Energie pour le
développement durable


 
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Intégration de l'environnement dans la 
politique énergétique de la Communauté
Européenne

Energie pour le développement durable européen

L'aménagement du territoire soutient la promotion des sources d'énergies renouvelables en tant que systèmes cohérents sur le territoire et respectueux de l'environnement, et la réalisation de réseaux de transport d'énergie au niveau paneuropéen. En particulier, l'organisation des réseaux de transport d'énergie (pétrole et gaz) depuis la région de la mer du Nord, de la mer Caspienne et de la Fédération de Russie devrait être promue.

Considérant l'intensité élevée de consommation énergétique de certaines économies nationales, la priorité doit être placée plutôt sur une utilisation plus efficace des ressources énergétiques et des équipements déjà disponibles. Dans cette perspective, l'efficacité énergétique des centrales thermiques conventionnelles devrait être améliorée et la pollution atmosphérique réduite. Cela est également favorable à la réduction du réchauffement global.

La sécurité des centrales nucléaires anciennes devrait être accrue. En outre, il existe sur le continent européen de nombreuses centrales nucléaires dont la durée de vie expirera au cours des décennies à venir et dont les sites devront être assainis. Cela entraînera de nouvelles tâches pour les politiques d'aménagement du territoire.




Prise de décisions: organismes de coordination

La politique énergétique française est conduite par le secrétariat d'état à l'industrie au sein du ministère de l'économie des finances et de l'industrie. Le ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement est associé à la définition de la politique de maîtrise de l'énergie. Il est en charge de la politique de l'air. La politique des transports est conduite par le ministère de l'équipement, du logement et des transports. Les décisions sont prises par les ministres dans le cadre des compétences qui leur sont déléguées, après consultation des autres ministres concernés, ou bien par le Premier ministre, chef du gouvernement, si un arbitrage est nécessaire. Pour le cas particulier de la lutte contre l'effet de serre, un organe spécifique a été créé auprès du Premier ministre afin notamment d'assurer, de coordonner et d'organiser la préparation et la réalisation du programme national de prévention de changement du climat (Mission Interministérielle de l'Effet de Serre). Les ministères chargés de l'industrie et de l'environnement possèdent des services extérieurs, les Direction régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) chargées de relayer au niveau régional les politiques nationales. Les compétences des collectivités territoriales s'exercent essentiellement dans le domaine de la distribution des énergies de réseau, et dans le soutien à la valorisation des potentiels de maîtrise de l'énergie, pour laquelle elles attribuent notamment des aides financières. S'agissant des énergies renouvelables et de l'utilisation rationnelle de l'énergie l'ADEME est responsable de la mise en oeuvre de la politique définie par les pouvoirs publics en matière de développement des technologies.


Prise de décisions: législation et réglementations

A l'issue du Débat national sur l'énergie, et en complément du Programme national de prévention du changement climatique, le gouvernement a décidé, le 29 mars 1995, de retenir un ensemble d'orientations (une quarantaine) dans certains domaines dont la maîtrise de l'énergie et les énergies renouvelables:

