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En partenariat avec des ONG internationales, sud-africaines, brésiliennes et d'autres pays du Sud, le Collectif Jo'burg 2002 a organisé ce matin une manifestation dans le centre d'affaire où se termine le Sommet Mondial du Développement Durable.
Vêtus de noir, près de deux cent membres d'associations, représentant 50 ONG et une trentaine de pays se sont rassemblés pour manifester leur mécontentement face à la faiblesse du plan d'action issu du Sommet et au retrait d'un grand nombre d'Etats face au monde des affaires et à l'OMC. Les représentants d'ONG ont été rapidement dispersés par la police. Elles poursuivent leur concertation pour d'autres actions et déclarations communes.
Dans un texte d'appel (ci-dessous) elles rappellent aux chefs d'Etats leur responsabilité politique sur les points cruciaux ignorés, insuffisamment traités par le Sommet Mondial ou ne faisant l'objet d'aucune ressource financière additionnelle permettant une réelle mise en oeuvre du développement durable. Il s'agit en particulier de la mise en place d'un cadre juridique contraignant sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, un plan de développement des énergies renouvelables, l'arrêt des subventions agricoles et énergétiques nocives à l'environnement, la préservation et la restauration de la biodiversité. Les ONG ont noté que le pilier social du développement durable et les droits humains restent insuffisamment intégrés dans le plan d'action.
Par ailleurs le Collectif Jo'burg 2002 a remis à Jacques Chirac une lettre ouverte et insisté sur des points cruciaux lors de rencontres avec les Ministres français Roselyne Bachelot et Tokia Saïfi,notamment en vue de l'après-Sommet de Johannesburg : mise en oeuvre de programmes d'éducation au développement durable, soutien des initiatives d'Agendas 21 locaux, renforcement des capacités des associations et acteurs citoyens et leur participation au processus d'élaboration et de mise en oeuvre de la stratégie nationale du développement durable en cours de finalisation par le gouvernement français. Les ONG françaises entendent y travailler avec les syndicats et mouvements sociaux. Par ailleurs les coordinations d'ONG françaises ont annoncé un programme de partenariat avec les coordinations d'ONG ouest africaines en vue d'un suivi du sommet mondial, d'action de coopération et campagnes d'information et de pression citoyenne menées en commun.
Contacts : Yveline Nicolas 0834 12 12 66 Laura Morosini 082 85 82 390
Le Collectif Jo'burg 2002 a lancé l'initiative d'une déclaration commune aux différentes ONG présentes à Johannesburg. Cette déclaration, vouée à être diffusée largement après le Sommet, est encore en cours de rédaction, mais vous pouvez déjà prendre connaissance de son contenu
Un monde juste et durable est possible
Déclaration de la société civile à Johannesburg
- 03 septembre 2002
Nous, représentants de la société civile de tous horizons, rassemblés à Johannesburg, prenons acte de la valeur du processus du Sommet Mondial sur le Développement durable mais, profondément inquiets, tenons à prendre nos distances avec le résultat d'ensemble du Sommet.
Nous sommes alarmés de voir les gouvernements du monde persister à témoigner d'un manque tragique de volonté, pour traduire les principes du Sommet de Rio en actions concrètes, et d'un manque patent de détermination pour s'engager eux-mêmes à tenir les objectifs de l'Agenda 21.
Au contraire, ils font preuve de soumission vis-à-vis d'une mondialisation dominée par les grandes entreprises, tentant même de revenir sur les engagements ils étaient parvenus à Rio.
Nous dénonçons :
l'incapacité de reconnaître la primauté de la dignité humaine et des Droits de l'Homme comme fondement dans les négociations, plus particulièrement au regard des services essentiels,
le renforcement d'un système économique et financier incompatible avec les objectifs du développement durable,
l'incapacité de protéger la Terre, sa biodiversité et les créatures vivantes,
la promotion des forces du marché et de l'OMC, comme principal arbitre en matière sociale, environnementale et culturelle,
La fuite de nombreux Etats devant leurs responsabilités politiques et la réduction de leur rôle a une simple implication dans des partenariats avec le secteur privé.
La diminution des capacités du secteur public, des communautés et de la plupart des organisations intergouvernementales.
L'affaiblissement des efforts et des contributions de la société civile par une limitation importante de l'accès et de la participation des ONG.
Nous nous engageons à mettre les gouvernements et le monde des affaires devant leurs responsabilités et nous les mettons au défi d'adhérer une fois pour toutes, aux principes du développement durable. Les gouvernements qui s'écartent de ces principes mettent en péril leur propre légitimité.
