Aux Pays-Bas, une étude réalisée au cours de la restauration d'une réserve naturelle montre que les cycles de la nature se sont considérablement raccourcis. En 1991, après l'acquisition d'un champ, les courants souterrains qui s'y trouvaient à l'origine furent rétablis, et il s'ensuivit immédiatement une croissance naturelle exubérante de la végétation ,
L'écologiste André Jansen a déclaré : " Nous pensions que cela prendrait au moins 20 ans, mais regardez! " M. Eysing, le directeur de la réserve ajoute : " Le processus de croissance naturelle s'est considérablement accéléré. Dans les années cinquante, un plant de bruyère arrivait à maturité au bout de 25 ans. De nos jours, ce stade est atteint au bout de cinq à dix ans. " (Source: NRC Handelsblad, P.-B.).
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Les évolutions générales du patrimoine biologique de l'Union Européenne font, cependant, craindre pour sa viabilité.
Plusieurs espèces ou populations d'animaux à grandes exigences spatiales sont menacées d'extinction. La survie d'un certain nombre d'écosystèmes forestiers reliques est extrêmement précaire.
La continuité des massifs boisés n'est pas assurée dans les régions méridionales. La régression des milieux ouverts a été considérable et elle se poursuit encore, sous la double action de la modification de l'usage du sol et de l'eutrophisation.
Les milieux aquatiques de grande dimension, devenus rarissimes, sont très menacés. Leur sauvegarde implique une gestion territoriale l'échelle des bassins versants tout entiers.
Certains types de milieux (tourbières, roselières etc..) sont également menacés mais techniquement plus faciles à préserver du fait de leurs dimensions réduites
Il est clair qu'en l'absence d'un renforcement substantiel des mesures existantes et de leur mise en oeuvre, l'appauvrissement déjà considérable qu'a subi le patrimoine biologique de l'Union Européenne se poursuivra sur la plus grande partie du territoire. En effet, même là où les pressions se stabilisent, la régénération ne commencera pas avant des années.
Principalement dans les régions périphériques où la richesse biologique est encore préservée, la qualité légitime du développement économique risque de se faire à son détriment si la Communauté ne fait pas des efforts considérables pour s'assurer d'un développement viable. A court terme, ce n'est que dans quelques régions qui ne connaissent pas de problèmes d'environnement de grande ampleur et où des mesures préventives sont appliquées que la situation des espèces et habitats s'améliorera.
La grande variété des climats et des sols du territoire européen, ainsi que le fin découpage de son littoral, offrent les conditions d'une forte diversification biologique. Cette diversité est aujourd'hui nettement plus marquée dans la partie méridionale de la Communauté en raison d'une action moindre des glaciations qui, depuis l'ère tertiaire, ont à plusieurs reprises, recouvertes l'Europe jusqu'aux rives de la Méditerranée.
Mais les régions septentrionales recèlent, elles aussi, des écosystèmes originaux, notamment les milieux ouverts tels les landes ou les bocages. Presque tous ces milieux sont le produit des activités agropastorales qui au cours des siècles, ont lentement modelé et enrichi le paysage rural. Depuis quelques décennies, par contre, l'intensification de l'activité agricole et forestière, le développement des infrastructures et la croissance urbaine ont conduit à un appauvrissement général du patrimoine biologique, qui se poursuit encore dans la plupart des régions. La plus grande partie du territoire est le siège d'activités qui laissent peu de place à la vie sauvage, de sorte que plus de 95% des espèces animales et végétales sont confinées sur moins du quart du territoire.
Les données quantitatives sur l'état de la vie sauvage sont encore fragmentaires. Les quantités impressionnantes d'informations accumulées dans les annales, bulletins et autres publications sont disparates et ne suffisent pas pour apprécier l'état d'une espèce ou d'un type d'habitat, pour déterminer si la situation est satisfaisante, préoccupante ou critique, il est nécessaire de connaître le nombre et la répartition des individus ou des sites au sein de leur aire de distribution.
Une telle vue d'ensemble au plan européen, de même que les évolutions temporelles font encore largement défaut et il apparaît clairement nécessaire de renforcer et de systématiser les actions entreprises ces dernières années au plan européen et international pour combler cette lacune.
L'information actuellement disponible est toutefois déjà largement suffisante pour prendre conscience de la gravité de la situation du patrimoine biologique européen et mettre en place des mesures d'urgence supplémentaires.
Les espèces en France :
La France occupe le 1er rang européen pour la diversité des vertébrés et abrite 40 % de la flore européenne. De nombreuses espèces sont cependant menacées, en raison des pressions qu'exercent les activités humaines sur leurs habitats. Outre les catégories "en danger" et "vulnérables" présentées ici, on dénombre encore des espèces "rares", "à statut indéterminé" ou "à surveiller". On ne connaît pas exactement le nombre ni la vulnérabilité des très nombreuses espèces de champignons, mousses, lichens et algues.