La loi du 25 juin 1999 d'orientation pour l'aménagement du territoire prévoit la définition de schémas de services collectifs qui traduisent les choix stratégiques de la politique d'aménagement et de développement durable du territoire pour les vingt prochaines années. Elle prévoit des schémas multimodaux de services collectifs de transport de voyageurs et de transport de marchandises, ainsi qu'un schéma de services collectifs de l'énergie. Ce dernier définit, dans le cadre de la politique nationale de l'énergie, les objectifs d'exploitation des ressources locales d'énergies renouvelables et d'utilisation rationnelle de l'énergie concourant à l'indépendance énergétique nationale, à la sécurité d'approvisionnement et à la lutte contre l'effet de serre. A cette fin, il évalue les besoins énergétiques prévisibles des régions, leur potentiel de production énergétique, leurs gisements d'économies d'énergie et les besoins en matière de transport d'énergie. La loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (1996) a rénové et mis en cohérence les socles législatifs relatifs à la lutte contre les pollutions atmosphériques et à l'utilisation de l'énergie. Elle impose la réalisation de «plans régionaux de la qualité de l'air», de «plans de protection de l'atmosphère» pour les grandes agglomérations et de «plans de déplacement urbains» préservant la qualité de l'air. Elle définit diverses mesures techniques propres à améliorer l'efficacité énergétique dans des secteurs tels que l'industrie, le transport, le résidentiel ou le tertiaire: réduction de la consommation des appareils électrodomestiques, amélioration du rendement des appareils de combustion, renforcement de l'isolation thermique des bâtiment.  Elle favorise également le développement des véhicules alternatifs. Au niveau européen, les directives sur le «marché intérieur de l'électricité» du 19 décembre 1996 (transposée en droit français par la loi de modernisation et de développement du service public de l'électricité du 10 février 2000) et sur le «marché intérieur du gaz» du 11 mai 1998 prévoient une ouverture progressive du marché national à la concurrence. La volonté politique du récent projet de directive européenne, en cours de finalisation, affiche qu'à l'horizon 2010, la production d'électricité d'origine renouvelable devrait atteindre 22% de la consommation brute d'électricité en Europe. Pour la France, le défi consiste à passer de 15% à environ 21%. Les principaux axes de développement concernent l'énergie éolienne, la biomasse et la petite hydraulique. Du côté de la demande énergétique, plusieurs points sont traités par la réglementation française (et européenne). Une réglementation s'applique aux standards de qualité des bâtiments. Cette réglementation est régulièrement révisée et renforcée. Des normes d'efficacité énergétique sont imposées (ou sont en cours d'examen) pour tout un éventail d'équipements industriels et d'appareils de consommations, tels que les chaudières, les moteurs électriques, les appareils électroménagers et les automobiles. Dans le but d'encourager des modes de consommation énergétique durables et protecteurs de l'environnement tout en se fondant sur l'efficacité du marché, dans le domaine fiscal, les particuliers ont des possibilité de déductions fiscales pour les investissements destinés à la maîtrise de l'énergie. De même pour les entreprises qui peuvent pratiquer un amortissement sur un an de tels matériels. Par ailleurs, des dispositions fiscales particulières favorisent ce type d'investissement dans les Départements et Territoire d'Outremer, pour lesquels l'approvisionnement énergétique est plus difficile et souvent plus générateur de nuisances. La stratégie d'étiquetage des appareils ménagers pour indiquer leur consommation repose sur l'orientation du choix du consommateur vers les appareils économes. Par ailleurs, le Gouvernement a créé dès après la crise pétrolière de 1973 une Agence en charge des économies d'énergie. Cette agence a ensuite fusionné notamment avec l'Agence de la Qualité de l'Air pour devenir aujourd'hui Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME). L'ADEME est en charge de la mise en œuvre de la politique française de maîtrise de l'énergie. Elle dispose à cette fin d'importants moyens humains et de subventions budgétaires du Gouvernement. L'ADEME propose tout un dispositif d'aides dont certaines reposent sur des mécanismes de marché:


Prise de décisions: stratégies, politiques et plans

La politique énergétique française a été lancée à la suite du premier choc pétrolier de 1973-1973.

(Attention :  Le choix du tout nucléaire pouvait s'expliquer à cette époque mais a été la cause principale du retard colossal de la France / ses partenaires européens en matière d'énergies renouvelables ) Elle a d'abord visé le renforcement de la sécurité à long terme des approvisionnements du pays et la réduction de sa facture d'importations énergétiques. Aujourd'hui, elle poursuit principalement les objectifs suivants:  La politique énergétique française, pour respecter un modèle durable, doit développer une politique intelligente de maîtrise de l'énergie, promouvoir les sources renouvelables d'énergie et continuer à améliorer la technologie nucléaire de sorte qu'elle devienne totalement conforme aux exigences du développement durable, spécialement en ce qui concerne la sûreté et les déchets. La France a par ailleurs adopté en février 2000 un programme national de lutte contre le changement climatique, dans lequel sont menées des analyses sectorielles. Il contient des mesures qui auront un impact fort sur l'utilisation de l'énergie. Enfin, la loi du 25 juin 1999 d'orientation pour l'aménagement du territoire intègre un schéma de services collectifs de l'énergie qui vise à associer les acteurs institutionnels locaux pour exploiter au mieux les gisements d'énergie renouvelable et maîtriser l'énergie et améliorer les services rendus aux usagers (la prévention des risques, continuité et qualité de la fourniture,). Les objectifs de long terme découlent des éléments de stratégie exposés ci-dessus. A plus court terme, pour chacun des sujets qui suivent, on peut citer :
 



