- l'inondation des zones littorales peu ou mal protégées,
- le recul des glaciers et de la banquise,
- une modification de la circulation atmosphérique et du cycle de l'eau,
- une redistribution géographique des grands écosystèmes terrestres et des activités agricoles.
Positifs pour certains, désastreux pour d'autres, ces effets ne manqueraient pas de transformer le paysage géopolitique actuel.167 pays présents à la récente négociation climatique à Marrakech ont bouclé au terme d'une nuit de tractations acharnées quatre ans de travail, sauvant définitivement le
Protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre donné moribond il y a six mois après le départ des Américains. "L'entrée en vigueur du protocole de Kyoto est à présent irréversible", a estimé le ministre belge Olivier Deleuze, qui menait la délégation européenne.
Le protocole de Kyoto, qui prévoit une diminution de 5,2% des gaz à effet de serre des pays industrialisés à l'horizon 2008-2010 par rapport à 1990, est l'accord le plus ambitieux jamais conclu en matière d'environnement mais aucun grand pays ne l'a encore ratifié.
Il a été sauvé une première fois du désastre à Bonn en juillet 2001, après la défection des Américains quatre mois plus tôt à La Haye. Le texte formellement adopté à Marrakech traduit en termes juridiques l'accord politique de Bonn et ouvre la voie à la ratification indispensable au démarrage concret des réductions polluantes.
L'accord de Marrakech est le fruit d'un savant marchandage. Les Russes ont ainsi obtenu la totalité des "puits de carbone" qu'ils réclamaient, soit 33 millions de tonnes, un quasi doublement par rapport au forfait qu'ils avaient déjà obtenu à Bonn lors de la dernière conférence en juillet dernier. Les "puits" désignent le stockage du CO2 par les forêts et terres agricoles, à travers la photosynthèse. Ils sont très controversés, car leur contribution réelle à l'équilibre de l'atmosphère est encore incertaine sur le plan scientifique. L'adhésion de la Russie était indispensable après le départ en mars dernier des Américains, qui ont jugé le protocole injuste et dommageable pour leur économie.
Le Japon, coincé entre son amitié traditionnelle avec les Etats-Unis, et sa fidélité aux engagements pris en 1997 chez elle à Kyoto, a finalement donné son accord après de longues heures de discussions. Mais Tokyo est une nouvelle fois resté évasif sur sa ratification du protocole devant les délégués samedi.
L'Union européenne s'est engagée à ratifier le protocole de Kyoto avant le deuxième
Sommet de la Terre qui doit se tenir à Johannesburg en septembre 2002. Les règles du protocole imposent la ratification par 55 pays pesant 55% des émissions des pays industrialisés de 1990 pour entrer en vigueur. Le protocole est la première tentative au niveau planétaire de combattre les effets des émissions polluantes sur le climat.
Son effet sera très limité dans un premier temps, notamment du fait du départ des Etats-Unis, premier pollueur mondial avec le quart des émissions de CO2. Mais il servira de cadre pour les futures négociations sur le climat, ce qui explique que l'élaboration de ses règles ait pris presque quatre ans de difficiles négociations. Le
Réseau Action Climat rappelle toutefois que le Protocole de Kyoto, affaibli par l' accord de Bonn et encore une fois par les concessions faites au groupe des quatre (Australie, Canada, Japon, Russie) à Marrakech, n'est qu'un minuscule premier pas dans la lutte contre le changement climatique. Cet accord revient approximativement à stabiliser les émissions des pays industrialisés (hors Etats-Unis) au lieu de les réduire de 5 % comme initialement prévu par le protocole, alors qu'il faudrait les réduire de 60 à 80 % à terme. De plus, cet accord autorise le démarrage rapide de plantations destinées à stocker le carbone dans les pays en développement, au risque d'y avoir des effets néfastes sur les populations, en particulier autochtones, la biodiversité ou encore la qualité des sols. "
Le Mécanisme de Développement Propre (MDP) adopté à Kyoto risque de se transformer en une
Machine de Déploiement des Plantations " regrette Arturo Madera, du
RAC-France. Ce risque est d'autant plus important que les critères destinés à éviter ces effets pervers ne seront adoptés qu'en 2003, et que les règles de transparence et de consultation du public sont extrêmement faibles - encore plus que celles des institutions financières internationales. Aussi, le RAC appelle l'Union européenne, et en particulier la France, à ne pas utiliser le MDP pour des projets de plantation.... Les associations appellent à ratifier le Protocole mais seront attentives à sa mise en oeuvre, en particulier pour que les investissements menés au titre du MDP participent au développement durable des pays du Sud et n'aient pas d 'effet négatif sur les populations et l'environnement local.