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Atmosphère pour le développement durable


Indicateurs :

  • Emissions de gaz à effet de serre
  • Emissions d'oxydes de soufre
  • Emissions d'oxydes d'azote
  • Consommation de substances contribuant à la destruction de l'ozone 
  • Concentrations de polluants atmosphériques dans les zones urbaines 
  • Dépenses consacrées à la lutte contre la pollution de l'air 



Ce que font les membres du Collectif RIO + 10

Réseau Action Climat :

Personne(s) contact: Sylvain GODINOT, Coordinateur
Adresse : 2b, rue Jules Ferry - 93100 Montreuil
Téléphone : 01.48.58.83.92
Fax : 01.48.51.95.12
E-mail : infos@rac-f.org
Site Internet : http://www.rac-f.org/
Actions et centre d'intérêt :
Le climat, le climat, le climat ! Mais aussi ce qui y est lié : énergies renouvelables et transports principalement.
Actions prévues dans le cadre " Jo'burg 2002 " :
Suivi des conférences internationales climat; contre expertise du programme national de lutte contre les changements climatiques.

1/  Atmosphère pour le développement durable en France

2/  Prévention de l'appauvrissement de la couche d'ozone stratosphérique

3/  Pollution atmosphérique transfrontière

4/  Atmosphère pour le développement durable dans le reste du Monde



  Prise de décisions: organismes de coordination :

  L'organisme décisionnaire s'agissant de la protection de l'atmosphère est essentiellement le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement. Les décisions relatives à l'effet de serre sont prises par plusieurs ministères, coordonnés au niveau interministériel : le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement, le Ministère de l'équipement, du logement et des transports, le Ministère de l'agriculture, le Ministère de l'industrie et le Ministère de la recherche.

  S'agissant de la protection de la couche d'ozone, les décisions découlent du protocole de Montréal. Elles sont d'abord prises au niveau de la Communauté Européenne. Puis au niveau français, les décisions sont prises par plusieurs ministères, coordonnés au niveau interministériel : le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement, le Ministère de l'agriculture, le Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie et le Ministère des affaires étrangères. Le conseil national de l'air, installé le 5 mars 1998 par la ministre de l'environnement, constitue un organe de concertation, de consultation et de propositions dans le domaine de la lutte contre la pollution de l'air et de l'amélioration de la qualité de l'air. Il peut être saisi par le ministre chargé de l'environnement pour donner son avis sur toutes les questions relatives à la lutte contre la pollution de l'air et à l'amélioration de la qualité de l'air. Le Conseil national de l'air peut être consulté sur les projets de textes législatifs et réglementaires ayant une incidence dans ce domaine. Créée en 1992, la mission interministérielle de l'effet de serre (MIES) est rattachée au Premier Ministre tout en étant placée à la disposition du Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement qui conduit les délégations françaises dans les négociations européennes et internationales sur le sujet.

  La mission interministérielle de l'effet de serre est chargée de coordonner l'action de la France dans sa lutte contre les émissions de gaz à effet de serre tant au niveau national que dans les instances européennes et internationales. Puisque la protection de la couche d'ozone relève d'abord de décisions communautaires, c'est le Secrétariat général du comité interministériel pour les questions de coopération économique européenne (SGCI), rattaché au premier ministre, qui est chargé de coordonner les positions françaises sur le sujet. Les nouveaux contrats de plan Etats-Régions qui couvrent la période 2000-2006 intègrent pour la première fois et de façon explicite la préoccupation de la dimension effet de serre. Il en sera de même des futurs contrats d'agglomération et de pays. Dans l'élaboration des contrats de plan l'Etat a veillé à ce que l'effet de serre soit pris en compte en cohérence avec la façon de le traiter dans les exercices de planification des schémas de service collectif.





  Prise de décisions: législation et réglementations :

  Le Protocole de Montréal (1987) a été signé le 28 décembre 1988. L'Amendement de Londres (1990) a été signé le 12 février 1992. L'Amendement de Copenhague (1992) a été ratifié le 3 janvier 1996.  La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a été ratifiée le 25 en mars 1994. Dans le cadre de la pollution atmosphérique transfrontière, la France a signé la convention d'Helsinki sur l'impact transfrontières des accidents industriels. Cette convention prévoit des échanges d'informations en cas d'accidents ainsi qu'une assistance mutuelle éventuelle. La France a mis en place depuis de très nombreuses années une politique de prévention et de gestion des risques industriels qui s'applique à l'ensemble de son territoire, et donc dans les zones pouvant induire des effets transfrontières en matière de pollution atmosphérique. La France a signé et ratifié la Convention de Genève sur la pollution transfrontière de longue distance (1979), le Protocole de Sofia sur l'oxyde d'azote (1988). Elle a signé le Protocole sur le CO2 (1991) et le Protocole d'Oslo sur le soufre (1994) qui seront ratifiés en 1997.

  La France a signé et ratifié la Convention de Vienne sur la notification rapide en cas d'accident nucléaire (1986). Enfin, la France a signé un certain nombre de conventions ou d'accords bilatéraux et multilatéraux. La législation nationale a été en partie revue à la lumière d'Action 21.

  La France a adopté le 30 décembre 1996 la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (loi 96-1236). Au 1er janvier 2000, l'ensemble du territoire doit être couvert par un dispositif de surveillance de la qualité de l'air. La loi affirme le droit des populations à l'information sur la qualité de l'air et les effets sur la santé et l'environnement de la pollution. Elle prévoit l'adoption de plans régionaux pour la qualité de l'air fixant des orientations permettant de prévenir ou de réduire la pollution atmosphérique; elle prévoit l'adoption de plans de protection de l'atmosphère pour les agglomérations de plus de 250 000 habitants et les zones où les valeurs limites sont dépassées ou risquent de l'être; elle prévoit la mise en oeuvre de mesures d'urgence lorsque les seuils d'alerte sont atteints ou risquent de l'être, le préfet doit prendre les mesures visant à limiter la pollution; enfin, elle prévoit l'adoption de plans de déplacements urbains définissant les principes d'organisation des transports et de la circulation.

  Au niveau national, la loi relative aux installations classées pour la protection de l'environnement (1976) et la loi sur l'air et l'utilisation de l'énergie (1996) sont les principaux fondements de la politique de réduction des émissions. De nombreux décrets et arrêtés pris en application de la loi de 1976 visent spécifiquement certaines catégories de sources émettrices. Au niveau local, la prévention des émissions est assurée par le biais des arrêtés préfectoraux d'exploitation des installations classées et des réglementations locales, mais également par les dispositions prises dans le cadre des procédures d'alerte: elles peuvent toucher aussi bien les gros émetteurs industriels que chaque citoyen, par le biais d'une restriction du trafic routier.

