Malgré les diverses conventions internationales ou directives européennes les massacres continuent, et pas seulement dans le domaine de la chasse. Les crimes contre l'environnement, le
principe " Pollueur - Payeur ", le Principe de précaution, sont encore loin de concerner ceux qui essaient de trouver un équilibre entre économie et morale... Dans le Médoc ou en Ardèche, les chasseurs alaient grimper chaque année sur des miradors pour abattre les oiseaux devant les caméras des journalistes. Cette violation ouverte de la loi n'était pas sanctionnée; la présence des forces de l'ordre ne servant qu'à éviter les affrontements entre chasseurs et écologistes mécontents !
Beaucoup de règlementations environnementales ont été abolies ou sont restées lettre morte, et d'autres n'ont jamais vu le jour pour que les entreprises nationales restent ( ou aient l'impression de rester ) compétitives dans l'arène économique mondiale et que les sociétés étrangères soient incitées à investir .
C'est dans les pays en voie de développement que la tendance à dérèglementer est la plus forte : Qu'ils y soient poussés par les plans d'ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale ou qu'ils le fassent à l'initiative de leur gouvernenment, le but demeure le même : être assez compétitif pour arrêter et retenir les investisseurs étrangers .Cela a, par exemple, obligé des pays comme l'Inde à assouplir ou abroger leurs lois sur l'environnement : les interdictions d'implanter des industries dans les zones écologiquement sensibles ont été levées et les zones protégées privées de leur statut afin d'accueillir des cimenteries, des mines de bauxite, des élevages de crevettes et des hôtels de luxe !
Un nombre croissant de pays en voie de développement vont encore plus loin dans le sacrifice de leur environnement sur l'autel de la concurrence internationale : Ils créent des centaines de " zones franches ", généralement près des principaux centres de communications, où l'application laxiste des législations environnementales fait partie du train de mesures visant à créer des conditions " idéales " pour les investisseurs étrangers .Des régions entières sont ainsi ravagées : l'une de ces zones, de triste notoriété, se trouve au Mexique, à la frontière avec les Etats Unis . Plus de 3 400 usines, les "maquilas" y sont implantées .En Chine également : des zones de type " maquiladora " se sont multipliées dans les régions du Guandong et du Fujian où les bas salaires et la complaisance des autorités en matière d'application des réglementations environnementales attirent des milliards de dollars d'investissement !
Dans les pays dits développés et même au sein de celui d'entre eux qui voudrait en être le leader, les USA, la situation n'est pas forcément plus glorieuse : l'administration Reagan a créé une Force d'Intervention chargée de la dérèglementation, dirigée par George Bush [ Le père ! ], alors vice président, qui s'est employée à assouplir, réduire, ou empêcher les protections de l'environnement et de la sécurité des consommateurs et des travailleurs. En 1989, pendant la présidence de George Bush, le Conseil de la Compétitivité du vice président Quayle s'est attelé à la même besogne...
Une législation environnementale forte se heurte toujours à des lobbies puissants à moins qu'un jour prochain l'opinion ne se décide à voter aussi avec son porte monnaie en boycottant des entreprises pollueuses et en achetant éthique !
Si des mesures de protection de l'environnement ont échappé à l'offensive de dérèglementation concurrentielle, beaucoup risquent maintenant d'être abolies par l'OMC ( Organisation Mondiale du Commerce ) et par les règles sévères qu'elle est chargée d'appliquer. Leur principal objet est d'abattre les barrières commerciales et, de nombreuses lois ou accords internationaux ou nationaux pour la protection de l'environnement constituant des entraves au commerce, l'OMC a le pouvoir de les fouler aux pieds [ aucune mesure environnementale n'est autorisée si elle est " appliquée de façon à constituer soit un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiée entre les pays où les mêmes conditions existent, soit une restriction au commerce international " article XX du GATT... ainsi, comme l'explique Steven Shrybmann, directeur de la West Coast Environmental Law Foundation, la CITES, le protocole de Montréal ou la convention de Bâle enfreignent les règles du GATT puisque ces accords cherchent à interdire ou à réduire le commerce des espèces en voie de disparition, des produits destructeurs de la couche d'ozone et des déchets dangereux]
Pour sortir du XXe siècle,
l'Ethique sera "le juste moyen de penser les situations,
de diagnostiquer le vrai du faux ". Edgar Morin..
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