Bonn, Genève, Nairobi, 23 Mai 2008 : Révolutionnaire : Les « Entrepreneurs du Monde Vivant
» exposent leurs solutions révolutionnaires pour faire face aux défis
environnementaux du 21ème siècle / Les responsables de la publication
des « 100 meilleures astuces de la Nature » présentent une
première série de découvertes sur comment rendre notre économie globale
pleinement compatible avec la biosphère, avec la Nature
 | Un micro-pacemaker inspiré du
câblage » du cœur d’une baleine à bosse, ou des revêtements colorés
sans pigment dérivé du procédé de diffraction de la lumière des plumes
de paon : telles sont, parmi bien d’autres, quelques unes des
« éco-percées » extraordinaires obtenues par transposition du génie de
la nature.
Parmi d’autres avancées prometteuses sur le plan commercial, également inspirées de la Nature et de ses près de 4 milliards d’années de « recherche et développement », on peut également citer :
- Des vaccins pouvant se conserver sans réfrigération, en se basant sur une plante africaine reviviscente
- La
conception de surfaces antifriction adaptées aux systèmes électriques
modernes dérivé de la peau « hyper glissante » du poisson des sables,
un lézard de la péninsule arabique
- De nouvelles substances
antibactériennes inspirées d’une algue marine découverte le long des
côtes australiennes, et qui ouvre des perspectives nouvelles pour
combattre certaines infections sans que l’on ait à craindre le
renforcement des capacités de résistance des bactéries.
|
- Des
retardateurs de propagation du feu non toxiques à partir de déchets de
citrons et de raisins, en s’inspirant sur la manière dont les
cellules animales transforment la nourriture en énergie sans produire
de flamme, grâce au cycle de l’acide citrique connu par les bio
chimistes comme le cycle de Krebs.
- La conception d’un
système d’avant-garde de récupération d’eau afin de recycler la vapeur
des tours de réfrigération, et permettant aux bâtiments de récupérer
dans l’air humide l’eau nécessaire à leurs propres besoins, en
s’inspirant de la manière dont le scarabée du désert de Namibie
récupère l’eau des brouillards côtiers.
- La conception d’un
emballage biodégradable, étanche et de garnitures imperméables pour
tuyauterie, en mimant la façon dont une grenouille des déserts
australiens maintient autour d’elle un film d’eau en attendant la
saison des pluies.
Ce sont là quelques unes des inventions, innovations et idées au cœur de la nouvelle initiative collaborative appelée « les 100 meilleures astuces de la Nature ».
Cette initiative est une idée originale de la Biomimicry Guild, et du Zero Emissions Research & Initiatives (ZERI), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
 | Son objectif est de montrer comment
résoudre les problèmes de « durabilité » de l’humanité et de mettre en
oeuvre dès aujourd’hui l’économie de demain respectueuse de la
biosphère, en apprenant, en transposant et en s’inspirant des
innombrables solutions technologiques mises au point par la Nature et
compatibles avec son environnement.
Selon Janine Benyus
et Gunter Pauli, co-créateurs du projet des « Les 100 meilleures
astucesde la Nature », la Vie résout ses problèmes selon des schémas
bien adaptés, faisant appel à une chimie qui respecte la vie et
utilisant de façon optimale les matériaux et l’énergie. De quel
meilleur modèle pourrions-nous disposer ? »
La liste des « 100
meilleures astuces de la Nature » est un ensemble d’innovations se
situant à différentes étapes du processus de commercialisation :
certaines en sont encore au stade de la planche à dessin, d’autres sur
le point d’être commercialisées. Elle sera achevée et présentée en
Octobre prochain au congrès de l’Union Internationale pour la
Conservation de la Nature qui se tiendra à Barcelone en Espagne. Le
livre des « 100 meilleures astuces de la Nature » sera publié en mai
2009. |
Les
collaborateurs de ce projet et leurs partenaires ont dévoilé
aujourd’hui quelques uns de ces projets et de ces produits qui feront
partie des « 100 meilleures leçons de la Nature »,
sélectionnée à partir d’une première liste de plus de 2100 exemples.
Cette présentation coïncide avec une réunion intergouvernementale de la Convention sur la Diversité Biologique
qui se tient à Bonn (Allemagne), avec plus de 6000 délégués de plus de
190 gouvernements t réunis pour étudier comment ralentir le taux actuel
de réduction de la biodiversité.
