Dérivés chlorés dans l'environnement, début
Dossier de Marie Lusinchi
Docteur en sciences (merci de consulter
ici mon CV)



Dérivés chlorés dans l'environnement


DIOXINES (PCDD) et FURANES (PCDF)

Cette page a été rédigée en particulier à partir du rapport de l'INSERM : Dioxines dans l'environnement. Quels risques pour la santé ?
Je ne peux qu'encourager vivement la lecture de ce rapport à toute personne recherchant des informations précises et complètes sur ce sujet.
D'autres liens sont cités à la fin de ce document, et cette page n'est donc qu'un cours résumé d'informations déjà largement accessibles sur Internet. 



Origines des PCDD et PCDF
Chimie
Accident de Seveso
Autres liens


Origines des PCDD et PCDF :
  
Très stables et extrêmement bio-accumulables, les PCDD et les PCDF sont des polluants redoutables, extrêmement persistants, qui s'accumulent dans l'environnement et le long des chaînes alimentaires, jusqu'à l'homme.

  A la différence des autres polluants organiques persistants, les dioxines et les furanes ne sont pas des molécules synthétisées dans un but particulier (pesticides, fluide réfrigérant...), mais des composés non désirés, qui se forment sous certaines conditions (voir chimie).

  Leur formation est essentiellement liée aux activités humaines, industrielles et domestiques :

  • Incendies d'entrepôts, de bâtiments et de véhicules (contenant souvent du PVC).
  • Incinérateurs de déchets ménagers ou industriels non conformes. Consulter par exemple à ce sujet :
  • Sources diffuses :
    • Gaz d'échappement
    • Huiles de moteurs
    • Chauffage domestique (bois, charbon, gaz)
       
  • Réservoirs potentiels de PCDD/PCDF :
    • Bois traités au pentachlorophénol (PCP)
    • Transformateurs électriques contenant des PCBs
    • Boues d'épuration utilisées pour l'épandage
    • Sols et sédiments contaminés

  En dehors des accidents et des pollutions dûes aux "incinérateurs-empoisonneurs", la principale source d'exposition aux PCDD/PCDF est l'alimentation. En effet, comme tous les hydrocarbures aromatiques polycycliques halogénés (HAPH), les PCDD et PCDF ont en particulier une forte capacité à s'accumuler le long des chaînes alimentaires et, selon le rapport de l'INSERM

    "Globalement, il est admis que l'exposition moyenne des populations se fait à plus de 95 % par voie alimentaire, en particulier par ingestion de graisses animales (lait et produits laitiers, viandes, poissons). L'apport le plus important est dû aux produits d'origine bovine (lait et dérivés, viande et abats) ; les volailles et le porc constituent des sources moindres, en raison de leur mode d'élevage en bâtiments (sauf en cas de contaminations des aliments). Les poissons et produits aquatiques représentent des sources d'importance variable, parfois relativement élevée pour certaines populations de forts consommateurs."


Un peu de chimie :
  
Les PCDD et les PCDF sont des molécules formées de deux cycles aromatiques associés à un cycle oxygéné soit de type 1,4 dioxane pour les PCDD, soit de type furane pour les PCDF.

structures chimiques

  Deux voies réactionnelles peuvent conduire à la formation de dioxines et/ou de furanes :

  • Le chauffage en présence d'oxygène, au-delà de 300°C de certains précurseurs de type  HAPH (PCBs, polychlorophénols ) qui conduisent alors principalement à la formation de furanes.
  • Le chauffage de molécules organiques quelconques en présence d'une "source de chlore" et d'oxygène moléculaire

  Cette dernière voie montre que les PCDD et/ou les PCDF peuvent donc être théoriquement générés par chauffage, à partir de n'importe quel composé chloré, y compris le plus inoffensif, jouant le rôle de "source de chlore".
Attention au sel de cuisine ? ! 

  Les dioxines et les furanes présentent des toxicités très variables, en fonction du nombre et du positionnement des atomes de chlore. Parmi les 210 composés existant théoriquement, les 17 congénères substitués en position 2,3,7 et 8 sont les plus toxiques et sont particulièrement bio-accumulables. La dioxine la plus toxique est la dioxine de Seveso, de sinistre mémoire.
 



Réaction chimique à l'origine de l'accident de Seveso :
« L'accident de Seveso est le huitième accident d'une série d'accidents identiques survenus entre 1949 et 1976 (...) lors de la synthèse du défoliant 2,4,5-T. Les conditions de température sont cruciales pour un bon déroulement de cette réaction, l'optimum étant une température de 125°C. Si cette limite est accidentellement dépassée, il se produit une réaction très exothermique, conduisant à une tétrachlorodibenzodioxine considérée comme très toxique. L'exothermicité de cette réaction est telle qu'elle a provoqué l'explosion du réacteur et l'épandage du produit (...). On ne peut s'empêcher d'être surpris du peu d'enseignement en matière de prévention qui ont été retirés des accidents qui ont précédé celui de 1976 ».

(B. Martel dans Guide d'analyse du risque chimique, Dunod Ed., Paris, 1999). 

réaction chimique Seveso



Autres liens utiles :
  •   Institut National de Recherche et de Sécurité : Accès à la fiche toxicologique en format PDF :

      Des dossiers et rapports officiels concernant les dioxines et furanes :

      Un peu de détente : Ne confondez pas dioxine et saumon ! :

      Et pour tout apprendre sur les dioxines :
  •  
    1) Composés chlorés minéraux :
      • eau de javel
      • chlorites
      • chlorates
      • perchlorates
    2) Composés organochlorés :


    3/  Bibliographie

    © 2002 Marie Lusinchi