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A grands renforts de dioxines, CFCs et autre PVC, les "Capulets" et les "Montaigus" s'affrontent farouchement !
Pour les premiers, partisans du "régime sans sel" (chlorure de sodium), il faudrait totalement interdire le chlore et sa cohorte de dérivés dangereux, polluants et toxiques.
"Zéro chlore", voilà un bon slogan!
Malheureusement, le chlore est un des constituants de notre planète, au même titre que l'oxygène, le fer et tant d'autres éléments. On le trouve dans l'écorce terrestre, sous forme de chlorures, dans l'atmosphère (acide chlorhydrique et chlorométhane) et bien sûr sous forme de chlorure de sodium dans les mers et les océans. Pire encore ! Notre propre corps contient du chlore sous forme de chlorures et d'acide chlorhydrique dans les sucs gastriques.
Les dérivés organochlorés, dont certains sont effectivement au coeur de graves problèmes de pollutions (polluants organiques persistants), sont aussi parfois des composés aux propriétés chimiques remarquables. De nombreuses synthèses de médicaments, par exemple, utilisent des organochlorés comme solvants, comme réactifs ou intermédiaires réactionnels.
Pour les seconds, habitués à la manipulation quotidienne d'agents toxiques, corrosifs, explosifs, cancérigènes (entre autres !) les dérivés chlorés ne seraient finalement pas à la hauteur de la réputation que veulent leur donner les "Capulets".
La vie est tellement dangereuse quand on y pense...
Prenons un exemple extrême : celui des dioxines. Il n'y a pas eu de morts à Seveso, les effets toxiques à court terme sur les hommes (chloracnée) ont été réversibles et la preuve du caractère cancérigène de ces composés n'est toujours pas fermement établie.
Donc l'accident de Seveso aurait été, selon certains, plus "médiatique" que réel !
Cette dernière position n'est pas acceptable. Parce que les effets toxiques d'un composé ne se mesurent pas que au nombre de morts et parce qu'il est impossible de considérer la contamination de tout un écosystème et la mort de centaines d'animaux comme un événement insignifiant.
"Capulet ! Montague ! Voyez par quel fléau le ciel châtie votre haine : pour tuer vos joies il se sert de l'amour ! . . . Et moi, pour avoir fermé les yeux sur votre discorde, j'ai perdu deux parents. Nous sommes tous punis". (Le Prince, à la fin de "Roméo et Juliette", pièce qui, comme chacun sait, finit plutôt mal ...)
Chimiste de formation et écologiste par conviction, j'ai rassemblé ici des informations aussi complètes que possible sur le chlore, ses dérivés, et leur impact sur l'environnement.
Pour certains des sujets abordés, de nombreuses informations existent déjà sur Internet. Je ne présente alors que de courtes introductions avant de renvoyer le lecteur vers les liens qui me semblent les plus appropriés.
De quoi parle-t-on ?
Le terme de "chlore" désigne indifféremment l'atome de chlore ou la molécule de chlore, deux espèces chimiques différentes.
Les composés chimiques contenant un (ou plusieurs) atomes de chlore sont des dérivés chlorés. Ils forment une famille de molécules extrêmement variée.
La plupart des dérivés chlorés, minéraux ou organiques, sont préparés à l'origine à partir de chlore moléculaire ou d'acide chlorhydrique. En plus des dérivés chlorés présentés dans le tableau suivant, on estime que les deux tiers des produits de l'industrie chimique sont fabriqués à partir d'intermédiaires chlorés, même si les composés finaux ne contiennent pas eux-même de chlore.
Utilisation du chlore en France (1993)
Blieffert & Perraud dans "Chimie de l'environnement" (2001)
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