  Par ailleurs, dans le cadre de l'Union Européenne, la France applique le règlement (CE) No 3093/94 du Conseil du 15 décembre 1994 relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone. Ce règlement est plus strict que le Protocole de Montréal: arrêt de la production et de la consommation des halons au 1/1/94, des chlorofluorocarbures (CFC) et du tétrachlorure de carbone au 1/1/95, du trichloroéthane et des hydrobromoflurocarbures (HBFC) au 1/1/96; arrêt de la consommation des HBFC au 1/1/96; arrêt de la consommation des hydrochlorofluorocarbures (HCFC) au 1/1/2015. La Directive cadre 96/62/CE définit les principes de base d'une stratégie commune pour fixer les objectifs de qualité de l'air dans l'Union européenne. En ce qui concerne les émissions de véhicules, voir les informations contenues sous la catégorie «transports». La législation concernant la protection de la couche d'ozone découle du protocole de Montréal. Celui-ci a pris le parti de régler le problème à la source, c'est à dire qu'il réglemente la production et la consommation des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, non les émissions.

  L'Union européenne a adopté le règlement (CE) n° 2037/2000 le 29 juin 2000 relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, modifié par les règlements (CE) n°2038/2000 et n°2039/2000 du 28 septembre 2000. Il est plus strict que le protocole de Montréal. La France a adopté le décret 98-560 du 30 juin 1998 modifiant le décret 92-1271 du 7 décembre 1992 relatif à certains fluides frigorigènes utilisés dans les équipements frigorifiques et climatiques. Par ailleurs, les entreprises qui produisent ou stockent des produits destructeurs de la couche d'ozone sont des installations classées pour la protection de l'environnement soumises à la loi du 19 juillet 1976 sur les installations classées. S'agissant de l'effet de serre, les différentes réglementations thermiques successives dans le bâtiment neuf ont permis de maintenir les consommations depuis 1973 à un niveau comparable, alors que les surfaces ont progressé de 49%.

  Une réglementation porte sur le réglage et le suivi des grandes installations de combustion, tous secteurs confondus. La loi sur l'air comporte également des obligations d'intégration de quantités minimales de bois dans la construction, l'affichage des consommations des logements et des locaux tertiaires, la réversibilité des énergies dans les bâtiments neufs. La taxe parafiscale sur la pollution atmosphérique (TPPA) s'inscrit dans le cadre de l'application du pollueur payeur. Les émissions de SO2, de NOx, d'acide chlorydrique (HCl) et de COVNM sont visées pour certaine catégories d'établissements. Cette taxe, depuis le 1er janvier 1999, est incluse dans la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). Elle est redistribuée aux industriels pour acquérir ou améliorer leurs équipements de dépollution, aux actions de recherche et de développement des techniques de prévention, de réduction ou de mesure de la pollution ainsi qu'aux réseaux de surveillance de la qualité de l'air.

  Les pouvoirs publics mènent vis-à-vis des entreprises industrielles une politique d'incitation notamment en vue de réduire les émissions de bromure de méthyle. Celle-ci se manifeste notamment par le biais de prêts ou subventions permettant d'accélérer les efforts en matière d'économies des ressources et de lutte contre la pollution. En outre plusieurs accords volontaires ont été signés ou en cours de négociation avec les principales branches industrielles. Le gouvernement se fixe comme objectif une réduction de moitié des émissions dans l'atmosphère de métaux toxiques (plomb, cadmium, mercure...) à l'horizon 2005. Un plan d'action sera précisé à cet effet, en se fondant sur la loi de 1976 relative aux installations classées pour la protection de l'environnement. Ces réductions seront atteintes par des mesures concernant notamment les usines d'incinération d'ordures ménagères, les aciéries électriques, les verreries, les installations d'élaboration ou d'affinage de métaux, etc...

  S'agissant de l'effet de serre, la France a décidé de mettre en place une taxe sur la consommation des entreprises, la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). Elle s'appliquera dès 2001 sur une assiette constituée de la part dépassant 100 tonnes équivalent pétrole sur la consommation de l'établissement. Les entreprises fortement intensives en énergie feront l'objet d'un abattement permettant de ne pas handicaper leur compétitivité. Le niveau de la taxe est fixé à 260 FF/TC et 13 francs par megawatt heure d'électricité. Depuis septembre 1999, les travaux dans les bâtiment existants, lorsqu'ils sont réalisés par des entreprises, font l'objet d'un taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cela constitue en particulier une incitation à la réalisation de travaux d'amélioration thermique. Les appareils de production d'énergie renouvelable ont été inclus dans cette mesure.





Prise de décisions: stratégies, politiques et plans

  Il convient de rappeler que dans les secteurs énergie, transport et industrie, la prise en compte de l'environnement constitue une priorité tant au regard de l'utilisation de l'énergie qu'en matière de recherche.

  En complément des politiques à caractère réglementaire, les pouvoirs publics mènent vis-à-vis des entreprises industrielles une politique d'incitation notamment en vue de réduire les émissions de bromure de méthyle. Celle-ci se manifeste notamment par le biais de prêts ou de subventions permettant d'accélérer les efforts en matière d'économies des ressources et de lutte contre la pollution. En outre, plusieurs accords volontaires ont été signés ou sont en cours de négociation avec les principales branches industrielles. La politique française de lutte contre la pollution atmosphérique, dont les actions sont menées par le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement vise à réduire la pollution au niveau le plus bas que permettent les techniques et les conditions économiques.
Elle s'appuie sur:

  • des programmes de recherche destinés à améliorer la connaissance scientifique des phénomènes
  • un dispositif de suivi de la qualité de l'air
  • la réglementation des émissions de polluants
  • la promotion des modes de transport les moins polluants
  • le développement d'une fiscalité écologique favorisant les activités et les industries ou véhicules propres;
  • la sensibilisation de l'opinion publique
  • les mesures d'urgence.

  •   S'agissant de l'effet de serre, les engagements pris à Kyoto ont nécessité la mise en oeuvre d'un nouveau «Programme national de lutte contre le changement climatique (2000/2010)», validé le 19 janvier 2000 (le premier programme date de 1995). Cohérent avec les objectifs souscrits par l'Europe et la France dans le cadre du protocole de Kyoto, il prépare les efforts qui seront encore nécessaires au-delà de ces objectifs. Ce programme, efficace au plan environnemental et le moins coûteux possible sur le plan économique, s'accompagne d'avantages technologiques, commerciaux, sociaux.

