Dérivés chlorés dans l'environnement
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Ubiquitaire |
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Un composé ubiquitaire (ou ubiquiste) possède, comme son nom l'indique, le "don d'ubiquité", c'est à dire la faculté d'être présent en plusieurs lieux à la fois. Quelques composés, dont beaucoup sont des molécules organiques non naturelles, sont ainsi répartis sur la totalité du globe terrestre. Pour devenir ubiquitaire, le dérivé doit être très stable, peu soluble dans l'eau et il doit être émis dans l'environnement en quantité "suffisante" (évaluée à 50 000 tonnes par an au niveau mondial). A partir de sources d'émissions localisées, ces composés se répartissent alors dans l'atmosphère puis contaminent des zones extrêmement éloignées de la zone d'émission initiale. L'exemple du DDT est particulièrement significatif. Ce pesticide de synthèse, découvert dans les années 30 a été utilisé dans le monde entier pour tuer les insectes, que ce soit pour la sauvegarde des cultures ou la lutte contre certaines maladies tropicales comme la malaria, la fièvre jaune ou la maladie du sommeil. La grande persistance du DDT et son utilisation répétée en ont fait un composé ubiquitaire, que l'on retrouve aujourd'hui jusque dans les neiges de l'Antarctique. Comme le DDT, un certain nombre de dérivés organiques chlorés possèdent ce terrible "don d'ubiquité". Leur persistance alliée à leur faible solubilité font alors de ces composés des polluants organiques persistants qui ont une forte capacité à la bio-accumulation le long des chaînes alimentaires. Les problèmes sanitaires liés à l'accumulation de ces composés se retrouvent alors posés à des populations totalement éloignées des zones d'émission de ces polluants, tant géographiquement que culturellement. "A la fin des années 1980, des recherches préliminaires menées dans le nord du Québec et dans le sud de l'île de Baffin ont suggéré que le sang et le tissu adipeux de nombre d'Inuit du nord du Canada contenaient une quantité très élevée de polychlorobyphényles (PCB) et de DDT. (...) Lorsqu'ils parviennent dans l'Arctique, les POP se dégradent très lentement et s'accumulent dans les organismes vivants, en particulier dans le réseau alimentaire marin. Nous les ingérons lorsque nous mangeons le produit de notre chasse. Le Rapport d'évaluation des contaminants dans l'Arctique canadien, publié en 1997 dans le cadre du NCP, montre que la présence de certains POP est entre 10 et 20 fois plus élevée chez les Inuit que parmi les populations de la plupart des régions tempérées, ce qui suscite de graves préoccupations de santé publique." |
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© 2002 Marie Lusinchi