Nous affirmons :
Un monde d'équité, de justice, de participation démocratique, de respect de droits de l'Homme, où les valeurs de la vie, des peuples et de la planète passent avant la recherche du profit.
La protection des systèmes soutenant la vie sur Terre constitue une base fondamentale du développement durable.
Nous nous engageons sur l'objectif d'institutions internationales réellement participatives et sur celui d'une culture de paix, de dialogue, de diversité, de tolérance, de solidarité et de grande qualité de vie. Nous faisons la preuve de cet engagement par notre travail de chaque jour.
Nous nous félicitons de notre engagement commun à renforcer la diversité des cultures humaines et l'intégrité de notre planète Terre.
Nous réaffirmons qu' " un autre monde est possible ", et nous ferons en sorte qu'il se réalise !
Derniére ligne droite à Johannesbourg : les ONGs du monde entier refusent de cautionner la mascarade de ce Sommet de la Langue de Bois ( comme le dit André Aschieri - ex député vert des Alpes Maritimes et vice président de l'association des écomaires )
Ci dessous la déclaration ( en anglais ) commune de ce regroupement des ONGs du monde entier ...que nous vous invitons à diffuser aussi largement que possible
CIVIL SOCIETY DECLARATION AT JOHANNESBURG
September 3, 2002
We, representatives of diverse civil society groups, gathered in Johannesburg, affirm the value of the process of the Earth Summit, but we dissociate ourselves with deep concern from the outcomes of the World Summit on Sustainable Development.
We are alarmed that the governments of the world continue to show a tragic unwillingness to translate the Rio principles into concrete action and to display an appalling lack of determination to commit themselves to the objectives of Agenda 21. Instead, they have shown an irresponsible subservience to corporate-led globalization and have made attempts to roll back the commitments they reached in Rio.
We denounce:
The failure to recognize the primacy of human dignity and human rights as a negotiating principle, most specifically with regard to access to basic services;
The strengthening of an international economic and financial system that is incompatible with the goals of sustainable development;
The failure to protect the Earth, its biodiversity and all living creatures;
The promotion of market forces and the WTO as the main economic, social, environmental and cultural arbitrator;
The evasion of the political responsibilities by many States and the downgrading of their role to simple involvement in partnerships with the private sector;
The reduction of the capacities of the public sector, communities and most intergovernmental organizations; and
The undermining of civil society's efforts and contributions by substantially limiting NGO access and participation.
We commit to hold governments and business accountable and we challenge them to embrace, once and for all, the principles of sustainable development. Governments that shy away from such principles place their own legitimacy at risk.
We affirm:
A world of equity, justice, democratic participation, and human rights for all, where the values of Life, Peoples and the Planet take precedence over profits.
The protection of the Earth's life support systems as a fundamental basis for sustainable development.
We commit ourselves to the goals of truly participatory international institutions and a culture of peace, dialogue, diversity, tolerance, solidarity, and a high quality of life, and we demonstrate this commitment every day in our work.
We celebrate our common resolve to strengthen the diversity of human cultures and the integrity of our Planet Earth.
We reaffirm that "another world is possible," and we shall make it happen!

Les ONG quittent symboliquement le sommet
Michel Giran à Johannesburg
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mercredi 4 septembre 2002, 10h41
Les principales organisations non gouvernementales (ONG) ont décidé mercredi matin de quitter symboliquement le sommet de la Terre, qu'ils estiment à la solde des multinationales, pour aller manifester aux abords de la conférence.
Marco Longari.
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JOHANNESBURG (AFP) - Les principales organisations non gouvernementales (ONG) représentées à Johannesburg ont décidé mercredi matin de quitter symboliquement le sommet de la Terre, qu'ils estiment à la solde des multinationales, pour aller manifester aux abords de la conférence.
"Ce sommet est un crime. Aujourd'hui, 6 milliards de personnes ont été trahies par les Etats du monde entier, qui se sont comportés comme s'ils étaient les employés des multinationales, dont les profits sont plus importants pour eux que les bénéfices des populations", a déclaré Ricardo Navarro, président des Amis de la Terre.
"Ils veulent faire de l'argent, c'est pourquoi ils viennent en affirmant vouloir résoudre les problèmes. Ils préfèrent l'intérêt des entreprises à l'intérêt des populations et de l'environnement. C'est scandaleux. C'est un crime que les gouvernements sont en train de perpétrer, un crime contre l'humanité, car ils condamnent des milliers et des milliers de gens à mort. Six milliards de gens dans le monde sont trahis aujourd'hui par leurs dirigeants", a-t-il ajouté.