      Il prévoit enfin les instruments de suivi et d'évaluation de son exécution. En matière d'émission de gaz à effet de serre, le programme national de lutte contre le changement climatique comporte une centaine de mesures qui concernent sept secteurs: industrie, transports, bâtiments, agriculture-forêt, déchets, gaz frigorigènes, production d'énergie. Le recours à une fiscalité écologique est prônée. En matière de développement des ressources terrestres et marines pour la séquestration des gaz à effet de serre, le programme national de lutte contre le changement climatique prévoit une augmentation des aides au boisement des terres agricoles de façon à parvenir à un rythme annuel de 30 000 ha/an d'ici 2006.

      Le plan national pour la forêt française (janvier 2000) prévoit des aides pour la reconstitution de 300 000 ha de forêts en dix ans, qui se fera au détriment du boisement des terres agricoles. L'utilisation du bois comme matériau de construction en tant que piège à carbone est également encouragé par la loi du 30 décembre 1996 sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (un décret fixera les quantités minimales de matériau en bois que devront comporter certaines constructions neuves).

      Enfin, le programme «Bois-énergie et développement local» favorise le développement de l'utilisation du bois-énergie, notamment pour le chauffage collectif. En ce qui concerne les matières qui endommagent la couche d'ozone, la France a ratifié le protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone. L'objectif est parvenir à une restauration de la couche d'ozone sur une période de cinquante ans. Au niveau communautaire, le règlement (CE) n° 2037/2000 relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone a été adopté le 29 juin 2000, modifié par les règlements (CE) n°2038/2000 et n°2039/2000 du 28 septembre 2000. Il est plus strict que le protocole de Montréal.

      En matière de pollution aérienne transfrontalière, la France est touchée par la pollution acide. Elle a donc mis en place une stratégie dans le cadre de la convention sur la pollution transfrontière à longue distance, adoptée à Genève en 1979 (complétée par huit protocoles depuis son entrée en vigueur en 1983, dont quatre visent la réduction des émissions acidifiantes).

      Concernant la pollution soufrée, le protocole d'Oslo engage la France sur une réduction de SO2 de 74% en 2000, 77% en 2005 et 78% en 2010 par rapport au niveau de 1980. Sur cette base, l'objectif était de réduire de 60% d'ici 2010 la superficie des écosystèmes sensibles dans lesquels les charges critiques pour le SO2 ont été dépassées en 1990. Un nouvel accord dit protocole «multi-polluants/multi-effets» a été adopté à Göteborg le 1er décembre 1999 et signé par la France. Il l'engage sur des plafonds d'émission de 400 kt pour le SO2, 860 kt pour les NOx, 780 kt pour le NH3 en 2010.

      Par ailleurs, la France est régulièrement confrontée à la pollution photochimique par l'ozone troposphérique. Le même protocole de Göteborg fixe un plafond national d'émission de 1 100 kt COVNM à l'horizon 2010. Enfin, dans le cadre de la convention de Genève, deux protocoles ont été signés par la France. Le premier concernent les polluants organiques persistants (POP) et porte sur seize produits. Le second protocole porte sur les métaux lourds.

      Concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les objectifs sont les suivants: pour la période 2008-2012, la France devra retrouver en moyenne le niveau d'émission de gaz à effet de serre de 1990 (protocole de Kyoto), soit 144 millions de tonnes d'équivalent carbone. Concernant la conservation et l'accroissement du fonçage des gaz à effet de serre, les mesures sont décrites dans le programme national de lutte contre l'effet de serre mentionné ci-dessus.

      Concernant l'atténuation de l'appauvrissement de la couche d'ozone, l'objectif fixé par le protocole de Montréal et ses amendements est de parvenir à une restauration de la couche d'ozone sur une période de cinquante ans. Dans le but de réduire ses pollutions atmosphériques transfrontalières, la France a ratifié la convention sur la pollution transfrontière à longue distance, adoptée à Genève en 1979, et signé ses différents protocoles, qui lui fixent des objectifs.





    Prise de décisions: participation des groupes principaux :

      En matière de pollutions locales et transfrontières, les associations de surveillance de la qualité de l'air jouent un rôle important puisqu'elles ont en charge les réseaux de surveillance de la qualité de l'air. Elles fournissent les résultats des observations sur sites internet. En matière d'effet de serre, l'élaboration du programme National de lutte contre le changement climatique a débuté par une phase de six mois de consultations régulières avec des représentants ministériels, des experts et des acteurs économiques et associatifs. Au niveau régional, des consultations et réunions d'information ont également été menées, accompagnant en particulier la négociations des contrats de plan Etat-Région.

      D'une manière générale, les organisations non gouvernementales (ONG) ont un rôle consultatif auprès de la Mission Interministérielle de l'Effet de serre aussi bien pour ses fonctions à caractère national que pour ce qui concerne les négociations internationales. En matière de protection de la couche d'ozone, le commerce et l'industrie, les communautés scientifiques et technologiques et les agriculteurs ont un rôle consultatif dans le cadre du processus décisionnel.





    Programmes et projets :

      Il existe en France un programme national de prévention du changement de climat, et de nombreuses actions visant à la maîtrise des consommations d'énergie et à la réduction des émissions de CO2, notamment par une politique vigoureuse de maîtrise de l'énergie dans les bâtiments et l'industrie et de nombreuses mesures spécifiques visant à infléchir la politique des transports et à réduire les émissions des véhicules, par le développement du stock de carbone lié à la forêt, le développement des énergies nouvelles et renouvelables et des mesures réglementaires spécifiques pour limiter les émissions de méthane (CH4) des décharges existantes et les émissions d'oxyde nitreux (N2O) des ateliers industriels les plus fortement émetteurs.


      Une centaine de stations nationales d'observation participent au Système mondial d'observation du climat pour la composante atmosphérique.
    Pour la composante océan/atmosphère, on peut citer en particulier le satellite géostation Météostat (télédetection). A l'échelon national un grand nombre d'activités sont menées, entre autres, dans les domaines suivants: système national de détection anticipée, capacité nationale de prévision des changements de fluctuations, renforcement des moyens dont le pays dispose pour procéder à des observations et évaluations systématiques, ainsi que des activités de formation concomitantes.

