
Quand les femmes sont à l'origine de leur problèmes de bois
Le soleil décline. De retour des champs, les femmes et les filles glanent quelques branches mortes ou brindilles dans un environnement déjà très sollicité. Telle une chorégraphie mal réglée , elles vont, viennent, reviennent , passent souvent au même endroit , en inspectant la brousse.
Lorsque leurs mains sont pleines. Elles déposent leur précieuse cueillette en petits tas pour constituer de maigres fagots.
A cet instant, au moment de lier les fagots, elles s'aperçoivent qu'elles n'ont pas de corde. Alors comme de coutume, elles se saisissent de leur machette, pratiquent une entaille dans le premier petit arbre à leur portée et lui arrachent l'écorce. Celle-ci leur servira de lien.
Chaque jour des centaines de milliers de femmes font le même geste. Elles écorcent les arbres pour attacher leurs fagots. Il en résulte un véritable massacre d'arbres sur le plan environnemental. Ces jeunes arbres dépérissent et ne se développent plus. La production de bois diminue et les femmes doivent aller de plus en plus loin pour se procurer du combustible.
Nous parlons des femmes, mais les hommes ne sont pas moins coupables. Ils utilisent les écorces pour lier les bottes d'épis de mil, construire les cases, et réaliser les clôtures.
Pourtant, il y a des exceptions. Nous avons rencontré au Niger, certaines femmes et certains hommes plus prévoyants.
Ils ne partiraient pour rien au monde au champ sans emporter une corde en Dah. D'ailleurs, ils pratiquent sa culture autour de leurs cases.
En effet, il conviendrait que la culture du Dah soit davantage développée et surtout que les familles prennent l'habitude de l'utiliser comme lien.
Alors, le Dah viendra-t-il un jour au secours des arbres et de la lutte contre la désertification ?
70 petites histoires d'arbres en Afrique
Les arbres : un moyen de lutter contre la pauvreté
Jean Yves Clavreul Editions Ganndal Conakry
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