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1972-1973 |
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En effet grâce au "modèle dynamique global" de Forrester et Meadows qui combinait sur ordinateur cinq paramètres (ressources naturelles, qualité de la vie, population, pollution, investissement de capitaux), ce célèbre rapport sur "les limites de la croissance" prévoyait l'effondrement du système mondial "au plus tard au cours du siècle prochain". La remise en cause du dogme de la croissance économique et démographique est alors de plus en plus vive, de même que la prise de conscience des limites de cette croissance, limites de plus en plus visibles dans les sociétés industrielles occidentales. Si le rapport "The Limits to Growth " est accueilli comme un scandale et une hérésie par les bien-pensants de la Gauche et de la Droite confondues, c'est que l'on ne prête guère d'attention aux rapports techniques qui formaient le support scientifique du premier rapport du Club de Rome. En 1972, le catastrophisme écologique semble à son comble, avec entre autres la publication en janvier en Grande-Bretagne du Blueprint for Survival dont les principes de base sont contresignés par d'éminents scientifiques et qui alimente également le débat sur la croissance. C'est dans ce contexte d'activité de plus en plus intense que se préparait (depuis 1968 déjà, mais surtout depuis 1971) la grande Conférence des Nations unies sur l'Environnement, à Stockholm en juin 1972, qui est l'un des jalons les plus importants de la mobilisation mondiale pour l'environnement. Il ne s'agissait pas d'une conférence scientifique mais d'une conférence diplomatique et intergouvernementale orientée vers l'action et les décisions politiques. Ses limitations et ses lacunes étaient donc prévisibles, de même que la déception des enthousiasmes qu'elle avait suscités. Mais son rôle positif a surtout été de pousser les pays "en voie de développement" à réfléchir sur le lien entre la protection de l'environnement et leur développement. Et aussi de permettre le lancement du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Plus avant c'est toutes les agences spécialisées de la famille des Nations unies qui ont été invitées à ajouter une nouvelle dimension à leurs activités. La voie était désormais ouverte aux négociations internationales et aux conventions multilatérales. La première d'entre elles, préparée de longue date par l'UICN , vit le jour en mars 1973: la Convention sur le Commerce International des Espèces en Danger (CITES) dite Convention de Washington. 1973 est aussi l'année où les neuf ministres de l'Environnement de la Communauté européenne adoptent le premier programme d'action communautaire pour l'environnement. Partout se développent un grand nombre d'actions, de conférences, de programmes mais sans grande prise encore sur le marché économique et politique implacable du monde industriel qui continue de dévorer et gaspiller ses ressources naturelles à un rythme aveugle. Mais en octobre 1973 la surchauffe économique est brutalement interrompue par la crise du pétrole, la première de cette ampleur en tout cas. Dès lors, avec les menaces de pénurie, le débat économique sur les "limites de la croissance" se trouve dramatiquement au centre de l'actualité de même que la fragilité des grands systèmes de l'économie industrielle. |
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