      En ce qui concerne les méthodes visant à réduire la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, la France donne la priorité aux actions de prévention. Toutefois, des recherches sont engagées en France, dans le cadre de programmes internationaux pour préciser à terme la nature et le niveau des risques. Ces actions relèvent du secteur public. Pour ce qui a trait à la lutte contre la pollution atmosphérique, le réseau MERA (Mesures des Retombées Atmosphériques) comporte 13 stations qui participent à deux réseaux internationaux : le réseau EMEP (European Monitoring and Evaluation Programme) créé en 1966 (dix stations françaises) et le programme BAPMON (Background AirPollution Monitoring Network) trois stations en France gérées par la Météorologie Nationale. Dans le cadre du système mondial d'observation de l'ozone, la France possède les Observatoires de Haute Provence, de l'Ile de la Réunion et Baie Dumont d'Urville en Antarctique. Dans le cadre de la réduction des émissions et des concentrations de gaz à effet de serre, les aides publiques à l'industrie ayant une incidence positive sur l'effet de serre incluent le régime d'amortissement exceptionnel pour les matériels économisant l'énergie, ainsi que les aides administrées principalement par l'Ademe et par les Directions régionales de l'industrie, de l'environnement et de la recherche (DRIRE).

      Les pouvoirs publics français ont décidé au début de l'année 1998 une relance de la maîtrise de l'énergie et à la fin de l'année 2000 un programme d'amélioration de l'efficacité énergétique. Des engagements volontaires de réduction des émissions de gaz à effet de serre ont été souscrits par plusieurs fédérations d'industrie (Fédération française de l'acier, chambre syndicale des fabricants de chaux grasses et magnésiennes, syndicat français de l'industrie cimentière, chambre syndicale des verreries mécaniques de France). La réglementation enfin institue un cadre d'incitation de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour favoriser l'utilisation du bois énergie en substitution de combustibles fossiles, le Conseil des Ministres du 19 janvier 2000 a décidé d'intervenir auprès de la commission européenne pour abaisser le taux de TVA appliqué à la vente de biochaleur à 5,5%.

      Suite à la double tempête de décembre 1999, un programme spécial de reconstitution de la forêt endommagée a été décidé au Conseil des Ministres en janvier 2000. Cette action, conformément à l'Article 2 du Protocole de Kyoto, contribue à la préservation des stocks de carbone dans les forêts. Les mesures et changements apportés pour prévenir une continuation de l'appauvrissement de la couche d'ozone sont ceux imposés par la législation. La législation européenne est d'ailleurs plus stricte que le protocole de Montréal. A ce jour, compte tenu notamment des efforts à déployer pour reconstituer les forêts endommagées par la tempête, peu de mesures ou activités ont été mises en place en vue d'accroître la séquestration des gaz à effet de serre.

      Néanmoins, dans le cadre du plan national de lutte contre l'effet de serre, il est prévu une augmentation des aides au boisement des terres agricoles de façon à parvenir à un rythme annuel de 30 000 ha/an d'ici 2006. Le plan national pour la forêt française (janvier 2000) prévoit des aides pour la reconstitution de 300 000 ha de forêts en dix ans, qui se fera au détriment du boisement des terres agricoles. Dans le but de favoriser une meilleure compréhension des processus et des conséquences des changements atmosphériques, le Programme de recherches interorganismes pour une meilleure qualité de l'air à l'échelle locale (PRIMEQUAL) mènent aujourd'hui des actions conjointement avec celles du programme PREDIT (Programme de recherche, d'innovation et de développement dans les transports terrestres) visant en particulier une meilleure connaissance des effets de la pollution de l'air sur la santé, le développement de la modélisation des phénomènes et la mesure de nouvelles substances ou indicateurs de pollution.

      Ces deux programmes sont conduits conjointement par les ministères chargés de l'environnement, de la recherche et de la santé pour le premier et les ministères chargés de l'environnement, des transports, de l'industrie et de la recherche pour le second. Une étude a été réalisée sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique dans neuf agglomérations françaises, par l'Institut national de Veille Sanitaire et financée conjointement par les ministères de l'environnement et de la santé; elle complète l'étude ERPURS conduite sur la région Ile-de-France. Les résultats de la première phase ont été présentés en avril 1999. L'Institut national de Veille Sanitaire poursuit ce travail jusque fin 2000 lors de la deuxième phase du projet. Des études préalables à la mise en place des réseaux (implantation des stations) et celles nécessaires à l'élaboration des Plans régionaux pour la qualité de l'air (PRQA) et des Plans de protection de l'atmosphère (PPA) sont menées.

      Au cours de l'année 2000, la première phase du programme ESCOMPTE (Expérience sur site pour contraindre les modèles de pollution atmosphérique et de transport d'émissions) a été lancée. Ce programme consiste à réaliser une campagne de mesure intensive sur le site de Berre-Marseille qui produira une cartographie tridimensionnelle très détaillée des émissions de substances polluantes, de la composition et de la dynamique de l'air, lors d'épisodes de pollution atmosphérique.

      Cette base de données sera principalement destinée à tester et valider des modèles physico-chimiques de pollution atmosphérique développés notamment dans le cadre de PRIMEQUAL ces dernières années. De tels modèles destinés à l'analyse et à la prévision de la qualité de l'air constituent des outils très importants en vue de mettre en oeuvre des stratégies de prévention de la pollution de l'air telle que la pollution par l'ozone ou les particules fines. Outre ces retombées en termes de compréhension des processus atmosphériques, ESCOMPTE contribuera également à l'amélioration et au développement de ces modèles.

      Les recherches menées à l'échelle régionale sont davantage consacrées à l'étude des impacts de la pollution atmosphérique sur les différents écosystèmes (forestiers, agricoles, alpins, aquatiques) en vue de l'élaboration notamment de cartes des charges critiques (quantité de polluant qu'un écosystème est susceptible de recevoir sans dommage irréversible) pour l'acidité, et en particulier le soufre, mais également depuis peu, pour les métaux lourds. Ces travaux s'inscrivent notamment dans le cadre de la Convention de Genève sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance.

      L'INERIS étudie la modélisation et la gestion des risques liés à la pollution atmosphérique. Dans le domaine des pollutions transfrontières, l'Institut participe depuis quelques années aux travaux du PIC «Modèles d'évaluation intégrée», dans le cadre des réflexions ONU sur les stratégies de réduction des émissions. En 2000 l'INERIS s'est également impliqué dans les travaux relatifs à la modélisation des transports, et dans la réflexion sur les effets (notamment les métaux, l'ozone). Dans le futur, les "nouveaux" polluants verront se concentrer l'essentiel des efforts: polluants organiques persistants (POPs), métaux; particules. En ce qui concerne l'effet de serre, Météo-France mène plusieurs recherches en partenariat avec d'autres organismes: Projet "Analyse de scénarios de changement climatique lié aux Activités humaines"; Projet de base de données de simulations climatiques pour les études d'impact, etc...

