Désengagés, individualistes, purement consommateurs, les jeunes ? Le tableau n'est pas si sombre. Le Forum Social Européen (FSE) comme les Rencontres Urbaines de la Villette ont mis en lumière des actions et des engagements d'une jeunesse dont le pouls bat parfois de façon épidermique… Recueil de paroles et passages à l'acte !
"Faites péter les parois, rentrez dans des organisations politiques, créez des associations ! C'est en soi un combat politique à mener", lance Razzye, membre du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), à une salle pleine. Nous sommes au cirque Fratellini, à Saint Denis, à l'occasion d'un séminaire organisé dans le cadre du Forum social européen (novembre 2003) et portant sur l'engagement des jeunes de quartiers populaires.
Comme bien d'autres menés dans le cadre du FSE, ce débat a mis en lumière des combats de jeunes (16-30 ans) engagés à leur façon, le regard ouvert sur eux-mêmes et sur leur environnement. L'assemblée, composée ce jour-là de jeunes et d'"anciens jeunes", a fait part de ses interrogations, désenchantements, envies de changement et modes de participation avec enthousiasme, sans langue de bois et sur un mode parfois comique. Ainsi, Mehdi explique l'impopularité des partis en ces termes : "Ils exploitent la bonne volonté de leurs nouvelles recrues en les envoyant coller des affiches… participation bien maigre pour celui qui veut prendre part à des décisions politiques !" C'est la raison pour laquelle il n'a rejoint la Souris verte (organisation des jeunes "Verts") que lorsque le Mouvement spontané y a adhéré en masse (1). De son côté, Rocio, venu de Madrid, défend malgré tout les partis de gauche, comme un rempart contre "le danger que représentent les partis de droite". Tandis qu'une jeune intervenante, qui ne "voit pas le sens de la politique" propose d'au moins participer à une activité associative. Bref, la jeunesse est bien vivante et motivée, et le fait savoir !
Extraits de l'Espace Jeunes de "Place Publique"
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Aujourd'hui, lorsque les jeunes s'engagent, c'est souvent suite à un événement qui les touche. Des évènements négatifs peuvent avoir un effet positif si on les prend dans le sens de la solidarité qui peut naître d'une catastrophe. Les jeunes veulent prendre des décisions sur des sujets qui en valent le coup.
Comment "surfer sur la vague" et amener les jeunes, brutalement réveillés par un événement particulier, à une participation et un engagement durables ? "L'action directe est une très bonne manière, bien meilleure que de longues conversations dans des salles étriquées ou des bars enfumés", affirme un militant anglais lors d'un autre séminaire figurant au programme du Forum Social Jeunes (3). Intitulé en forme d'interrogation et de promesse "Comment créer un autre monde ? Stratégies efficaces et mobilisations des jeunes", celui-ci aura eu l'action pour leitmotiv. "On en a assez des grands discours ! ", s'écrie un autre Anglais, plus jeune et plus énervé. De fait, pendant les trois heures du séminaire qui s'est déroulé dans une grande salle molletonnée du Cinéma Pathé d'Ivry-sur-Seine, la majorité des participants, qu'ils soient intervenants programmés ou juste présents dans le public, ont mis l'accent sur les différentes actions entreprises et à entreprendre. Manifestations, boycott, aide humanitaire, soutien scolaire, sensibilisation, débats auxquels tous peuvent participer (plutôt que des "cours magistraux")… sont autant de façons de canaliser l'énergie et la décupler.
Et si, au lieu d'être au mieux une fantaisie, au pire un poids mort dans la mouvance des Forums sociaux encore dominés par les débats d'idées, les jeunes étaient les catalyseurs d'une nouvelle forme d'engagement, et la garantie d'une véritable transformation, par leurs actions concrètes ?
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