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Par consommation responsable, nous entendons : poser une exigence de qualité globale (non seulement intrinsèque et sanitaire mais aussi sociale et environnementale) afin de contribuer à la modification des modes de production, de commercialisation et de consommation. Nous considérons que la consommation est, comme tout autre acte économique, l'expression économique d'un comportement au quotidien. Elle peut être individualiste, ou responsable et solidaire. Comment devient-on et comment reste-t-on consommateur responsable ? Il faut tout d'abord prendre conscience des effets sur l'être humain, la société, l'environnement et la démocratie des modes conventionnels de production, commercialisation et consommation. Il faut ensuite avoir accès à une information suffisamment neutre, non orientée par des intérêts économiques, qui permette d'entretenir son esprit critique et de choisir en toute connaissance de cause. Puis il s'agit d'acquérir de nouveaux réflexes : dans ses comportements, dans ses actes d'achat et dans le choix de ses lieux d'achat. Mais les actes d'achat seuls ne suffiront pas à apporter rapidement les changements escomptés, dans un contexte de commerce mondial où des entreprises détiennent un pouvoir supérieur à celui d'Etats entiers. Les cent premières puissances économiques mondiales comptent en effet 49 Etats et 51 entreprises. On comprend les pressions auxquelles peuvent être soumises les Etats. Il faut donc entretenir une mobilisation citoyenne pour faire évoluer l'offre des entreprises et le cadre législatif. Action Consommation invite les citoyens à devenir consommateur responsable en informant :
Il s'agit de participer à une action politique collective par l'accumulation des actes citoyens de chacun. Notre démarche se situe en complément, en convergence et cohérence avec les objectifs des mouvements de résistance à la mondialisation néolibérale, en recherche d'alternatives constructives pour une économie centrée sur l'être humain, respectueuse de la nature. Elle s'attache à mettre en lumière l'articulation entre les niveaux microéconomique, macroéconomique, politique, et les comportements personnels. Il est donc intéressant d'identifier les obstacles et freins à la consommation responsable.
Quelques exemples : En décembre 2001, Carrefour, en tête dans le carnet de notes « Exploiter n'est pas jouer » de l'Ethique sur l'étiquette, communique massivement sur la proposition de rembourser 10 fois la différence de prix si l'on trouve des jouets moins chers ailleurs et se sert ensuite des informations obtenues pour faire pression sur ses fournisseurs ; des marques automobiles respectent et devancent les réglementations en terme d'environnement et s'en vantent haut et fort, mais parallèlement, par leur publicité et leur politique de prix, incitent p.ex. à acheter des voitures climatisées (davantage polluantes et énergivores) et bien sûr le plus de voitures possible, avec des motorisations plus élevées que nécessaire ; EDF a une politique sociale généreuse en France mais désastreuse au Brésil ; la même entreprise communique sur l'énergie nucléaire sans mentionner l'ombre d'un débat. Des entreprises financent, par leurs propres fondations ou par associations interposées, des microprojets d'insertion économique et de solidarité, au nord comme au sud, mais leur action commerciale et économique globale est fortement destructrice d'emploi et d'économie locale. Des banques proposent des produits « éthiques » mais restent présentes dans de nombreux paradis fiscaux et leurs investissements manquent de transparence. Le cas du désastre d'Enron illustre les abus comptables et la culture du mensonge. Le budget publicitaire de Nestlé est supérieur aux ressources de l'OMS. Les institutions doivent jouer un rôle de sensibilisation et de valorisation des actions positives, de législation et de pénalisation pour lutter contre les comportements négatifs nuisant à l'intérêt général. Mais elles tiennent ce rôle de façon très inégale :
Les consommateurs ont un rôle à jouer dans la modification des modes de consommation, dans l'évolution de la demande pour faire évoluer l'offre, et au niveau des exigences pour obtenir un cadre législatif adéquat.