      Au niveau national il y a le Programme National d'Etude de la Dynamique du Climat et le programme Gestion et Impact du Changement Climatique. Une liste de laboratoires travaillant sur la thématique climat figure sur le Web à l'adresse suivante: www.cnrs.fr/dossiers/dosclim/rechfran/pagsuiv0.htm. Mais il s'agit d'une interprétation très large de "meilleure compréhension des processus et conséquences des changements climatiques". Une interprétation très restrictive conduit au CNRM (GAME pour la partie associée au CNRS et à l'IPSL). S'agissant de la protection de la couche d'ozone, les chercheurs français ont joué un rôle majeur dans la réalisation des campagnes européennes d'étude de l'ozone stratosphérique arctique et dans l'interprétation des données recueillies. L'Observatoire de Haute-Provence (OHP) fait partie d'un réseau mondial de sept stations particulièrement bien équipées pour suivre les tendances à long terme de l'ozone stratosphérique.





    Etat de la situation : S'agissant des pollutions locales et transfrontières, différents programmes de recherche concernant les effets de polluants sur la santé sont en cours (PRIMEQUAL/PREDIT). S'agissant de l'effet de serre, l'impact des changements atmosphériques n'a pu encore être appréciés. Mais les impacts futurs des changements atmosphériques ont fait l'objet d'une publication de la mission interministérielle de l'effet de serre «Impacts potentiels au changement climatique en France au XXIème siècle». Voici les changements des émissions et des concentrations des gaz à effet de serre en France entre 1990 et 1998:

    Emissions nationales agrégées* de 6 gaz à effet de serre

    Emissions nettes de N2O** de CO2 : 95,0 en 1990 ; 89,0 en 1994 ; 84,0 en 1998Emissions de HCF: 2,3 en 1990, 0,9 en 1994 ; 3,4 en 1998
    Emissions de PFC: 3,2 en 1990 ; 1,4 en 1994 ; 1,6 en 1998
    Emissions de SF6: 2,2 en 1990 ; 2,3 en 1994 ; 2,3 en 1998

    Source : CITEPA/CORALIE, inventaire au format IPCC au 1er mars 2000

    * les émissions agrégées sont calculées à l'aide du PRG à 100 ans, sur la base des coefficients suivants: CO2 = 1; CH4= 21; N2O = 310; SF6= 23900; HFC et PFC = valeurs variables en fonction des molécules utilisées ou émises. Elles sont exprimées en unité équivalent CO2. Les émissions du trafic maritime international et du trafic aérien international sont exclues.
    ** émissions brutes de CO2 diminuées des puits (stockage de carbone par la végétation)

    Chiffres Métropole et DOM-TOM

    L'augmentation de la séquestration de carbone peut se faire pour des activités forestières ou agricoles. Dans le domaine forestier, il est possible d'accroître le stock de carbone à long terme par l'amélioration des peuplements dégradés, notamment des taillis appauvris (2 à 4 millions d'hectares). Dans l'agriculture, l'intensification et l'abandon de terres peut conduire à la mise à disposition de terres pour le boisement (plusieurs dizaines de milliers d'hectares). Enfin, le changement de pratiques agricoles pourrait également conduire à une augmentation du stock de carbone dans les sols (plusieurs millions d'hectares). En France, on évalue à 24% la déduction opérée dans le bilan des émissions du fait des puits de CO2 par rapport aux émissions brutes. Il n'existe pas de statistiques quant aux volumes des émissions des substances qui appauvrissent l'ozone. A défaut, la France peut fournir des chiffres sur les productions et les consommations de telles substances.

    Production de bromure de méthyle:
     
    T ODP eq Production
    1991 2517
    1992
    1993
    1994
    1995 2062
    1996 2740
    1997 2578
    1998 2080
    1999 1903

    Production nationale de HCFC
     

    T ODP eq Production
    1989 792
    1990
    1991
    1992 2046
    1993 2890
    1994 4724
    1995 5798
    1996 5673
    1997 5335
    1998 6314
    1999 6299

    Source : MATE/DPP

    La production de 1.1.1 trichloroéthane était de 260 tonnes ODP équivalent en 1999, 737 tonnes ODP équivalent en 1998 et 692 tonnes ODP équivalent en 1997. La France a cessé sa production de halons au 1er janvier 1994, celle de CFC et de tetrachlorure de carbone au 1er janvier 1995, et celle du trichloroéthane et des HBFC au 1er janvier 1996, allant ainsi au delà de ses engagements dans le cadre du protocole de Montréal.





    Enjeux principaux :

      La France respecte de façon satisfaisante les directives communautaires relatives à la qualité de l'air ambiant. On relève cependant quelques épisodes de formation d'ozone photochimique avec dépassement des seuils d'information du public. Ces épisodes sont en général associés à la pollution d'origine automobile dans les grandes agglomérations, en conditions anticycloniques avec fort ensoleillement. La loi sur l'air autorise alors la mise en oeuvres de mesures permettant de réduire la vitesse de circulation des automobiles ou de restreindre la circulation dans les zones les plus touchées.

      En parallèle avec le renforcement constant des normes limitant les émissions des véhicules, des mesures propres à réduire la fréquence de ces situations doivent être prises localement dans le cadre de la mise en oeuvre des plans de déplacement urbains. Un programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau national nécessite, afin d'être efficace, de relever d'un niveau de décision interministériel. En outre, pour un pays comme la France, certaines mesures ne peuvent être, prises au seul niveau national et relèvent du niveau européen. Enfin, de nombreux aspects de la lutte contre le changement climatique dépendent d'actions prises par les acteurs territoriaux, que ce soit dans le secteur du transport, du logement, de la production d'énergie. Or les collectivités territoriales ne disposent pas actuellement de financements spécifiques pour mener de telles actions. S'agissant de la protection de la couche d'ozone, la gestion du protocole de Montréal, au fur et à mesure de ses amendements, devient de plus en plus une micro-gestion (autorisations exceptionnelles pour des usages particuliers, etc.), qui nécessite notamment de plus en plus de temps, donc de moyens. La constitution de ressources terrestres et marines dans le but d'accroître la séquestration de gaz à effet de serre dépendra des conditions dans lesquelles (et jusqu'à quel degré) les négociations en cours permettront de prendre en compte l'Article 3.4 du Protocole de Kyoto dans la première période d'engagement 2008-2012.