Achim Steiner, Sous-Secrétaire Général des Nations Unies et Directeur Général du PNUE a affirmé :
« Les temps sont mûrs pour une percée du biomimétisme
en tant que champ de recherche. Quiconque douterait de la valeur
économique et du potentiel progrès que recèle la Nature n’aura qu’à se
pencher sur un échantillon des centaines d’inventions commercialement
prometteuses, et résultant d’une observation et de l’imitation de
systèmes naturels, et de la manière remarquable dont les organismes
vivants gèrent leurs défis d’approvisionnement enénergie propre, de
réemploi et de recyclage de tous leurs déchets. »
« On
ne compte plus les raisons pour lesquelles nous devons accélérer la
réponse internationale et le flux des capitaux pour contrer l’érosion
actuelle de la biodiversité et la dégradation rapide des écosystèmes.
L’initiative des « 100 meilleures astuces de la Nature » nous
donne 100 raisons supplémentaires pour agir dans ce sens, et 100
raisons supplémentaires pour nous confirmer que la gestion de la
biodiversité n’est pas une question d’aide ou un fardeau économique,
mais au contraire un enjeu d’investissement majeur dans des activités
économiques, des industries et des emplois qui, dans un proche avenir
devront cesser de polluer. »
 | Janine Benyus, à la tête de la Biomimicry Guild, a ajouté que « le
biomimétisme est une science cruciale pour l’économie du 21ème siècle,
fondée sur l’expérience de 3,8 milliards d’années d’évolution de la
nature. Les voies empruntées par le Monde Vivant pour créer de
nouvelles substances, pour concevoir de nouvelles sources d’énergie,
pour synthétiser des structures originales et élégantes constituent
autant de secrets qui offent aux hommes une façon élégante de vivre et
prospérer sur cette planète. »
Pour Gunter Pauli, à la tête de fondation ZERI, basée à Genève, « la
vapeur et le charbon ont transformé le XIXème siècle ; les
télécommunications et l’électronique ont transformé le XXème siècle. La
révolution du XXIème siècle sera fondée sur la biologie et sur
certaines des inventions présentées dans le cadre de cette initiative.
Elles seront sans aucun doute à l’origine de nouveaux « Google »,
« Welcome », « Unilever » et « General Electric »… des temps modernes.
« Avec
plus d’un milliard d’euros déjà investis dans les technologies les plus
importantes, il s’agit là pour l’industrie d’une tendance forte en
matière d’innovation . » |
Des pacemakers à la manière des baleines à bosse
Plus
de 350 000 personnes, rien qu’aux Etats-Unis, doivent chaque année
s’équiper de pacemaker ou se les faire remplacer. Le coût de la mise en
place d’un nouvel appareil est de l’ordre de 50 000$ par patient.
Intervient
alors Jorge Reynolds, directeur du programme de recherche sur les
baleines en Colombie, dont les recherches consistent à dévoiler les
mystères du fonctionnement du coeur de la baleine à bosse. Comment
cette pompe cardiaque,qui pèse près d’une tonne, peut-elle débiter et
envoyer l’équivalent de six baignoires de sang oxygéné dans un
système circulatoire 4 500 fois plus grand que le nôtre ? En
particulier, son travail consiste à comprendre comment ceci peut être
assuré à un rythme très lent, à peine 3 ou 4 pulsations par minute, et
comment s’effectue la stimulation électrique, alors que le cœur de la
baleine est entouré d’une masse de graisse qui le protège du froid.
Grâce
à des échocardiographes, appareils d’écoute du fonctionnement du cœur,
et des autopsies sur des baleines mortes, les chercheurs ont découverts
des nano-fibrilles qui permettent aux signaux électriques de
stimuler les battements de cœur même à travers une masse de graisse non
conductrice.
Les scientifiques pensent que cette découverte ouvre
une voie qui permettrait au cœur humain de fonctionner sans l’énergie
fournie par un pacemaker et sa pile en stimulant le rythme optimal de
battements de cœur grâce à une nano câblage s’inspirant de celui de la
baleine tout en contournant le muscle déficient du cœur.
Le
marché mondial des pacemakers atteindra probablement les 3,7 milliards
de dollars en 2010. La nouvelle invention pourrait ne coûter que
quelques centimes ; elle réduirait le nombre d’opérations de
suivi, car il n’y aurait plus besoin de chirurgie, ni de changer les
batteries et pourrait supplanter le pacemaker traditionnel.
Une plante nommée « Résurrection »
Deux
millions d’enfants meurent chaque année de maladies telle que rougeole,
rubéole, coqueluche, qui pourraient être traitées préventivement par
des vaccins. Selon certaines estimations, des ruptures dans la chaîne
du froid allant du laboratoire qui produit ces vaccins, au village où
ils seront utilisés, entraîne la perte de près de la moitié des vaccins
qui, ainsi, ne parviennent pas à leur destinataire.