Prise de décisions: participation des groupes principaux

Lors des débats nationaux dans ce domaine, l'ensemble des acteurs publics et privés sont toujours formellement associés à la réflexion (Ministères/Départements, Parlement, établissements universitaires, industries, groupes de défense des consommateurs, ONG, médias, collectivités locales... Mouais .. sauf Greenpeace et un certain nombre d'inconditionnels considérés comme "irresponsables" parceque proposant depuis 30 ans des solutions alternatives en dehors de celles soutenues par les lobbies de tout poil ! ). Par ailleurs, plusieurs institutions suivent régulièrement les problèmes de consommation et/ou de production, parmi lesquelles on peut citer notamment: l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE), le Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de Vie (CREDOC), l'Institut National de la Consommation (INC), l'Institut Français de l'Environnement (IFEN), l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME). Au niveau national, le processus de décision sur l'énergie impliquent le Gouvernement et le Parlement. Au niveau local, les décisions énergétiques significatives (construction d'une unité de production de taille importante, d'une ligne de transport,) impliquent les représentants de l'Etat et toutes les composantes de la société civile, via notamment des enquêtes d'utilité publique. Lors de débats nationaux sur l'énergie, l'ensemble des acteurs publics et privés sont associés à la réflexion (Ministères, parlement, Etablissements universitaires, industries, groupes de défense des consommateurs, organisations non gouvernementales, médias, collectivités locales). En particulier, le Commissariat Général au Plan organise régulièrement des exercices largement ouverts de prospective énergétique. Par ailleurs, plusieurs institutions suivent régulièrement les problèmes de consommation et/ou production, parmi lesquelles on peut citer notamment: l'Institut national de la consommation (INC), l'Institut français de l'environnement (IFEN), l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). S'agissant de la participation du secteur privé à la production et à la distribution de l'énergie, la distribution d'énergie est le privilège des communes qu'elles concèdent par contrats aux opérateurs en place (la plupart du temps EDF pour l'électricité et GDF pour le gaz). En France, seule la production d'électricité est significative en termes de ressources primaires. Elle a longtemps été le monopole d'Electricité de France (EDF), mais elle s'ouvre à la concurrence dans le cadre de la constitution du marché européen de l'électricité. Par ailleurs, la production et la distribution de chaleur s'exercent dans un cadre concurrentiel. Les ONG, les groupes de protection des consommateurs, les groupes de scientifiques et les autres personnes intéressées au premier chef peuvent influencer les modes de consommation par la publication et la communication de leurs travaux. A cet égard, les consultations évoquées ci-dessus leur servent de tribune.