    Renforcement des capacités, éducation, formation et sensibilisation
    • Pollutions locales et transfrontières :
      Dans le cadre de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (30/12/96), le Gouvernement doit publier chaque année un inventaire des émissions des substances polluantes. Par ailleurs, le dispositif de surveillance de la qualité de l'air s'est énormément développé au cours des dernières années, il couvre désormais l'ensemble du territoire. Les données de mesure de 700 stations de surveillance regroupées au sein de la BDQA (Base nationale de Données sur la Qualité de l'Air) sont consultables à distance par les professionnels. Des informations relatives à la qualité de l'air sont en outre diffusées vers le grand public par les associations qui assurent la gestion des réseaux de mesures, par le biais de sites internet. Elles peuvent aussi être relayées au niveau local ou régional par la presse, la radio et la télévision.

    • Effet de serre
      La Mission interministérielle pour l'effet de serre (MIES) a mis en place un site internet (www.effet-de-serre.gouv.fr) afin que chacun puisse accéder directement à une information actualisée sur la lutte contre l'effet de serre. La MIES, la DATAR et l'Ademe se sont associées pour publier le "Mémento des décideurs" afin de permettre aux décideurs locaux d'être à même dévaluer les conséquences de leur choix sur le volume de gaz à effet de serre et sur son évolution à moyen et long terme. Ce document a été largement diffusé auprès des préfets de région et des conseils régionaux, et est à la disposition des collectivités locales. Dans les contrats de plan Etat-régions, l'information, la sensibilisation et la formation constituent l'un des quatre grands thèmes prioritaires d'application pour la lutte contre l'effet de serre. Dans ce cadre, des conférences régionales destinées à tous les partenaires intéressés par la contractualisation (Etat, collectivités locales, société civile) seront organisées afin de les aider à prendre en compte l'effet de serre dans leurs futures négociations avec l'Etat. Par ailleurs, des colloques et expositions permettent au grand public d'appréhender concrètement quels pourraient être les effets d'un réchauffement climatique sur le territoire national.

    • Protection de la couche d'ozone :
      Des brochures sont régulièrement réalisées par l'Ademe. Par ailleurs, le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement participe à des conférences et salons. Dans le but de promouvoir de bonne heure une prise de conscience des effets néfastes entraînés par les changements climatiques, les élèves des classes de seconde étudient l'effet de serre en géographie. Ils sont alors sensibilisés à l'effet de l'homme sur son environnement global. Ils étudient également le dilemme environnement-développement. On peut penser introduire à l'école primaire une réflexion sur la pollution en faisant une distinction sur la pollution locale et la pollution globale, à partir d'exemples illustrant leurs manifestations. Le cas échéant, coupler cet enseignement avec des mesures exemplaires d'économie d'énergie en milieu scolaire seraient bien entendu extrêmement utiles pour montrer comment chacun peut agir sur son environnement, pas seulement local, mais aussi pour lutter contre le changement climatique. Au niveau secondaire, on peut davantage insister sur les dimensions géopolitiques des négociations pour parvenir à un accord mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un autre thème à développer au lycée est la problématique de l'effet de serre pour les pays en développement. Dans le cadre du renforcement des capacités en matière de pollutions locales et transfrontières, la Banque nationale a mis en place des données sur la qualité de l'air (BDQA), base de données gérée par l'ADEME.

      La BDQA a pour vocation de collecter l'ensemble des résultats de mesure des associations de surveillance et de les mettre à disposition des scientifiques. Elles sont notamment utilisées par les chercheurs et médecins notamment afin d'évaluer les effets de la pollution atmosphérique sur la santé.  Elle doit également servir de relais vers certaines instances internationales telle que l'agence européenne de l'environnement. S'agissant de l'effet de serre, des programmes de renforcement des capacités, en particulier des compléments de formation, des encadrements de thèses, des ateliers d'information, des sessions de formation ont été réalisées pour aider à la formation de partenaires du Nord et du Sud (niveaux experts et personnel technique), notamment dans les domaines de la recherche, de la collecte et de l'évaluation des données, pouvant être utilisées pour la caractérisation des changements passés ou futurs.





    Information :

      S'agissant des pollutions locales et transfrontières, les associations de surveillance de la qualité de l'air ont été renforcées: le réseau de surveillance de la qualité de l'air couvre aujourd'hui la totalité des agglomérations de plus de 100 000 habitants. L'information du public a été facilitée par la mise en place de sites internet. L'indice ATMO (indicateur journalier de la qualité de l'air) est mesuré à partir des mesures de dioxyde d'azote, dioxyde de soufre, ozone et particules. L'ensemble des données recueillies est rassemblé dans la Base de données sur la qualité de l'air (BDQA). Par ailleurs, en dehors des observations menées par les associations de surveillance de la qualité de l'air, des campagnes d'observation sont menées par des universitaires.

      En outre des inventaires des émissions atmosphériques des principaux polluants gazeux sont réalisés par le CITEPA pour le compte du ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement. Ces inventaires sont notamment réalisés pour rendre compte des efforts faits pour satisfaire les engagements de réductions pris en application de la convention sur la pollution transfrontière.

      Pour ce qui est de l'effet de serre, l'Etablissement Public Météo-France a entre autres pour responsabilité d'assurer la mémoire pérenne du climat national. A cette fin, il gère des bases de données sécurisées, auxquelles d'autres organismes producteurs de données contribuent (Electricité de France, Agences de bassins, service de protection des végétaux, réseaux autoroutiers ou de qualité de l'air). Pour ce qui est des précipitations, Météo-France gère une base nationale avec le soutien du Ministère de l'Environnement.