"L'intérêt des multinationales est devenu l'ordre du jour du sommet. Nous voulons un sommet sur la responsabilité des entreprises, qui sont devenues incontrôlables. Elles sont un cancer pour la planète", a accusé Vandanah Shivah, dirigeante de l'association indienne Navdanya, qui travaille en lien avec les communautés locales. Les multinationales "n'ont aucune capacité à se réguler elles-même, comme le prouvent les exemples de WorldCom, Enron, mais elles sont en train d'abattre le sommet et le système des Nations-Unies. Voilà pourquoi nous avons besoin d'une convention sur la responsabilité des entreprises", a-t-elle conclu.
Les représentants des ONG ont invité leurs sympathisants à rejoindre une manifestation anti-sommet organisée aux abords du centre de conférences où se déroulent les travaux. "Pourquoi resterions-nous dans cette conférence, pourquoi ne lui tournerions pas le dos pour aller manifester dehors pour quelque chose de meilleur avec les gens des rues, qui ont été floués?", a interrogé le sénateur Vert australien Bob Brown. Selon M. Brown, ce qui a été décidé à Johannesburg "n'est pas ce que veulent les gens dans les pays riches. Ils ne veulent pas l'insécurité et un environnement dégradé, ils préféreraient de l'action de la part des gouvernements, plutôt qu'un déguisement écologique de circonstance", a-t-il dit.

mercredi 4 septembre 2002, 20h28
Adoption de la Déclaration de Johannesburg
JOHANNESBURG (AFP) - 191 pays ont adopté mercredi soir au sommet de la Terre une "Déclaration de Johannesburg sur le développement durable". Il s'agit du second document politique du sommet après un Plan d'action adopté peu auparavant.
Déclaration et Plan d'action portent sur les moyens de réconcilier croissance économique, lutte contre la pauvreté et décollage du tiers monde avec la survie écologique de la planète.
La Déclaration relève que "la faille profonde qui divise la société entre riches et pauvres et le fossé qui ne cesse de grandir entre les mondes développé et en développement représentent une menace majeure à la prospérité globale, à la sécurité et à la sécurité".
Le texte fait une mention extrêmement brève du changement climatique engageant toute la communauté internationale et donc les Etats-Unis en notant que "les effets adverses du réchauffement planétaire sont déjà évidents".
Les Etats-Unis, qui ont rejeté le protocole de Kyoto sur le climat, se sont opposés à une précédente version de la Déclaration dans laquelle la communauté internationale se serait engagée à "mettre en oeuvre tous les accords internationaux" relatifs à la lutte contre la désertification, l'acidification, la pollution de l'air et le changement climatique.
Les Etats-Unis ont tout de même souscrit à un paragraphe sur la nécessité de renforcer le multilatéralisme. "Nous réaffirmons notre engagement en faveur des principes et des finalités de la charte des Nations unies et du droit international ainsi qu'en vue du renforcement du multilatéralisme", indique ce passage.
Le réseau écologiste des Amis de la Terre a estimé que la Déclaration était "faible" et avait été "diluée" au fil de ses versions successives.
L'adoption de la Déclaration a été retardée de plusieurs heures par plusieurs objections des pays en développement (G-77), qui entendait dénoncer notamment la disparition, dans le dernier projet de Déclaration, d'une condamnation des "occupations étrangères" et du "droit de tous les peuples à la souveraineté" qui figuraient dans la version initiale.
A titre de compromis, le texte a finalement été rallongé et inclut une référence aux "occupations étrangères" parmi les facteurs qui "menacent sérieusement le développement durable".
Le Sommet de la Terre se termine dans la déception
JOHANNESBURG (AFP) - La déception l'emportait mercredi à Johannesburg, où les deux documents politiques - Plan d'action et Déclaration - ont été adoptés après 10 jours de discussions marathon, sans que quiconque puisse franchement parler de progrès décisif pour réduire la pauvreté et protéger l'environnement.
"Le sommet de Johannesburg a manqué d'engagements et d'audace", a regretté le président vénézuélien Hugo Chavez, dont le pays dirigeait au sommet le groupe des pays en développement.
Le Plan d'action, un document de 65 pages, comprend davantage de déclarations générales que d'objectifs chiffrés. La communauté internationale s'y engage à réduire de moitié d'ici 2O15 la proportion d'êtres humains sans eau potable ni assainissement adéquat.