Programmes et projets

En 1991, à l'initiative de quelques organismes dont l'ADEME, a été créé le réseau européen des agences nationales de maîtrise de l'énergie, le club EnR composé de 15 membres en 1997. Le sigle EnR commence avec la lettre E comme Européen, Énergie, Efficacité, Expérience, Échange, Expertise, Environnement, à la puissance n, et se termine par la lettre R comme Renouvelable. Chaque agence constitue dans son pays un outil précieux dans le dispositif décisionnel et opérationnel des programmes de maîtrise de l'énergie. L'objectif de ce réseau est d'organiser et de faciliter les échanges d'expérience, d'informations et d'expertise entre ses membres. Le club EnR a été chargé de l'accompagnement communautaires de programmes SAVE (efficacité énergétique) et ALTENER (promotion des énergies renouvelables) notamment en ce qui concerne la diffusion, à un public plus large que celui des contractants habituels, du contenu et des résultats de ces programmes. Dans le domaine de l'énergie, on peut citer les efforts déployés par EDF et GDF pour développer et diffuser les techniques liées au "charbon propre" et la génération d'électricité dans les centrales à lit fluidisé circulant, qui réduisent considérablement les émissions liées au charbon. Pour les énergies renouvelables, l'effort sur les technologies se double d'actions de soutien des filières : EOLE 2005 pour permettre l'installation d'un parc éolien de 500 Mw à l'horizon 2005. Un programme de baisse de la TVA sur le bois -énergie et plan bois- énergie pour le développement, dans les régions qui y sont propices, de réseaux de commercialisation de ce combustible est mis en place. Dans le but d'améliorer l'accessibilité des ménages urbains et ruraux à l'énergie, en France, la compagnie nationale d'électricité (EDF) fournit de l'électricité à tous les habitants, dans toutes les régions, sur leur demande, à un tarif national uniforme. La mise à disposition d'électricité pour tous sur une base égalitaire a été une avancée majeure dans la politique énergétique nationale. L'électrification rurale a été financée en prélevant une taxe sur la facture des ménages urbains. Dans le but d'offrir des solutions de remplacement aux sources d'énergie épuisables à l'intention des ménages urbains et ruraux pour assurer leur consommation, depuis 1995, le fonds chargé de l'électrification rurale peut proposer une alimentation électrique par des renouvelables (notamment solaire) quand cela est économiquement plus rationnel que le simple raccordement au réseau. En 1996, un plan de diffusion massive des chauffe-eau solaires dans lesdépartements d'Outre-mer a été lancé. Il a dépassé son objectif d'installation de plus de 20 000 chauffe-eau solaires avant la fin 2000. Il a été prolongé en métropole par le programme Hélios 2006 qui vise à installer 50 000 chauffe-eau solaires individuels d'ici à 2006. Le Programme « Bois-énergie » prévoit d'améliorer qualitativement, pour les particuliers, l'offre de bois de chauffage et le rendement énergétique des installations actuelles (voir réponse à la question 28). En outre ces ménages bénéficient désormais d'importantes incitations fiscales pour doter leur logement de sources d'énergie renouvelable. Dans le but de fournir de l'énergie aux ménages à faible revenu des mesures ont été engagées. Au niveau local, certaines agences de l'énergie ont mis en place des programmes d'éducation ou d'assistance aux ménages les plus défavorisés pour les aider à réduire leur consommation d'énergie. Par ailleurs, une Campagne nationale d'information sur la maîtrise de l'énergie va être lancée. Par ailleurs, la loi française pour le développement et la modernisation du service public de l'électricité du 10 février 2000, prévoit un accès minimum à tarif réduit pour les segments les plus pauvres de la population. Dans le but de réduire l'émission des gaz contribuant à l'effet de serre ainsi que leur concentration dans l'atmosphère, la France a adopté un programme national de lutte contre le changement climatique en 2000 (pour plus de détails voir la partie sur l'atmosphère) qui prévoit pour le secteur de la production d'énergie:

Dans le but de réduire les émissions résultant de l'utilisation de combustibles pétrolifères dans les transports, la loi d'orientation d'aménagement durable du territoire (LOADDT) du 25 juin 1999 prévoit la création de schémas de services collectifs de transport. Dans les zones urbaines, ils doivent encourager les modes de transport alternatifs à l'automobile, les transports en commun, l'interconnexion des réseaux. Pour les transports interurbains, priorité est donnée au fret ferroviaire et aux modes alternatifs à la route. Les schémas doivent accorder la priorité au transport ferroviaire pour le transit alpin et pyrénéen. La loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie rénove et rend obligatoire les Plans de déplacement Urbain (PDU) initiés par la loi d'orientation des transports intérieurs (LOTI) de 1982 dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants. Ils ont comme objectif «un usage coordonné de tous les modes de déplacements, notamment par une affectation appropriée de la voirie, ainsi que la promotion des modes les moins polluants et les moins consommateurs d'énergie» (diminution du trafic automobile et développement des transports collectifs, de la marche et de la bicyclette). Par ailleurs, le Gouvernement soutient par des incitations financières dispensées par l'ADEME le développement des véhicules propres: aide à l'achat de taxis fonctionnant au GPL, aide à l'achat de véhicules et cyclomoteurs électriques, aide à l'achat de bus au gaz. Afin d'encourager les économies d'énergie, la France a adopté en décembre 2000 un programme de maîtrise de l'énergie et de développement des énergies renouvelables dont les grandes lignes sont les suivantes:
 