      Le Centre d'Etude de la Neige gère une base spécifique aux conditions de montagne, relatives en particulier au manteau neigeux. La circulation des données entre leur lieu de production et l'archive centrale implique divers niveaux de contrôles temporels ou spatiaux en temps réel. Météo-France n'est pas en charge du contrôle de l'impact des actions visant à limiter le réchauffement climatique. L'Etablissement a toutefois engagé diverses études, visant a estimer les tendances à long terme sur l'occurrence de phénomènes extrêmes, comme les tempêtes. Enfin, Météo-France participe à l'effort international de caractérisation du changement global à l'aide d'indices climatiques (il en existe plus de 200!).

      s la fin des années 1980, la France s'est dotée d'indicateurs permettant d'évaluer secteur par secteur l'efficacité énergétique et ses variations dans le temps. Etendus par la Commission européenne à l'ensemble des Etats Membres, ces indicateurs, et les bases de données qui permettent de les générer sont des outils importants pour évaluer les émissions de CO2 et en suivre les variations. En ce qui concerne la protection de la couche d'ozone il n'existe pas de données sur les consommations nationales de substances qui appauvrissent la couche d'ozone, uniquement des données au niveau de l'Union européenne. Concernant la mise à la disposition des utilisateurs éventuels au niveau national, l'ensemble des données recueillies en matière de pollutions locales et transfrontières est consultable sur le site de l'ADEME: www.ademe.fr

      Pour ce qui est de l'accès des utilisateurs, au niveau national, aux données relatives à l'effet de serre, l'accès à la BDClim (Banque de données Climatologiques) se fait par le logiciel de désarchivage COLCHIQUE. L'accès par site Internet n'est pas possible pour les données météorologiques. Pour l'accès aux informations sur les changements climatiques, on dispose des sites Internet suivants: http://www.effet-de-serre.gouv.fr (MIES, Mission Interministérielle de l'Effet de Serre) et http://www.meteo.fr (Météo-France). En ce qui concerne les informations relatives à la protection de la couche d'ozone, elles sont disponibles sur le site du Programme national des Nations-Unies pour l'environnement (PNUE). Toutes les informations sont ainsi diffusées aux niveaux national et international et sont disponibles sur internet. S'agissant de l'effet de serre, dans le cadre de l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), le Système Mondial de Télécommunications Météorologiques (SMT) véhicule les observations météorologiques de base entre les différents centres météorologiques (Services Météorologiques Nationaux). L'archivage des données climatologiques est effectué par des centres thématiques (précipitations, Hambourg), (rayonnement , St Pétersbourg), (typhons, Japon) et aussi d'une manière globale par le Centre de Prévision Climatique de la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration) des USA.




     
    Recherche et technologies :

      Le Gouvernement et la collectivité scientifique ont entrepris de nombreux travaux concernant les effets de la pollution atmosphérique et de la diminution de la couche d'ozone sur la santé.


      La France mène également une analyse complète et systématique (calculs, estimations et modélisations) des émissions relatives au transport et à l'environnement, ceci dans le cadre de l'Union Européenne (inventaire CORINAIR) et de la convention cadre sur les changements climatiques. Dans le cadre de l'observation et enregistrement des changements atmosphériques, pour ce qui est de Météo-France, il s'agit de mesurer les paramètres météorologiques primaires et mesurer ou estimer les caractéristiques du temps présent. Ces activités sont conduites comme pour tous les services météorologiques dans le cadre de la Veille Météorologique Mondiale de l'Organisation Météorologique Mondiale, qui standardise les modes opératoires, jusqu'à la diffusion des données. Les données sont archivées au niveau national (BDClim: Base de Données Climatologiques).

      La détection de tendances à long terme nécessite de mettre en place des procédures lourdes d'homogénéisation des données qui impliquent deux phases : la détection de ruptures d'homogénéité, puis la correction de ces biais.  Outre les données d'observation classiques, les données de télédétection sont également archivées: radars et satellites, qui commencent à se prêter à des études climatologiques.

      Enfin, il faut signaler l'utilisation croissante des «réanalyses», qui permettent de disposer de champs 3D de paramètres météorologiques restitués à partir des observations, assimilées à l'aide d'un schéma unique sur toute la période considérée. D'autres disciplines cherchent également à détecter les changements climatiques: évolution du niveau des océans, des rendements agricoles, de l'enneigement en montagne (voir le Centre d'Etude de la Neige de Météo-France), de la superficie des glaciers, des types de peuplements, du débit des fleuves et rivières, de l'eau du sol. Il ne faut pas oublier tous les paléoclimatologues, qui travaillent en général à des échelles de temps supérieures à celles des météorologistes. La préoccupation de diminution des émissions de gaz à effet de serre doit être présente à plusieurs niveaux: au niveau de la production de biens matériels, il importe de mettre en oeuvre des procédés sobres et propres qui minimisent les intrants de matière premières et les intrants énergétiques. Sont ici concernées les transformations énergétiques (raffineries, cogénération, etc.) pour lesquelles on recherche une amélioration des rendements; les énergies à faible contenu en carbone ; les nouvelles motorisations; les procédés industriels de base économes (pour la production de ciment, papier, acier, aluminium, etc.) mettant à profit des recyclages au sein de la chaîne de production.

      Au niveau de l'usage des biens matériels, la réduction des émissions doit être recherchée par les améliorations technologiques et les progrès de gestion, d'organisation de régulation. Les technologies dont la France pourrait avoir besoin pour appliquer les mesures qui visent à protéger l'atmosphère sont la cogénération à bas niveau d'investissement produisant chaleur et électricité dans les chaufferies collectives et l'habitat individuel, les énergies renouvelableset les véhicules propres notamment.





    Financement :

      En ce qui concerne les pollutions locales et transfrontières, si la contribution de l'Etat à la surveillance de la qualité de l'air est relativement stable depuis l'adoption de la loi sur l'air en 1996, le financement apporté par les autres partenaires, Collectivités locales et industriels, augmente régulièrement comme l'indiquent les chiffres ci-après:

    Collectivités locales:
    1996: 22,874 millions de francs
    1998: 36,876 millions de franc
    2000 (prévision): 48 millions de francs

    Industriels:
    1996: 48,524 millions de francs
    1998: 70,490 millions de francs
    2000 (prévision): 74 millions de francs
    Dans le projet de loi de finances pour 2001, il est proposé d'affecter 375 millions de francs à la lutte contre la pollution atmosphérique et à la mise en œuvre de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie:

  • 14 millions de francs pour la réalisation d'études préalables à l'élaboration des plans prévus par la loi et la mise en oeuvre d'actions de communication, dont 1 millions de francs pour la réalisation des plans de déplacements urbains
  • 70 millions de francs d'aide au fonctionnement des associations de gestion des réseaux de surveillance de la qualité de l'air et de la banque de données sur la qualité de l'air
  • 56 millions de francs d'études et travaux divers, dans le domaine de la pollution de l'air
  • 159 millions de francs pour la prévention et le traitement de la pollution (par l'intermédiaire de l'ADEME)
  • 75,35 millions de francs pour la surveillance de la pollution atmosphérique (équipement par l'intermédiaire de l'ADEME);
  •   Dans un but d'accroître le volume du financement aux fins de la protection de l'atmosphère et de la lutte contre l'effet de serre, il existe un amortissement exceptionnel permettant aux entreprises d'amortir certains matériels sur un an dans le domaine des énergies renouvelables et de la maîtrise de l'énergie. Par ailleurs, il existe des crédits d'impôt pour faciliter l'achat de véhicules GPL/GNV et hybrides, ainsi que des déductions d'impôt sur le revenu pour les particuliers pour des travaux liés à la maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables.