"Ce sommet a évoqué les menaces qui pèsent sur la planète, mais il n'a pas été celui qui a apporté les réponses", a regretté Michael Zammit Cutajar, ancien responsable de la Convention sur le climat, au nom de Malte.
Le secrétaire d'Etat américain Colin Powel a jugé le sommet "réussi", après avoir été hué par des écologistes en séance plénière pour l'attitude d'"obstruction" des Etats-Unis dans la négociation.
L'Union européenne, qui a échoué à faire adopter un objectif de 15% d'énergies renouvelables en 2010, a sauvé la face mercredi en appelant solennellement les pays les plus motivés à la rejoindre pour "aller plus loin" dans des buts quantifiés.
Les pays du Sud, qui souhaitaient un effort des pays riches sur l'aide au développement et la levée des subventions agricoles, ont trouvé porte close à Johannesburg.
L'Europe notamment a refusé tout net de rouvrir des discussions menées dans d'autres enceintes internationales, au sommet de l'ONU sur le développement de Monterrey en mars dernier sur l'aide, et à Doha (Qatar) en novembre sur les subventions.
Les pays riches consacrent six fois plus d'argent en subventions à leurs agriculteurs qu'en aide au développement (311 milliards de dollars contre 55 milliards respectivement), selon l'OCDE.
L'Union européenne s'est cramponnée à l'engagement pris à Doha il y a neuf mois de discuter de la réduction des subventions agricoles pendant trois ans, mais sans préjuger du résultat.
"Nous n'avons pas obtenu tout ce que nous voulions", a convenu le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Il s'est dit déterminé à "revenir là dessus, et réclamer une véritable négociation de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), juste et équitable pour ouvrir les marchés (du Nord) aux pays en développement".
L'environnement a été le parent pauvre du sommet avec une seule avancée, sur la protection des océans, saluée par les écologistes.
A défaut d'engagements chiffrés des Etats, le sommet a donné une vitrine aux contributions des entreprises au développement durable.
"Aujourd'hui, les réponses durables et efficaces ne pourront être données que si les entreprises se joignent aux autres acteurs (gouvernements, société civile, syndicats) dans le cadre de partenariats", selon le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.
Ces partenariats suscitent la méfiance des associations, qui craignent un retrait des Etats, et une privatisation des biens essentiels que sont l'eau et l'énergie.
Plus de 200 projets de "partenariats" ont été présentés à Johannesburg, la plupart destinés à attirer l'investissement privé dans des pays du tiers monde, mais il était quasiment impossible de démêler ce qui relevait du "recyclage" d'anciens projets et du neuf.
Les Etats-Unis ont été les plus ardents défenseurs de ces "partenariats". "Les plans, c'est bien, mais les actions c'est mieux", a lancé le secrétaire d'Etat américain Colin Powell à la tribune.
Une phrase de M. Powell affirmant que les Etats-Unis "s'engageaient en faveur de l'environnement, y compris du changement climatique" a déclenché un tollé de manifestants présents dans la salle.
L'administration de George Bush a rejeté en mars 2001 le protocole de Kyoto, qui engage les pays riches à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, et s'est battue bec et ongles à Johannesburg pour éviter un appel trop pressant à ratifier Kyoto dans le Plan d'action. La Déclaration ne fait pas mention du protocole de Kyoto.

Colin Powell hué à la fin du Sommet de la Terre,
les ONG déçues
Par Alistair Doyle et Alastair Macdonald
JOHANNESBURG (Reuters) - Le Sommet de la Terre de l'Onu s'est achevé sur des accents de colère, à Johannesburg, où des protestations bruyantes contre le secrétaire d'Etat américain Colin Powell ont laissé place à l'amertume d'ONG déçues par les efforts déployés en matière de lutte contre la pauvreté.
Lors de la séance de clôture, la plupart des orateurs qui se sont succédé ont dénoncé la faiblesse du plan d'action censé permettre de combattre les problèmes mondiaux, du sida au tarissement des ressources halieutiques.
Les délégués des presque 200 pays représentés ont toutefois formellement approuvé ce texte en se contentant d'applaudir pendant une dizaine de secondes.
La déclaration politique appuyant ce plan d'action, baptisée "Déclaration de Johannesburg sur le développement durable", a été approuvée séparément. D'ultimes négociations sur des références à la situation des Palestiniens, le Sida et divers autres problèmes, ont retardé de deux heures la clôture du sommet.