Etat de la situation

Production d'énergie primaire
 

En Millions tonnes équivalent pétrole> 1973 1980 1990 1996 1997 1998 1999p Réserves
Charbon
17,3 13,1 7,7 5,0 4,2 3,5 3,3 111 Mt
Pétrole
2,2 2,4 3,5 2,7 2,3 2,1 1,9 17,7 Mt
Gaz naturel
6,3 6,3 2,5 2,4 2,1 1,8 1,6 17,2 Gm3
Electricité primaire
>
nucléaire 3,3 13,6 69,6 88,2 87,8 86 87,5 U : 16 kt
hydraulique 10,7 15,7 13 15,7 15,1 14,8 17,2 >
Autres énergies renouvelables>
9 10,2 11,4 12,5 11,6 11,8 11,8 >
Total production
48,8 61,3 107,7 126,5 123,1 120,0 123,3 >
Taux d'indépendance énergétique
25,30% 29,90% 49,50% 51,70% 51,10% 48,40% 49,30% >

Source: Observatoire de l'énergie, données 1999 provisoires («p»)

Approvisionnement énergétique

en Mtep 1999p 1997 1998
Charbon Pétrole Gaz Electricité hydraulique Electricité nucléaire Energies renouvelables Total
Production primaire (P)
3,3 1,9 1,6 17,21 87,53 11,8 123,34 123,1 120,1
Importations
11,66 111,5 35,29 1,11
156,56 153,49 160,0
Exportations
-0,37 -16,29 -0,65 -15,25
-32,56 -35,47 -34,23
Stocks*
-0,16 1,89 -2
-0,27 -0,44 2,45
Total disponibilité (D)
14,4 99,03 34,23 90,6 11,8 250,0 240,69 248,34
Indépendance énergétique (P/D)
22,70% 1,90% 4,60% 115,60% 49,30% 51,10% 48,40%

Source : Observatoire de l'énergie, * (+=déstockage, -=stockage), données 1999 provisoires (« p »)

La France importe la quasi-totalité de ses consommations d'énergie fossile. La production d'énergie renouvelable est considérée comme stable. La France est exportatrice d'électricité. La production d'électricité primaire (nucléaire, hydraulique, éolien) brute est de 472 Terawatts heure dont 16% pour l'hydraulique-éolien et 84% pour le nucléaire. L'électricité primaire représente ainsi 85% de la production d'énergie primaire et la seule électricité nucléaire 71%. L'accès des ménages, des ménages ruraux, des complexes industriels et des transports à l'électricité ne pose pas de problème majeur en France. A titre informatif, les consommations se décomposent de la façon suivante entre les principaux secteurs:

Consommation d'énergie finale par secteur
 

En millions tonnes équivalent pétrole 1973 1980 1990 1996 1997 1998 1999p
58,3 57,2 53,7 55,1 57,1 57,6 58,5
dont sidérurgie 14,1 12,4 8,4 7,2 7,7 8,0 7,6
Résidentiel tertiaire
65,5 71,2 840,4 92,7 94,3 96,1 98,2
3,1 3,4 3,4 3,5 3,5 3,5 3,5
32,4 36,9 45,4 49,2 50,3 52,2 54,1
Total énergétique
159,4 168,6 186,8 200,5 205,2 209,3 214,3
Non énergétique
10,9 11,8 12,4 15,8 17,1 17,0 17,0
Total 170,3 180,4 199,3 216,2 222,2 226,3 231,3