Arrive alors une
plante d’Afrique centrale et australe, la Myrothamnus flabellifolia,
dont les tissus peuvent être séchés jusqu’à devenir craquants, puis
revitalisés sans dommage – c’est la « reviviscence » - grâce
à la protection que donne une substance sucrée produite par les
cellules lors du processus de dessication.
C’est notamment à partir
de cette plante que Bruce Roser, un chercheur biomédical, a récemment
fondé avec des collègues Cambridge Biostability Ltd, afin de développer
des vaccins ne nécessitant pas d’être maintenus au frigidaire en se
basant sur les propriétés remarquable des sucres appelés tréhaloses.
Le
procédé consiste à vaporiser une couche de tréhalose sur le vaccin, de
façon à créer des sphères inertes ou des micro-perles de sucre qui
peuvent être mises sous forme injectable et se retrouver dans les
sacoches des médecins pendant des mois, voire des années.
Des essais sont en cours avec la société indienne Panacea Biotech, qui a investi dans la société mère.
Des
essais sont en cours avec la société indienne Panacea Biotech et
plusieurs accords signés avec des compagnies danoises et allemandes.
Ces
développements, inspirés de la nature, pourraient conduire à une
économie annuelle à l’échelle mondiale de l’ordre de 300 millions
de dollars, tout en réduisant les besoins en kérosène et en frigidaires
fonctionnant à l’énergie solaire.
Parmi les autres perspectives
ouvertes par cette voie d’innovation : la préservation de la
nourriture, et le stockage de tissus animaux et humains qui nécessitent
actuellement le températures très basses, classiquement obtenues grâce
à l’azote liquide.
Le lézard « ultra lisse »
Les
quatre manières principales pour réduire les frottements dans
systèmes mécaniques et électriques sont les roulements à billes, les
lubrifiants, le carbure de silicone, et les diamants nanocristallins.
Une
des défauts du carbure de silicone, c’est qu’il est fabriqué à des
températures comprises entre 1600 et 2500 degrés ; en d’autres
termes, c’est un matériau très exigeant en combustibles fossiles.
Le
diamant synthétique peut être produit à des températures plus basses,
de l’ordre de 400 degrés pour une série d’applications à faible
frottement. Mais il présente d’autres problèmes.
Entre alors sur
scène le scinque, ou poisson des sables, un lézard aux pattes réduites
« nage » dans les sables et les tempêtes des déserts
d’Afrique du Nord et de la péninsule Arabique, ainsi qu’une équipe de
l’Université Technique de Berlin.
Leurs études ont montré que le
mode de locomotion sans friction de ce lézard trouve son origine dans
un renforcement de sa peau en kératine par des molécules de sucre et de
sulfure.
Par ailleurs, la peau du lézard est également hérissée
d’innombrables nano-pointes : cela signifie que chaque grain de
sable du Sahara est supporté par 20 000 de ces pointes,
répartissant ainsi sa charge jusqu’à un niveau de frottement
négligeable.
D’autres essais indiquent que les arêtes observées sur
la peau du lézard peuvent aussi être chargées négativement, repoussant
ainsi de façon efficace les grains de sable qui « flottent »
alors sur la surface à la manière d’un hovercraft sur coussin
d’air…au-dessus de l’eau !
Les chercheurs se sont donc associés
avec des collègues de l’Université Scientifique de Berlin et avec un
consortium de trois sociétés allemandes pour commercialiser les
produits et procédés issus des découvertes sur la peau du scinque.
Le
marché est potentiellement énorme, en particulier en ce qui concerne
dessystèmes mécatroniques miniaturisés. L’utilisation d’un film
biodégradable réalisé à partir de kératine et de sucre, deux substances
bon marché produites à température ambiante offre une solution
remarquable et respectueuse de l’environnement.
Supermicrobes et résistance bactériologique : le salut viendra-t-il des algues rouges d’Australie ?
70
pour cent des infections humaines résultent de « biofilms ».
Il s’agit là de grandes concentrations de bactéries qui nécessitent
pour en venir à bout 1000 fois plus d’antibiotiques qu’auparavant, et
qui entraînent une véritable course aux armements entre les microbes et
les compagnies pharmaceutiques.
Leur résistance aux antibiotiques ne
cesse de croître, comme en témoigne la montée en puissance de
supermicrobes tels que le staphylocoque doré, qui tue maintenant
davantage de gens, chaque année, que le Sida.
Surgit alors la
Delisea pulchra, une algue rouge découverte au large de la côte
australienne et une équipe de chercheurs de l’Université des Nouvelles
Galles du Sud.