Parmi les nouveaux objectifs contenus dans ce plan de 65 pages figure notamment la réduction de moitié, d'ici 2015, du nombre de personnes n'ayant pas accès à un système sanitaire. Elles sont actuellement 2,4 milliards dans le Tiers-Monde.
Le plan prévoit également de minimiser les effets nocifs de la production chimique d'ici 2020 et d'enrayer la diminution des ressources halieutiques d'ici 2015.
PERTE DE TEMPS ET CAPITULATION
Mais ces déclarations d'intention doivent encore se transformer en actes. Ainsi, l'aide au développement actuellement allouée par les pays riches est de 54 milliards de dollars par an, mais l'Onu estime qu'il en faudrait le double pour atteindre l'objectif déclaré d'une diminution de moitié de la pauvreté dans le monde d'ici 2015.
Les organisations de défense de l'environnement ont estimé que ce plan constituait une perte de temps et une capitulation vis-à-vis des intérêts des entreprises soutenues par le président des Etats-Unis George W. Bush, l'un des rares chefs d'Etat ou de gouvernement à ne pas s'être rendu à Johannesburg.
Pour le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, les attentes étaient trop fortes avant ce Sommet mondial sur le développement durable, qualifié de "dialogue de sourds" par le président vénézuélien Hugo Chavez.
"Nous devons faire attention à ne pas attendre de miracles de conférences comme celles-ci", a déclaré Kofi Annan.
Auparavant, en criant "Honte sur Bush!", sept militants ont bruyamment interrompu le discours du secrétaire d'Etat américain Colin Powell, défendant à la tribune officielle la politique des Etats-Unis. Ce pays, le plus riche mais aussi le plus pollueur du monde, est accusé par les manifestants d'indifférence aux problèmes environnementaux et sociaux de la planète.
POWELL CONSPUE
"Trahis par les gouvernements", a-t-on pu lire sur une banderole que les contestataires, principalement américains, ont juste eu le temps de déployer avant d'être rapidement interceptés par la police de l'Onu et poussés sans ménagement vers la sortie, en continuant à scander des slogans contre le président américain.
"Merci. Je vous ai entendus. Je vous demande maintenant de m'entendre", a tenté d'improviser Powell, pour ramener le calme dans son auditoire, alors que la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini-Zuma, qui présidait la séance, a dû frapper son marteau sur la table plus d'une dizaine de fois.
Le secrétaire d'Etat américain a été une première fois hué lorsqu'il a évoqué la famine en Afrique australe et dénoncé la mauvaise gestion du Zimbabwe. Powell a de nouveau été conspué, cette fois par certaines délégations officielles, lorsqu'il a affirmé que Washington menait des actions concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique.
Le secrétaire d'Etat américain a notamment déclaré que les pays d'Afrique australe avaient été incapables de se prémunir contre la menace de famine en raison de leur refus d'une aide américaine en aliments génétiquement modifiés.
PAS D'OBJECTIF CHIFFRE SUR LES ENERGIES RENOUVELABLES
George W. Bush, très proche des lobbies pétrolier, forestier et charbonnier, a été vivement critiqué pour son absence au sommet et son refus de signer le protocole de Kyoto sur la lutte contre les changements climatiques.
Sur la question énergétique, les Etats-Unis ont réussi à éviter que tout objectif soit fixé au cours du sommet concernant le recours aux énergies renouvelables, vues par l'ensemble des ONG de défense de l'environnement comme l'unique alternative au réchauffement climatique.
Malgré les projets de partenariats avec des entreprises privées présentés par Washington pour la préservation de l'environnement, les ONG estiment que les Etats-Unis sont les principaux responsables de l'incapacité du sommet à parvenir à une augmentation de l'aide au développement ou à fixer de nouveaux objectifs chiffrés pour réduire de moitié d'ici 2015 la pauvreté dans le monde, comme les pays développés s'y sont engagés en 2000.
Environ 1,2 milliard de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour.
"La réaction au discours de Colin Powell est le reflet exact de la colère des organisations non-gouvernementales au rôle joué par les Etats-Unis à cette conférence", a déclaré Rémi Parmentier, l'un des dirigeants de Greenpeace.
Parmi les alliés des Etats-Unis, seule l'Australie a qualifié le sommet de "succès remarquable".
La délégation américaine a pris soin de rappeler lors de la séance finale que le plan adopté à la conférence n'était pas légalement contraignant, soulignant qu'elle ne pourrait forcer la population des Etats-Unis à se soumettre à des objectifs vaguement définis.
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