    Coopération :

      La France participait à hauteur de 806 millions de francs au financement du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) pour la période 1994-97. La participation de la France au Fonds multilatéral du Protocole de Montréal s'est élevée sur la période 1994-96 à 10,5 millions de dollars US par an . La France utilise depuis 1994 la possibilité de mettre en oeuvre bilatéralement une part de cette contribution. Cette part bilatérale s'est élevée en 1996 à 1 million de dollars US environ.

      En ce qui concerne l'effet de serre, la France soutient les organismes de recherche français comme Météo-France, l'institut de recherche pour le développement (IRD), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), dont les travaux contribuent notamment à approfondir les connaissances scientifiques sur l'évolution des climats, de la désertification et des zones côtières. Les services chargés de la coopération ont pris, dans le secteur de l'énergie, les orientations stratégiques qui prennent en compte la nécessité de développement du secteur productif et des besoins essentiels des populations, tout en intégrant les préoccupations liées au développement durable, notamment à l'effet de serre.

      Au delà de l'accroissement de l'efficacité énergétique dans l'utilisation des énergies fossiles, il est apparu qu'il convenait aussi de s'intéresser d'avantage aux zones rurales et à l'énergie hors réseau. La France participera également à des actions de promotion des transferts de technologie, et en particulier au CTI (Climate Technology Initiative). La France participe au Fonds pour l'environnement mondial (FEM), qui consacre 37% de son budget (2,7 millions de dollars sur trois ans) au changement climatique. Parallèlement, la France a créé un fonds bilatéral pour l'environnement mondial (FFEM) doté de 440 millions de francs pour la période 1999-2002. 45% des ressources du FFEM servent à instruire, ou intervenir, dans une trentaine de projets «effet de serre», dont la majorité se situent sur le continent africain. Le secrétariat du Fonds français pour l'environnement mondial est également en charge du programme français de la phase pilote de l'application conjointe. En ce qui concerne les traités internationaux, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 1992 a été ratifiée le 25 mars 1994.

      Le protocole de Kyoto a été signé par la France. Par la mise en place le 19 janvier 2000 du programme national de lutte contre le changement climatique, la France se positionne comme l'un des premiers pays de l'Union à avoir mis en place un programme national après Kyoto et à avoir engagé le processus de ratification du Protocole. Le Parlement français a adopté le 10 juillet 2000 un projet de loi (Loi n° 2000-645) autorisant le Gouvernement français à ratifier -le moment venu- le Protocole de Kyoto.

      La France a ratifié le protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone de 1987. Il a été successivement amendé et modifié: en 1990 à Londres, en 1992 à Copenhague, en 1995 à Vienne, en 1997 à Montréal et en 1999 à Pékin. En ce qui concerne la prévention de la pollution aérienne transfrontalière, la France a signé les deux conventions d'Helsinki relatives à l'impact transfrontalier des accidents industriels, et à la protection des cours d'eau transfrontière et des lacs internationaux, qu'elle n'a pas encore ratifiées.

      La France a mis en place depuis de très nombreuses années une politique de prévention et de gestion des risques industriels qui s'applique à l'ensemble du territoire, et donc dans les zones pouvant induire des effets transfrontalières en matière de pollution atmosphérique. La France a ratifié la convention de Genève sur la pollution transfrontalière de longue distance (1979), le protocole de Sofia sur l'oxyde d'azote (1988), le protocole sur le dioxyde de carbone (1991) et le protocole d'Oslo sur le soufre (1994). Elle a signé les deux protocoles à Aarhus sur les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) et polluants organiques persistants (pesticides, dioxines, furanes, HAP, PCB, etc.). Un nouveau protocole dit «multi-polluants/multi-effets», visant notamment la réduction de l'ozone troposphérique a été adopté à Göteborg le 1er décembre 1999. La France a ratifié la convention de Vienne sur la notification rapide en cas d'accident nucléaire (1986).

    Information soumise par le Gouvernement de la France auprès de la Neuvième Session de la Commission du développement durable des Nations Unies. Dernière mise à jour: juin 2001

    United Nations Framework Convention on Climate Change
      





     Vidéos :

    De l'air propre en Europe ( 9'27)

    Qualité de l'air à Palerme ( 8'20)





     Dossiers :

    Dossiers Air Transnationale.org

    .





     Sites importants :

    Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, Genève - 13 novembre 1979

    Contribution au débat :

    Exemples de bonnes pratiques : Bonnes pratiques


    Dans le reste du Monde
    Interactive map of the world

    Statistiques

    Émissions dans l'air :


    Discussion :
    • Le Parlement Européen durcit les Directives GIC ET NEC Les installations existantes et plus particulièrement les installations comprises entre 100 et 300 MW ont fait l'objet de la verve de la Commission Environnement du Parlement Européen.

    • une bataille mondiale est engagée dans les transports : Selon un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé, la pollution de l'air tuerait chaque année 3 millions d'humains, soit 5 % de la mortalité mondiale. Les transports routiers sont désignés comme les principaux responsables de cette situation préoccupante. 

    Atmospheric Dynamics Group
    Atmospheric Research and Environment Programme (AREP)
    Atmospheric Sciences Web Sciences de l' Atmosphère
    Centre for Atmospheric Science (Cambridge University)
     

    Text content:  aric© 2000
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    Encyclopedia of the
    Atmospheric Environment

    Encyclopédie de l'Environnement Atmosphérique : Cette Encyclopédie constitue une source unique d'informations pour les usagers jeunes et moins jeunes, concernant toute une gamme de questions ayant trait à l'atmosphère, telles que celles touchant à la qualité de l'air, aux pluies acides, au réchauffement du globe et à l'appauvrissement de la couche d'ozone
    presentation
    Base de données :

    UNIDATA Données sur l'atmosphère provenant des Nations Unies !
    University Corporation for Atmospheric Research (UCAR)




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