Durant un voyage d’étude, les scientifiques avaient
remarqué que la surface des algues était exempte de
« biofilm », alors qu’elle vivait dans une eau chargée de
bactéries.
Des expériences ont alors révélé un composé biochimique
connu sous le nom de furanone halogéné, qui bloque les messages
chimiques de communication entre les bactéries et les empêche de
s’agglomérer en grande quantité sous forme de « biofilm ».
La
compagnie Biosignal a été fondée pour développer cette nouvelle voie
permettant de barrer la route aux superbactéries comme celles u
choléra, de la légionellose ou le staphylocoque doré, sans plus risquer
de renforcer les capacités de résistance de ces microbes.
Les
applications de ces furanones inspirés des algues concernent les
canalisations dans les hôpitaux, les lentilles de contact ou les
cathéters, mais aussi des soins buccaux et de nouvelles thérapies pour
des patients particulièrement vulnérables atteints de maladies comme la
mucoviscidose ou des infections urinaires.
La substance qui bloque
les signaux émis par les bactéries pourrait aussi être utile dans le
domaine de la pollution environnementale, en réduisant ou supprimant la
nécessité de verser des tonnes de produits chimiques toxiques dans les
canalisations et réservoirs ou dans les cuisines pour se débarrasser
des microbes.
La récupération de l’eau à la manière des scarabées.
Les
Nations Unies prévoient que d’ici 2025, 1,8 milliards de personnes
vivront dans des pays ou des régions où l’eau sera devenue rare, et les
deux tiers de la population mondiale pourraient soumis à des pénuries
d’eau chroniques.
Les changements climatiques vont encore aggraver
ces problèmes d’eau par une fréquence accrue d’événements
météorologiques extrêmes. Parmi les nombreuses solutions proposées pour
relever le défi de la disponibilité en eau, une solution pourrait
découler de l’extraordinaire dispositif utilisé par le scarabée
Stenocara du désert de Namibie.
Ce scarabée vit dans un endroit qui
reçoit à peine 12 mm de pluie par an, mais qui peut néanmoins récolter
de l’eau à partir des brouillards océaniques poussés dans le
désert plusieurs fois par mois.
C’est ici qu’intervient une équipe
de l’Université d’Oxford et une firme britannique de recherche
militaire, Qinetiq. Ensemble ils ont conçu une surface qui imite les
nano-protubérances qui attirent l’eau ainsi que les minuscules creux
qui réceptionnent l’eau sur les élytres du scarabée, permettant à
l’insecte de collecter et de canaliser jusqu’à sa bouche des micro
gouttelettes plus fines qu’un cheveu humain.
Leur surface en
patchwork est constituée de sphères en verre de la taille de graines de
pavot fixées dans une couche de cire chaude, reproduisant le
fonctionnement des élytres du scarabée.
Des essais sont en cours
actuellement pour utiliser cette technique pour capter l’eau contenue
dans la vapeur des tours de réfrigération. Les premiers tests ont
montré que cette technique peut récupérer 10% de l’eau normalement
perdue et réduire d’autant les factures énergétiques des bâtiments
voisins par diminution de l’effet d’ilôt de chaleur urbain .Environs
50 000 tours de refroidissement sont construites chaque année, et
chaque grande tour de réfrigération fait perdre par évaporation plus de
500 millions de litres d’eau.
Informations complémentaires et contacts pour en savoir plus :
Les
« 100 meilleures astucesleçons de la Nature » résultent de la
compilation des 2100 technologies et stratégies les plus étonnantes qui
sont déjà sources d’inspiration, ou qui mériteraient de le devenir.
Cette
liste sera présentée au Congrès pour la Conservation de la Nature,
organisé par l’UICN, qui se tiendra en octobre 2008 à Barcelone.
Au
même moment le « Biomimicry Institute » ouvrira le site
AskNature.org, une base de données de connaissances en biologie,
organisée par fonction d’ingénierie, de façon à motiver et inspirer les
collaborations entre chercheurs, entrepreneurs et investisseurs.
ZERI : http://www.zeri.org
La compagnie « Biomimicry Guild » et l’ONG « Biomimicry Institute » : http://www.biomimicryguild.com, http://www.biomimicryinstitute.org
PNUE : http://www.unep.org
UICN : http://www.iucn.org
9ème conférence des parties pour la Convention sur la Biodiversité à Bonn : http://www.cbd.int
Etudes
de cas présentés lors de ce lancement, et détails
complémentaires sur les 100 meilleures astucesleçons de la
Nature : http://www.n100best.org
« Biomimicry Europa », association européenne pour la promotion du biomimétisme : http://www.biomimicryeuropa.org
Ou bien contacter info@zeri.org