quantité, soit environ 4 milliards de tonnes, est absorbée par les réactions physico-chimiques à la surface de l'océan. La part de CO2 libéré par les incendies de la forêt vierge tropicale continue de progresser de manière dramatique et ce pour un profit à très court-terme. On estime que chaque année, entre 13 et 17 millions d'hectares (l'équivalent d'un tiers de la surface de la France) de forêt tropicale disparaît dont un quart pour le seul Brésil. Le cas le plus dramatique est celui de l'Afrique occidentale qui aurait perdu les 3/4 de sa forêt en moins de 60 ans. Les gains indéniables acquis en parallèle en Europe, en Amérique du Nord et dans les anciens territoires de l'Union Soviétique pour la même période ne suffisent pas à compenser les pertes enregistrées dans les pays en voie de développement. Cet accroissement ne représente en surface que 15% environ des superficies détruites au Sud et concerne une forêt pauvre car surexploitée et fragilisée par les pluies acides. Le méthane Quant au méthane sa concentration a plus que doublé. Ses origines liées aux activités humaines sont nombreuses : rizières, élevage bovin et ovin, barrages, incendies et décharges... On a ainsi pu démontrer que la concentration de méthane dans l'atmosphère est directement proportionnelle au nombre d'hommes sur Terre. Le méthane une fois dans l'atmosphère s'élimine en donnant plusieurs sous-composés dont l'ozone de la troposphère et la vapeur d'eau de la stratosphère qui eux-mêmes participent à l'effet de serre. Le méthane est produit par la décomposition de matières organiques dans un milieu privé d'oxygène par des bactéries dites anaérobies. La séparation entre les matières organiques en décomposition et l'oxygène de l'air peut être assurée par des déchets (cas des décharges), par les parois de l'estomac des ruminants ou de l'intestin des termites qui rongent le bois ou tout simplement par l'eau (océans, zones marécageuses, barrages et rizières). Le méthane est aussi généré par la combustion de carburants d'origine végétale, par les incendies de forêts et par les fuites dans la distribution de gaz. Par ordre décroissant d'importance dans la génération anthropique de méthane, se développent année après année : les élevages d'ovins et de bovins, les termites liées à la déforestation et évidemment les décharges, les rizières et les barrages. Comme seule la participation des zones marécageuses régressent du fait de l'assèchement volontaire et généralisé des zones humides, on pronostique encore un doublement de la présence de méthane dans l'atmosphère en moins d'un siècle. Les fréons Enfin les fréons ont vu leur concentration passer de 0 ppt (parts par trillion) dans les années 50 à près de 800 ppt dans les années 90. Les principaux fréons sont les CFC11 utilisés comme gaz propulseur pour les bombes aérosols et les CFC12 qui servent pour le fonctionnement des réfrigérateurs. Leur fabrication est de plus en plus réglementée depuis qu'il a été prouvé leur action destructrice sur la couche d'ozone. En conséquence leur concentration est pratiquement stationnaire malgré un contrôle insuffisant dans les pays en voie de développement (principalement en Asie du sud-est peu soucieuse d'environnement) et de la persistance d'un marché noir. L'ozone L'ozone nocif de la troposphère augmente aussi, résultat de transformations complexes dont l'origine la plus connue est la combustion d'hydrocarbures dans l'industrie, le chauffage et les transports (en particulier automobile). Sa fabrication est nocive aussi bien à la surface de la terre - car l'ozone endommage par contact les végétaux - que dans la haute atmosphère où il renforce l'effet de serre. Sa durée de vie est heureusement limitée à quelques semaines au maximum. Sa présence est très irrégulière aussi bien dans le temps que dans l'espace et dépend de conditions locales de pollution. Il existe peu de mesures de l'ozone troposphérique faites dans le passé et elles sont peu précises. L'évolution récente laisse à penser que sa concentration aurait doublé voire triplé depuis un siècle dans l'hémisphère Nord. Cette augmentation d'origine humaine permet de compenser en terme de protection contre les ultraviolets la diminution de la couche d'ozone stratosphérique. L'ozone serait plusieurs fois plus protecteur, à quantité égale, dans la troposphère que dans la stratosphère. En revanche sa concentration semble stable dans l'hémisphère Sud peu industrialisé. Le protoxyde d'azote Le protoxyde d'azote - ou gaz hilarant, utilisé anciennement par les dentistes comme anesthésiant - a vu sa concentration augmenter depuis le XVIII°s principalement dû à l'emploi d'engrais azotés dans l'agriculture et plus accessoirement (pour un cinquième) dû à la combustion de combustibles fossiles et de biomasse. La vapeur d'eau Enfin la vapeur d'eau contenue dans la stratosphère, générée principalement par les réacteurs des avions, contribuerait pour environ 2% au réchauffement du globe. © 2001 François Ploye |
|