Source: Observatoire de l'énergie, Données corrigées du climat, données 1999 provisoires («p»)

En 1999, la consommation énergétique du résidentiel-tertiaire et des transports a poursuivi sa dérive, avec des progressions respectives de 2.3 % et 3.7 %. Dans le premier secteur, l'évolution s'explique par la forte reprise des activités (services aux entreprises et aux particuliers, Bâtiment et travaux publics) et le relâchement des comportements individuels, que devrait encore favoriser la baisse des prix attendue de la libéralisation des marchés électriques (loi du 10 février 2000) et du gaz (loi prévue avant 10 août 2000). Dans les transports, le mouvement résulte de la hausse des immatriculations de véhicules particuliers neufs, qui s'accompagne d'une reprise de la «diésélisation» du parc (44% des achats), ainsi que de la forte croissance du trafic poids lourds (+ 8.7 %). La tendance n'a nullement été freinée par la hausse des produits pétroliers (95% de la consommation énergétique des transports). Les tendances et les modifications en ce qui concerne les modes de consommation sont les suivantes s'agissant de:

Consommation d'énergie primaire
  

En millions tonnes équivalent pétrole
1973
1980
1990
1996
1997
1998
1999p
Charbon
27,8
31,1
19,2
15,6
13,7
16,3
14,4
Pétrole
126,6
110,9
91,3
95,2
97,4
99,5
100
Gaz
13,3
21,2
26,4
32
32,5
33,8
35,2
Electricité primaire*
13,3
29,7
73,9
88,3
89,8
88,6
91,7
Energies renouvelables
9,0
10,2
11,4
12,3
12,3
12,1
12,3
Total
190,0
203,1
222,2
243,4
245,7
250,3
253,6

Source: Observatoire de l'énergie
Données corrigées du climat, données 1999 provisoires («p»)
* Nucléaire + hydraulique -solde des échanges

Depuis 1973, la déformation des «parts de marché» des énergies dans la consommation primaire totale a été marquée: division par 2.6 de celle du charbon, par 1.7 de celle du pétrole (qui reste néanmoins la plus importante avec près de 40%), doublement pour le gaz et quintuplement pour l'électricité primaire. La consommation de charbon chute (-11% entre 1998 et 1999) après une très forte hausse en 1998 (+19%), alors liée à l'indisponibilité de certaines centrales nucléaires et une faible hydraulicité. En 1999, l'appel aux centrales au charbon demeure à un niveau élevé en raison du rétablissement partiel du nucléaire. La consommation de pétrole stagne (+0.5% entre 1998 et 1999) malgré un bond dans les transports, la consommation de gaz est toujours en forte croissance (+4.3%). La consommation en énergies renouvelables reste constante, enfin la consommation d'électricité primaire connaît un rebond (+3.4% sur 1998-1999).

Production d'énergie par source d'énergie renouvelable

1998 1999p
Production d'énergie
électrique thermique électrique thermique
en GWh en ktep en GWh en ktep
Hydraulique 67 473 78 311
Eolien 49 51
Solaire 7 17 7 18
Géothermie 23 117 23 117
Déchets urbains solides 1 140 607 1 140 607
Bois et déchets de bois 1 500 9 249 1 485 9 213
Résidus de récolte 245 160 245 160
Biogaz 145 118 145 118
Biocarburants 261 278
Total 70 583 10 529 81 408 10 511
Total en ktep* 26 198 28 583

Source: Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie
Données métropole et Départements d'Outre mer, données 1999 provisoires («p»)
* 1 gigawatt heure (GWh)=0,222 kilotonnes équivalent pétrole (ktep)