Ont totalement disparu du territoire français 14 espèces de vertébrés, et 120 sont aujourd'hui menacées. Les nouvelles espèces introduites par l'homme pour la chasse, la pêche ou l'agrément esthétique, peuvent perturber l'équilibre du milieu (maladies nouvelles, concurrence des espèces )
La convention cadre sur la diversité biologique, entrée en vigueur en décembre 1993 reconnaît pour la première fois que la conservation de la diversité biologique est "une préoccupation commune à l'humanité" et qu'elle fait partie intégrante du processus de développement. Elle fixe trois objectifs: la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments et le partage équitable des avantages découlant de l'exploitation de ses ressources génétiques. Elle s'étend au domaine de la biotechnologie.
A noter en positif que l'augmentation du nombre et de la superficie des réserves naturelles et des acquisitions du Conservatoire du littoral constituent des interventions publiques en faveur de la protection de la nature et de la biodiversité. Malgré les fortes pressions qui s'exercent (consommation de 50 000 à 60 000 hectares/an ) sur les paysages et les milieux naturels, ( développement du tourisme et des loisirs), la politique de préservation de la nature a permis la réapparition d'espèces. Le développement de l'agriculture biologique, des techniques de lutte intégrée et des mesures agroenvironnementales favorisent une gestion plus intégrée des milieux naturels et participent de l'effort de conciliation du monde agricole avec les préoccupations de protection de la nature.
Conservation de la Nature :
La France dit vouloir poursuivre son effort, engagé depuis une dizaine d'années, en faveur du développement de la politique internationale de conservation de la nature et a joué un rôle d'entraînement dans plusieurs domaines ou "dossiers" importants. Elle a contribué en 1989 à l'adoption d'un protocole sur la protection de l'environnement dans l'Antarctique (interdiction de toute exploitation minière pendant 50 ans). Elle a largement participé à la mise en place du protocole relatif aux aires et à la vie sauvage spécialement protégées des Caraïbes (protocole adopté en 1990). La France a participé à la reconnaissance de la notion de paysages culturels par le comité du patrimoine mondial adoptée en 1992. Elle a également participé, dans le cadre de la Convention baleinière internationale, à l'adoption d'un moratoire interdisant la chasse baleinière pour toutes les espèces de baleines. De plus, elle a, dans ce cadre, été à l'origine de la création, en 1994, d'un sanctuaire baleinier dans l'hémisphère austral. Par ailleurs, elle oeuvre, à côté de ses partenaires africains, pour la sauvegarde des populations d'éléphants d'Afrique.
Voici bientôt 10 ans que le mot Biodiversité a été inventé,10 ans que l 'impérieuse nécessité d 'un inventaire global de la biodiversité est régulièrement soulignée par la Convention sur la Diversité Biologique, par les besoins suscités lors de la mise en oeuvre laborieuse de la directive européenne Faune Flore Habitats ou lors de la réalisation d 'études d 'impacts. Le projet de loi Démocratie de Proximité transfèrera aux Régions le pouvoir de décision de réalisation des inventaires du Patrimoine Naturel. Cette nouvelle responsabilité peut permettre d 'impliquer plus fortement la Région dans la conservation et la gestion durable du patrimoine naturel.Cela peut être aussi une possibilité de renforcer les moyens mais on peut s 'inquièter de ce texte qui ne précise aucune conduite à tenir lors du transfert de compétences telle que la nécessité de disposer d 'outils méthodologiques garants de la cohérence scientifique de l 'ensemble des inventaires régionaux :
Quand la biodiversité est assimilée à une marchandise (Le Monde Diplomatique, Juillet 1999)
Les gènes apparaissent bien comme l'" or vert " du XXIe siècle, un or vert que les firmes du complexe génético-industriel s'emploient à contrôler, comme l'ont toujours fait les multinationales, en même temps que les ressources ou les activités nécessaires à leur développement. Les bénéfices tirés du marché du génie génétique, que l'on estime compris dans une fourchette de 20 à 30 milliards de dollars, devraient atteindre 110 milliards en 2005.
A Johannesbourg,au Sommet Mondial du Développement Durable
Marie-Cécile Thirion
La biodiversité était déjà traité dans le cadre de la Convention sur la Biodiversité (CSB) et son inclusion dans le plan d'action devait permettre de mettre en cohérence les engagements avec le contexte plus global du développement durable. Ce fut donc un choc quand les négociateurs prirent des engagements en deçà des avancées faites lors de la dernière réunion de la CSB en avril 2002 à la Haye où il était déclaré que les Etats mettraient en place les instruments nécessaires pour arrêter et renverser la tendance de dégradation de la biodiversité en 2010. On se limite à Johannesburg à réduire la vitesse de dégradation d'ici 2010. Les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié la CSB, sont certainement à l'origine de ce mouvement. En revanche, la référence à un cadre international pour promouvoir et garantir le partage équitable et juste des bénéfices issus de l'utilisation des ressources génétiques est mentionnée.
Les succès concernant la biodiversité sont cotés 3/10 par les Amis de la Terre
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