Deux paradoxes illustrent une certaine complicité du consommateur :
En conséquence, il y a un grand décalage entre les déclarations d'intention et les actes d'achat. Chez tous les acteurs, on rencontre des freins culturels et psychologiques : la peur du changement, de l'inconnu ; la peur de manquer ; différentes « croyances » ou « mythes » : la croissance du PIB, le couple « profit moteur de l'économie et économie moteur de la société », le niveau de consommation indicateur du moral des ménages et de la santé de l'économie, le bonheur résultant de l'accumulation de biens matériels, la suprématie de l'avoir sur l'être, etc. Il faut aussi mentionner que la presse, et particulièrement la télévision, s'attache davantage à l'événementiel qu'à l'information en amont. Conditions de l'efficacité et du changement d'échelle Du fait de cette forte interdépendance entre tous les acteurs et de l'attentisme encore dominant, il ne pourra y avoir de réelle efficacité que par une réelle prise de conscience et la volonté de faire face aux questions cruciales qui nous concernent par une action transversale et partagée :
Avec le PIB comme indicateur de richesse, comptabilisant uniquement des biens et services solvables - mais non le lien social, les savoir-faire, le temps échangé, etc. - une stratégie d'après-guerre s'est érigée en loi économique immuable et universelle malgré la montée en puissance des effets pervers : la croissance est surtout celle des inégalités et de la violence (violence économique incluse), l'injuste répartition des richesses et la non-couverture des besoins fondamentaux d'une part croissante de la population, la dégradation des ressources naturelles et de l'environnement. Dans la logique productiviste, la recherche du profit pour le profit entraîne la création infinie de besoins et l'expansion continue des marchés. Il faudrait actuellement quatre planètes pour faire vivre tous les habitants de la terre selon le mode de vie occidental. Après avoir chassé les paysans des campagnes et les commerçants des villes, notre développement chasse également les employés des entreprises. Même en Occident, les signes de confusion sont nombreux : malgré un niveau de vie matériel élevé en moyenne, les populations souffrent d'une perte de repères, de tensions multiples. Il y a souvent confusion des rôles et des comportements entre adultes et enfants . La consommation d'anxiolytiques et psychotropes augmente constamment . Mais nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience de l'urgence à adopter des comportements responsables et à prendre des mesures volontaristes pour modifier le cours des choses. La conférence de citoyens qui a eu lieu en février dernier appelle à la citoyenneté comme « vecteur d'une solidarité universelle, seul comportement rationnel et crucial face à un choix crucial :
Le sondage du CREDOC donne aussi des indications intéressantes. Certains critères plus qualitatifs (que le prix, l'hygiène et la sécurité) ont fait leur place dans l'esprit du consommateur, renvoyant largement à des valeurs ou attentes immatérielles. 64% des personnes interrogées se déclarent incitées à l'achat par une entreprise soucieuse du droit des salariés et 60% par des garanties écologiques. 52% estiment que l'engagement citoyen de certaines entreprises correspond à un changement fondamental dans l'économie. Les enjeux éthiques, sociaux et environnementaux liés à la production des biens de grande consommation seraient devenus un vrai sujet d'attention, voire de préoccupation. Si une entreprise manquait gravement à ses obligations sociales ou environnementales, les consommateurs se déclarent prêts à éviter d'acheter ses produits (63%), à soutenir un boycott (51%) et à modifier leurs habitudes de consommation (47%). Ils se montrent de plus en plus exigeants et demandent des informations transparentes et l'assurance de l'authenticité. S'il convient de relativiser les chiffres de ce sondage et de mesurer l'écart entre déclaration d'intention et actes réels, on se souviendra de la résonance, fait nouveau en France, du boycott de Danone il y a quelques mois. Et il y a bien nécessité d'augmenter le nombre de personnes conscientes de l'urgence à :
Mesures proposées pour favoriser prise de conscience et changement d'échelle
Véronique Gallais, présidente d'Action Consommation Hasard du calendrier : « L'économie mondiale retrouve le chemin de la croissance Aux Etats Unis, l'économie reprend de la vigueur : la croissance est repartie (1.4% au dernier trimestre 2001, en rythme annuel), le chômage a reculé en février pour le deuxième mois consécutif, la productivité du travail augmente fortement, les achats des ménages progressent. Le président de la Fed, la réserve fédérale, Alan Greenspan, avait remarqué, le 7 mars : « Les chiffres récents montrent que l'expansion a déjà repris. » Son analyse est confirmée, et le choc des attentats du 11 septembre sur l'économie s'efface. La capacité de rebond de l'économie américaine est une excellente nouvelle pour le reste du monde. Mais, pour que l'Europe en profite, il faudrait que la reprise soit durable. Or, de nombreux économistes évoquent la thèse d'une possible rechute à la fin de cette année ou au début de 2003. L'appétit des américains pour la consommation les deux tiers de l'activité économique -, notamment d'automobiles et de logements, est intact. Les achats des ménages ont encore progressé de 3% l'an dernier. « La solidité financière et psychologique du consommateur est une véritable surprise » explique l'économiste William Dudley, de Goldman Sachs. » Le Monde - 14 mars 2002 Action Consommation - 21ter rue Voltaire - 75011 Paris - info@actionconso.org |
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