L'essentiel de l'énergie renouvelable française est assurée par l'hydraulique. Par ailleurs, la France possède l'une des premières forêts d'Europe, d'où la relative importance de la production thermique en bois et déchets de bois. Jusque récemment, le secteur de l'énergie était dominée en France par de grands opérateurs publics nationaux (Electricité de France, Gaz de France, entreprises pétrolières, etc.). Cette particularité évolue rapidement, compte tenu de la privatisation du secteur pétrolier français et de la création du marché intérieur de l'électricité et du gaz au niveau de l'Union Européenne. La directive sur le «marché intérieur de l'électricité», adoptée le 19 décembre 1996 (transposée en droit français par la loi de modernisation et de développement du service public de l'électricité du 10 février 2000), prévoit une ouverture progressive du marché national à la concurrence dans chacun des Etats membres. La directive du 11 mai 1998 sur le «marché intérieur du gaz» prévoit pour sa part l'ouverture d'au moins 20% du marché national à la concurrence dans chacun des Etats membres en 2000 (ce seuil passera à 28% en 2003 et à 33% en 2008). La mise en œuvre de ces deux textes aura sans doute pour conséquence une augmentation du nombre de producteurs d'électricité et de gaz. Selon certaines analyses, cela pourrait entraîner une baisse des coûts, qui pourrait avoir comme conséquence de dissuader les consommateurs d'économiser l'énergie.


Enjeux principaux

Actuellement, les énergies renouvelables, hors grande hydraulique, occupent une place limitée dans le paysage énergétique français. De nombreux facteurs expliquent cette situation:


Concernant le développement et l'exploitation de techniques assurant une énergie fossile plus propre, l'importance des surcoûts pour le mise en oeuvre de ces techniques est l'un des obstacles dans un marché où les entreprises
doivent rester compétitives face à des pays où les entreprises ne subiraient pas les même contraintes.


Renforcement des capacités, éducation, formation et sensibilisation

La France a adopté en décembre 2000 un programme de maîtrise de l'énergie et de développement des énergies renouvelables. Il prévoit notamment la mise en place d'un réseau de proximité d'information sur l'efficacité énergétique (" Points Info Energie ", PIE.) dans le domaine de l'utilisation rationnelle de l'énergie et du recours aux énergies renouvelables, à destination des particuliers et des petites entreprises et des collectivités locales ainsi qu'une campagne nationale d'information sur la maîtrise de l'énergie. L'Ademe et EDF ont signé un accord en 1993, renouvelé en 1996, puis en 1999 pour trois ans (2000-2002), afin de coordonner leurs efforts pour promouvoir la maîtrise de la demande d'électricité. Cette approche consiste à proposer de meilleurs services aux utilisateurs et à leur fournir des conseils afin d'encourager technologies, procédés et modes d'utilisation visant à mieux maîtriser les consommations domestiques, professionnelles et industrielles. Parallèlement, des dispositifs d'aide à la décision ont été mis en place afin d'aider les entreprises industrielles à réduire les surconsommations. La Communauté européenne a lancé «l'étiquette énergie», pour informer le public sur la consommation d'énergie des appareils électriques. Depuis 1992, une étiquette indiquant, pour un type d'appareil donné, sa classification sur une échelle d'efficacité énergétique allant de A à G est obligatoirement apposée sur les appareils sur les lieux de vente. Régulièrement, les directives européennes sont transposées en droit français et l'étiquette énergie est alors étendue à de nouveaux produits. La directive 96/57/CEE interdit depuis 1996 la vente de réfrigérateurs et congélateurs de faible efficacité énergétique (catégories F et G). Le 14 avril 2000 a été lancée la campagne « plan soleil » de promotion du chauffe-eau solaire individuel auprès du grand public. Elle est déclinée sous forme d'une brochure de 12 pages jointes aux suppléments télévision de la presse quotidienne régionale, d'un spot télévisé et d'un numéro vert. Cette campagne s'inscrit dans le cadre du programme Hélios 2006 dont l'objectif est de favoriser le développement de l'énergie solaire thermique. Dans le but de renforcer les capacités des personnels, des supérieurs hiérarchiques et des chercheurs, dans le contexte des services liés à l'énergie, différentes opérations de communication sur l'utilisation rationnelle de l'énergie ont été lancées par l'Ademe en 1999 à destination des professionnels: conférences d'information sur les nouvelles procédures et les nouvelles aides, séminaires techniques, édition de guides techniques.


