|
Mesures Technologiques
|
|||||||||||
|
Les forêts stockent naturellement des quantités importantes de CO2. Malheureusement nous avons vu que la déforestation dans les zones tropicales détruit chaque année l'équivalent d'un tiers de la surface de la France et est responsable d'environ 20% des émissions de CO2. Les actions à entreprendre seraient de ralentir cette déforestation et de reboiser là où c'est encore possible, où les terres n'ont pas été définitivement érodées. Les forêts ne servent que de stockage temporaire à l'échelle des siècles et le gaz carbonique est relâché lorsque le bois pourrit ou qu'il est brûlé. Afin d'extraire définitivement de l'atmosphère le carbone, il conviendrait de développer la filière bois et d'utiliser le bois pour construire des meubles ou des charpentes... à condition de ne pas plus tard brûler ces meubles mais de les enfouir dans des réserves souterraines, suivant en ceci l'exemple des réserves de pétrole ou de charbon. Les arbres ne stockant de manière positive le CO2 que durant les trente premières années de leur vie, afin d'augmenter la productivité des forêts en extraction de gaz carbonique, il faudrait éviter de laisser vieillir les arbres et les couper dès qu'ils atteignent trente ans. Les protecteurs de la nature sauvage vont certainement apprécier.
On le voit donc, le reboisement ne va pas changer fondamentalement la situation sur le long terme mais permet néanmoins de ralentir et de différer l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère. Il est utopique de se dire que l'on va compenser la combustion des énergies fossiles qui se sont constituées pendant des dizaines de millions d'années par le stockage dans les arbres qui eux relâchent leur carbone quelques décennies ou siècles plus tard. Dans ce cadre, la décision du premier diéséliste du monde, Peugeot, de planter en trois ans dix millions d'arbres au sein de la forêt tropicale humide brésilienne est davantage symbolique qu'efficace malgré les 65 millions de francs investis. La superficie replantée (1200 hectares) représente moins de 1% de la superficie détruite par an au Brésil et le CO2 stocké par ces arbres annuellement équivaudra à 0,2% de ce que les voitures françaises émettent par an, mais c'est une décision néanmoins positive qu'il convient de souligner et d'encourager. Les forêts ont par ailleurs d'autres rôles bénéfiques. Leur présence purifie l'air et l'eau, évite l'érosion et ralentit les inondations en retenant l'eau et en stabilisant les sols. La destruction de ces écosystèmes très riches est dommageable pour la diversité des espèces vivantes et pour la qualité du cadre de vie de nos descendants. Enfin, la destruction des forêts d'une région diminue considérablement la retenue d'eau et donc l'évapotranspiration et par conséquent leur destruction peut modifier le climat localement en diminuant les pluies. Le Brésilien Eneas Salati a ainsi démontré que plus on s'enfonçait en Amazonie à l'intérieur des terres, plus fort était le pourcentage de pluies provenant de ce recyclage par les arbres. La sécheresse est-elle intensifiée en Afrique du fait de la déforestation ? C'est fort probable. © 2001 François Ploye |
|