Information

L'ADEME et la direction de l'efficacité énergétique du ministère des ressources naturelles du Québec ont développé conjointement un site Internet sur l'efficacité énergétique dans les municipalités dans le cadre de la coopération franco-québécoise. Ce site présente des informations relatives aux expériences dans le domaine de l'efficacité énergétique des villes participantes à ce programme, dans le but de favoriser le transfert des connaissances et des pratiques respectives de part et d'autre de l'Atlantique. Le point de départ de cette coopération se situe en juin 1993 avec la tenue d'un colloque à Montréal sur l'efficacité énergétique et l'environnement urbain. Au cours des années suivantes, les échanges entre municipalités se sont multipliés et ont permis d'aborder l'ensemble des thèmes liés à l'efficacité énergétique et l'environnement urbain (bâtiment, transport, éclairage public, information...). Par décret de juin 1982, la France s'est dotée d'un Observatoire de l'Energie qui élabore les bilans de l'énergie et des batteries d'indicateurs d'efficacité énergétique au niveau national et régional. Le ministère de l'industrie, l'Ademe et les producteurs d'énergie travaillent avec le CEREN, bureau d'étude, pour alimenter une base de données commune (production et consommation d'énergie), servant de base pour définir les orientations politiques de l'Etat. A partir de ces données, des indicateurs d'efficacité énergétique ont été élaborés, repris par la DGTREN et appliqués à l'ensemble des Etats membres. L'observatoire de l'énergie produit aussi des statistiques sur les productions et consommations. Les statistiques de l'observatoire de l'énergie sont publiées et également disponibles sur internet : www.industrie.gouv.fr

Les informations relatives aux questions énergétiques qui concernent l'atmosphère et les transports sont disponibles auprès du ministère de l'industrie (www.industrie.gouv.fr) et du ministère des transports (www.equipement.gouv.fr).



Recherche et technologies

Des progrès ont été réalisées depuis la CNUED en ce qui concerne la mise au point et l'utilisation de choix technologiques alternatifs ou renouvelable. On doit signaler tout d'abord que, s'agissant des sources d'énergie renouvelables pour la production d'électricité, la récente loi électrique française prévoit qu'une part pourra leur être réservée dans la programmation des investissements et qu'elles vont pouvoir bénéficier de tarifs incitatifs pour l'achat de l'électricité produite.


Financement

Concernant les principales sources de financement destiné aux programmes et aux projets portant sur l'énergie, les crédits de l'Etat portant directement sur l'énergie (RDD, développement, incitations, programmes…) représentent environ 10 milliards de francs par an.



Coopération

Dans le but de promouvoir le transfert, au niveau international, des technologies relatives à l'énergie, une coopération bilatérale ainsi que multilatérale est en place.

La coopération dans le secteur énergétique va bénéficier des coopérations mises en oeuvre au titre des accords de Kyoto. A cet effet, un atelier sur les «best policy practices» pour la modération du changement climatique s'est tenu à Copenhague en avril 2000. L'Agence internationale de l'énergie pourrait aussi jouer un rôle de soutien à des initiatives conjointes en vue d'accords internationaux sur la réduction de consommation énergétique des appareils électroménagers et électroniques. La France a soutenu la création de programmes spécifiques à l'énergie dans le contexte de la négociation Lomé 2000. En vue de l'application du Protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la France a établit un programme national de lutte contre le changement climatique. Dans le cadre du Protocole de Montréal, la France applique la législation européenne (règlement (CE) n° 2037/2000) qui est plus stricte (pour plus de détails, voir la partie 5 sur l'atmosphère). Par ailleurs, la France participe notamment au Fonds pour l'environnement mondial (GEF) et aux Agences d'exécution (Banque mondiale, Programme des Nations-Unies pour le développement et Programme des Nations-Unies pour l'environnement).


Information soumise par le Gouvernement de la France auprès de la Neuvième Session de la Commission du développement durable des Nations Unies. Dernière mise à jour: juin 2001
  


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